Comme prévu, je me réveille à 2h30, juste le temps de boucler mon sac et manger un petit truc, que je me rends compte que Henry s’est réveillé pour moi, pour être sûr que j’ai bien mon taxi. Vraiment super ce contact. Une fois qu’il m’a mis dans le taxi qui m’attendait bien devant la porte et qu’il s’est assuré de l’adresse et du prix, je le quitte pour rejoindre l’agence qui est à 5 minutes. Il me dépose devant l’agence qui est bien évidement fermée et il n’y a personne. J’attends … il y a des taxis qui défilent devant moi à la recherche désespérée de clients mais à 3 heures du mat’, je me sens pas très rassuré. Des gendarmes tournent dans le quartier, ça rassure. J’attends 5, 10, 15 minutes, là je me pose pleins de questions : est-ce qu’ils ont bien prévenu que j’avais changé de lieu ? Qu’est-ce que je fais s’ils ne viennent pas ? Est-ce que j’essaye quand même de rejoindre Don Bosco ? Est-ce que j’ai un numéro de téléphone de l’agence ? … et après m’être bien torturé la tête, au bout de 20 minutes, je vois enfin un bus qui s’arrête devant moi, et demande « Senor Barry ! » C’est bien moi, je suis soulagé et rassuré, je monte dans le véhicule. Je suis le premier, je comprends et me rappelle du retard péruvien, même si je m’en serais bien passé pour cette fois.
On passe prendre les autres « touristes » qui ont prévu la même aventure, on sera quand même une douzaine dans le bus, en passant bien évidemment prendre mon amie française. Content de se retrouver, on s’installe et on se prépare à essayer de continuer notre nuit dans le bus. Les guides nous expliquent rapidement le trajet et nous donnent des coussins en U cale-tête. Et on est parti pour le canyon de Colca.
J’arrive à m’endormir et je me réveille quand il y a de la neige tout autour du bus. On franchit le col des 4000 mètres, il fait frais mais c’est beau. Le soleil est déjà haut. On découvre un paysage qu’on aura l’occasion d’explorer en profondeur. On arrive à Chivay. Les guides nous demandent les sous pour payer le billet d’entrée dans cette réserve protégée, billet non compris dans la réservation. Je sors mon papier de l’association comme quoi je travaille ici comme bénévole, les guides me disent qu’il faut voir au guichet. Une fois à la barrière de la réserve, les guides me disent de descendre avec eux pour voir avec mon papier, je le montre au guichet, pas de souci, je paye le prix d’un résident national : 20 soles au lieu des 70. Ça fait plaisir et ça valait le coup.
On continue et on arrive au centre de la ville, pour prendre le petit déjeuner chez l’habitant, un lieu bien préparé à recevoir les touristes, on n’est pas les premiers, on ne sera pas les derniers, mais le petit-déjeuner est typique. Les petits pains et fromage d’ici, mais en plus du thé à la cannelle, on a droit de découvrir, les feuilles de coca infusées. En soif de découverte, j’en mets dans mon thé. Le goût n’est pas particulier mais on dit que c’est pour l’estomac, l’altitude et l’énergie avant l’effort. Reste à voir. On repart. On explore des petits villages, on passe sur des routes qui sont souvent des pistes, on croise des femmes avec des habits typiquement péruvien qui marchent sur le bord de la route, on rencontre des hommes qui ramènent des chargements de cultures des champs sur les dos des mules, on voit des vaches, des moutons, et rapidement nos premiers lamas.
Le bus s’arrête comme prévu à la croix du condor, point de vue où l’on peut voir quand on a de la chance de majestueux condors, oiseau qui peut atteindre 3 mètres d’envergure et vivre plus de 70 ans, c’est l’un des oiseaux le plus grand au monde et il est dit éternel vu sa longévité. On sort pour rejoindre tous les autres touristes dans l’espoir de voir un condor planer au-dessus de nous. Le condor est très capricieux, il ne sort quand il y a du soleil et un courant d’air chaud pour y planer, puisqu’il ne bat que très peu des ailes. Bien évidement même après 20 minutes à scruter le ciel, on ne verra pas grand-chose si ce n’est déjà une magnifique vue. Les guides nous ont demandé de revenir assez vite, on repart.
Puis, on arrive enfin au lieu de départ du trekking : Canaconde. Tout le monde descend avec son sac, et on écoute à nouveau nos guides qui nous répartissent en groupe. Aurélie et moi restons ensemble, mais on partagera notre aventure avec un allemand qui parle bien anglais et même un peu français. On découvre notre guide, un jeune de 21 ans qui a l’air super. Les autres groupes partent en avant, nous on attend des bâtons de marche. Notre guide nous en négocie deux par personnes alors que normalement c’est un. Bien équipés et présentés, nous commençons.
Petite marche pour nous rapprocher du canyon et de la vue, et notre guide nous explique plusieurs points à savoir. On est à 3200 mètres, on s’en va à 2200 mètres et il y a 9 kilomètres pour aujourd’hui. En même temps qu’on parle, arrivent au dessus de nous des condors qu’on peut prendre en photo. Ils volent assez haut et on n’arrive pas à se rendre compte de leur envergure, mais vu comment il planent, on comprend déjà que ce n’est pas n’importe quel oiseau. Ils partiront, on finira de bien se préparer : une couche en moins vu le soleil, crème solaire, lunette de soleil qui me servent pour la premier fois depuis le début de mon voyage, et une gorgée d’eau et on est parti.
Le chemin du début est tranquille et laisse le temps de profiter de la vue du canyon qui est en contrebas. On marche par deux, un coup je discute en anglais avec l’allemand, pour échanger nos activités et nos projets. Une fois, c’est avec le guide en espagnol que je discute pour en apprendre sur son métier, les trekkings aux alentours d’Arequipa. Puis de temps en temps, je reparle en Français avec mon amie.
Mon amie marche plus lentement, et plus ça va, plus ses jambes lui font mal au point qu’elles tremblent quand elle s’arrête. Le manque d’eau ? D’oxygène ? Toujours est-il que ce n’est pas évident pour elle mais qu’elle est déterminée à le faire jusqu’au bout. Et vu qu’on a le temps, on le fait à son rythme, notre ami allemand Sandro, lui partira devant. Moi j’aime bien parce que j’ai vraiment le temps de profiter de la vue, de faire des photos, et de m’amuser à essayer des plans pour une vidéo. Et c’est vraiment magnifique, ce côté-là du canyon est très désertique mais la beauté et la sculpture de certains flancs de montagnes me fascine. Le chemin est parsemé de marches, de descentes en lacet, et de petits chemins qui longent la falaise. Ne pas regarder en bas pour ceux qui ont le vertige. On croise beaucoup de touristes, qui eux préfèrent dans la majorité des cas, le faire à vitesse rapide. On croise aussi des villageois et habitants de la région qui gravissent en sens inverse la montagne sur dos de mules. Toujours impressionnant de se demander comment les mules passent dans certains endroits ! On rencontre aussi des travailleurs qui aménagent le chemin. Sur leur temps de pause, ils s’installent face à la montagne et discutent posément. Plus tard, on les entendra continuer leur travail et on les verra balancer des grosses pierres en contrebas. Même mon guide trouve ça super dangereux. On marche, on respire, je fais pas mal de photos, et on descend. Le guide continue de nous faire partager ses connaissances, très intéressant, on apprend sur les anciennes civilisations, les plantes et les volcans.
Finalement, on arrive en bas, et on retrouve notre ami Sandro, il aura attendu 1 heure et demie, mais il aura eu le temps de faire une sieste. On traverse sur un pont suspendu, un lieu qui permet de faire des belles photos. On continue la dernière partie du voyage, on remonte un peu pour rejoindre le village et l’habitant qui nous nourrit et nous héberge. L’autre côté du canyon est beaucoup plus sauvage et plus vert. C’est amusant ce contraste, dans certains endroits, on se croirait en pleine jungle. De ce côté, on croise des familles installées qui vendent des bouteilles aux touristes, des sources qui chantent et des cochons, des ânes (ou mules) et une basse-cour.
L’endroit de repos est atteint. On se pose pour manger, on est quasiment les seuls touristes, on nous sert une soupe, une assiette de riz-frite et attention de … l’alpagua. Il n’y en a pas beaucoup dans l’assiette mais ce n’est pas une viande forte, ça se rapproche plus du bœuf que du mouton à mon goût. Après un bon repas récupérateur, notre guide nous montre nos bungalows (même si c’est censé être une nuit chez l’habitant !) c’est sympa, lit confortable, maison rustique mais correcte et on a des bougies pour s’éclairer.
Après avoir libérés nos pieds, on ne tarde pas à faire un sieste, puis, je fais une petite balade et un peu de vidéo, et enfin je prends une douche presque froide. La nuit tombe assez vite, on se retrouve avec Sandro et Aurélie pour jouer aux cartes. Je leur apprends le « président » connu aussi sous le nom du « trou du’c » Sandro aura une belle chance de débutant qui nous amusera beaucoup. Puis on terminera par un black jack. Entre temps, on nous servira le repas, soupe de nouille et « cordon bleu à la péruvienne » selon notre ami allemand. Le repas est bon. Et j’ai toujours la chance de pouvoir finir les assiettes d’Aurélie qui trouve qu’il y en a toujours trop. (Moi, qui trouvais qu’il n’y en avait justement pas assez, ça fait plaisir de rendre service !)
Puis, on ne tardera pas aller se coucher, bien crevant et on sait ce qui nous attend. A demain.









