Bilan personnel

Bilan de l’observation du système éducatif Chinois

 Voici le bilan de mes observations et mon analyse.

Il est préférable de le lire après « Chine – bilan de l’école » consultable en cliquant ici. Dans ce dernier, on n’y trouve notamment les informations sur le rythme, la correspondance des classes et plusieurs points importants.

Alors pour ce pays, ça m’est plus difficile de faire un bilan personnel du système puisque je n’ai pas eu la même méthode d’observation que les autres pays. En effet je suis arrivé pendant la mauvaise période (les vacances du nouvel an chinois), et je n’ai donc eu qu’un seul jour d’observation dans une classe. (Très dur de se faire vraiment une idée du système comme ça.) Ainsi mes recherches dans ce pays se sont basées surtout sur les rencontres avec des professeurs, des parents, une directrice, quelques étudiants, quelques élèves et une visite d’une école publique et privée. Et je ne peux que croire ce qui m’a été dit, et faire concorder les éléments donnés avec mes courtes observations et mes longues recherches internet. Mais je ne peux en dégager des grands points comme j’avais l’habitude. Voici juste un petit bilan des points positifs et négatifs perçus, bien sûr, il doit y avoir de très bonne chose dans beaucoup d’écoles, mais ça demanderait un vrai temps d’observation :

Ainsi si je devais donner les points positifs de ce système, je commencerais par les deux gros points qui sont quand même prédominant, le travail et l’investissement matériel :

-         Ainsi, d’abord et surtout, ils ont une attitude très positive des élèves vis à vis des études. Les enfants apprennent à travailler dur et à être réguliers dans l’effort. Comme me l’a dit une enfant que j’ai interviewée : « Ici, on a vraiment l’impression de travailler et d’apprendre des choses ! » Ainsi, la valeur du travail est très respectée et ce n’est pas la même notion qu’en France. Ça se ressent après dans leur société.

-          La Chine porte un gros investissement sur les écoles des grandes villes. Ainsi, on trouve de belles grandes écoles très bien équipées. Bien que les salles de classes soient grandes mais assez justes pour accueillir 50 élèves, elles sont toutes équipées d’ordinateurs et de vidéoprojecteurs, en plus il y a des salles d’ordinateurs (jusqu’à 50 postes), un gymnase, un grand vrai terrain de sport avec le matériel adéquat, une salle de musique avec piano, une salle d’art avec matériel, une salle de moral, un auditorium d’assemblée, une cantine, et toujours une grande partie administrative. Toujours très bien entretenues, les écoles des grandes villes ont du potentiel éducatif. Enfin, eux aussi ont des manuels relativement bien faits, mais je n’ai pu voir comment ils les utilisaient.

Après on trouve d’autres points qui ont aussi leur importance :

-         Ils ont un fort respect envers les enseignants que les élèves appellent en disant « Professeur + son nom ». Les élèves se lèvent et les saluent au début et à la fin de chaque cours. Ainsi la politesse est encore très conservée.

-         Bien qu’ils n’aient pas beaucoup de formation, la profession d’enseignant est hautement considérée par la population. J’ai aussi rencontré beaucoup de professeurs passionnés par leur travail qui fournissaient un vrai travail de recherches pour donner des cours intéressant aux élèves.

-         Il y a souvent une très bonne ambiance dans les classes et même avec les enseignants en dehors des cours. Les élèves ont l’air unis et proches malgré l’esprit de compétition.

-         Il y a une grande place et un investissement pour les arts et pour le sport (même si c’est très contrôlé et dirigé par l’enseignant, en plus des exercices physiques quotidiens.)

-          Malgré la politique de l’enfant unique qui fait que l’enfant se retrouve surveillé par ses deux parents et ses quatre grands-parents, il est très majoritairement éduqué et gardé par les grands-parents en primaire, les parents travaillant beaucoup. Ça a l’avantage de voir une éducation très familiale.

Même si le gouvernement a la lourde tâche d’éduquer et enseigner une masse d’élèves qui n’a rien à voir avec la France, et qu’il traverse une évolution de la société en 50 ans alors qu’en France, elle a nécessité plus de 200 ans,  le système chinois reste à mon goût trop porté sur le travail (avec les devoirs et une semaine de lycée qui comptabilise 80h de travail) et du fait de la pression de l’examen final, ce système en oublie totalement l’épanouissement de l’enfant à partir du collège. On trouve des élèves exténués. Certains dorment en classe.  Il reste un système dur où on en oublie la liberté et l’enfance des élèves. Il n’y quasiment pas de vie sociale en dehors de l’école, très peu de temps passé en famille – Peu de moments de partage et d’échanges. Et enfin l’aspect qui me dérange le plus, ils ont peu ou pas de temps pour le jeu, le plaisir, la rêverie… à tel point que les jeunes étudiants rattrapent ce retard une fois à l’université, et tu peux être surpris par leur mentalité qui pourrais être celle d’un collégien français, mais ils n’ont tellement pas eu l’occasion de s’amuser pendant leur propre collège qu’ils compensent après. Phénomène un peu surprenant qui montre bien que les jeunes ont quand même besoin à un moment ou un autre de s’amuser et de rêver.

Le travail excessif peu paraître dur et vraiment déroutant mais il est un moyen efficace de cultiver et éduquer une masse rapidement, ce qui est l’essentiel pour l’instant en Chine, pays d’une très rapide évolution où certains jeunes des campagnes ont vu le mobile arriver dans leur maison avant le téléphone fixe. L’objectif du gouvernement est de vraiment développer l’éducation en milieu rural, de généraliser la scolarité pendant les 9 ans obligatoires et l’accès à l’enseignement supérieur pour les couches populaires.

En ce qui concerne l’élitisme, là il faut quitter l’observation de la classe pour aller dans la bibliothèque regarder un livre d’histoire pour comprendre. En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de savants, ingénieurs et intellectuels quittèrent la République populaire de Chine pour Taïwan. La méfiance du Parti communiste chinois vis-à-vis des populations citadines éduquées et intellectuelles entraîna de nombreuses purges, dont la révolution culturelle fut l’une des plus importante. Lors de cette période, les écoles d’éducation supérieure ont été fermées et une génération entière de diplômés a été perdue, amenant un appauvrissement de la main-d’œuvre qualifiée par rapport aux avancées technologiques qu’a connu plus tard la Chine. Ainsi, avant d’avoir besoin d’une masse éduquée, le gouvernement percevait des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée afin de subvenir aux besoins de sa nombreuse population.

Le système universitaire le plus étrange que j’ai vu jusqu’à maintenant avait l’avantage de répondre à cette demande, il serait peut-être temps de l’adapter à la demande actuelle, mais on voit déjà certains changements qui apparaissent avec quelques professeurs, certaines façon de pensés qui changent …

Mais je suis vraiment satisfait d’avoir découvert leur système qui reste très intéressant pour comprendre ce peuple si différent, si nombreux et qui a et aura une si haute importance dans le monde.

Et comme l’a dit Confucius : « Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l’éducation. » Confucius, Livre des Sentences, XVI, 2 ; VIe S. av. J.-C.

Je rectifierai en disant plutôt « Nous sommes frères par la nature mais une diversité par l’éducation ». Et pour moi, la diversité  prend le même sens que celui donné par le scientifique Pierre Joliot « Le progrès nait de la diversité des cultures et de l’affirmation des personnalités.  » Apprenons à accepter cette diversité et à tirer le meilleur. La Chine peut faire peur mais possède finalement une belle réalité. Après une première impression difficile de ce pays, au final, j’y reviendrai.

 

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