Aujourd’hui, c’est déjà mon dernier jour de la semaine. J’ai demandé mon vendredi à la directrice pour me faire le trekking du Colca en trois jours au lieu de deux, pour mieux profiter. Arrivé à l’école, je vais dans la dernière classe que je n’ai toujours pas vue : les 6e grade. J’observe mais très vite, je deviens acteur. L’enseignante, pour expliquer ce que c’est une ordonnance et à quoi ça sert, me demande de faire le pharmacien. Elle a ramené des boîtes de médicaments pour l’occasion, des vielles ordonnances et des sous. Je joue à la « marchande » en espagnol avec les élèves qui doivent mettre en scène. Je ne suis pas très bavard, pourtant ce n’est pas mon envie théâtrale que me manque mais les mots. J’aime comment elle s’implique pour sa petite classe de huit élèves.
Puis elle enchaîne son cours avec comment écrire une recette. Là, je pense que c’est bien que je lui ai demandé la veille de travailler avec ses élèves sur une présentation vidéo d’une recette d’ici qu’on pourra faire les semaines suivantes. Mais très vite, je réalise que l’enseignante n’avait pas compris que c’était pour les semaines suivantes mais pour aujourd’hui. Et elle commence à sortir les ingrédients et je comprends qu’elle veut faire la recette maintenant, mais elle ne me dit rien. Les enfants écrivent la recette, viennent l’expliquer au tableau, je filme, ou je laisse les enfants filmer. Elle présente la recette de « ocopa arequipena », une salade de pomme de terre avec une sauce spéciale. Mais moi qui voulais présenter comment faire la recette en entier, elle me ramène la sauce déjà préparée. C’est sûr que c’est plus simple, mais du coup présenter une recette en ne montrant pas comment faire l’élément le plus important du plat perd beaucoup de son sens. Mais bon, je ne suis plus surpris de rien, je m’adapte. Je filme et les enfants aussi. Une fois la recette finie, on mange, c’est bon, je découvre encore du pays.
Je les abandonne, pour aller installer la dernière projection de découvertes des écoles du monde pour les dernières classes. Je vais dans la classe de 5e grade qui utilise le projecteur, mais malheureusement l’enseignante n’arrive pas à avoir un son assez fort pour que toute la classe entende les vidéos qu’elle tient à montrer pour son cours d’histoire, je l’aide et lui donne un de mes câbles. Elle me remercie beaucoup. Une fois qu’elle leur a montré, elle me laisse leur présenter mes vidéos comme convenu. Après leur avoir fait découvrir un peu de chaque pays, l’enseignante sera très intéressée pour en découvrir plus sur l’Inde, je leur montre encore quelques vidéos sur ce beau pays.
C’est l’heure de la récré, j’en profite pour faire un test internet et Skype, en vue des prochaines rencontres internationales dans quelques semaines.
Après la pause, j’enchaîne avec les 3e grade. Toujours très curieux, ils veulent en voir plus. Je leur montre aussi ce que j’attends d’eux pour présenter leur école. Ils ont l’air vraiment partants pour filmer un de leur jeu typique du Pérou.
Ma filleule de la police scolaire fête son anniversaire aujourd’hui, elle est très contente de m’apporter une part de son gâteau d’anniversaire. Je dois attendre les 6e grade qu’ils finissent leur cours de flûte. Je vais me faire une pause dans la salle de couture de mes amies bénévoles. On discute, je découvre comment elles se sont adaptées elles aussi aux conditions matérielles qui paraissent toujours correctes depuis la France.
Je retrouve mes 6e année. Je remarque que, ce que les jeunes préfèrent voir, ce sont les autres enfants du monde et surtout quand ils font coucou. C’était ma dernière classe, tous les élèves de cette école (qui n’auront pas beaucoup l’occasion de voyager) ont vu leurs camarades du monde. Déjà rien que ça, c’est déjà beaucoup dans mon projet. Je range mon matériel et je mange avec les enfants. Suzana la directrice vient me voir pour me donner le papier qui permet de dire que je suis résident au Pérou en tant que bénévole. Ce papier me permet de payer le prix national plutôt que le prix touriste qui est toujours plus cher. Comme quoi, ils sont vraiment tous super dans cette école. Je quitte l’école et je retrouve encore une fois de plus les filles de l’autre côté de la route, et puisqu’on s’en lasse jamais, on refait un tape-main à distance. Mon combi arrive, au passage, je fais les courses pour demain, un skype avant de m’absenter trois jours. Je boucle mes mails, mon CV, puis je prépare mon sac de randonnée. J’annonce à mon contact que je pars demain à trois heures du matin faire le trekking. Il me souhaite bon courage mais il s’inquiète pour l’heure et pour comment on vient me chercher. L’agence n’avait pas voulu venir jusqu’à chez lui donc j’avais donné un point de rendez-vous plus près à cinq minutes à pied :Don Bosco. Mais mon contact me le déconseille, très mauvais endroit à cette heure de la nuit, il appelle l’agence pour moi et convient avec eux un autre lieu. Je vais directement à l’agence mais avec un taxi, que mon contact appelle pour moi. Il y a des fois où il est vraiment bon d’avoir un bon contact. Et cerise sur le gâteau, après mon plat de pâtes que je me suis mangé pour les sucres lents pour la marche de demain, il m’apporte une part de dessert qu’ils ont fait. Je suis vraiment bien loti. Je n’arrive pas à me coucher plutôt que dix heures bien que je me lève à 2h30. J’espère n’avoir rien oublié pour tout à l’heure. A demain.









