Semaine de projections aux classes, j’arrive encore à l’école plutôt pour installer mon matériel. Alah me fera bien rire en me répondant « non » pour le vidéoprojecteur. On sympathise, on parle un peu français, vraiment un chouette type. Ne commençant à projeter qu’après le petit-déjeuner, j’observe les 5e année. Une prof assez étrange qui gronde en même temps qu’elle essaye d’être sympa. J’observe et j’évite de m’impliquer. Après le « desayuno », je présente mes vidéos aux 2e année. Toujours les mêmes réactions, et ça plaît aussi beaucoup aux dames de service qui aident beaucoup. Alors, je profite aussi de ces présentations pour leur expliquer ce que j’attends de chacune des classes. Les 2e grade seront très contents de devoir présenter leur récréation.
J’enchaîne en projetant à la classe de 4e Grade. Ils m’amusent beaucoup ! Quand je leur montre la vidéo des écoles qui me suivent et qui font coucou, mes petits amis péruviens font aussi coucou. Le pays qui les impressionne le plus est le Japon, et ils réagissent à chaque fois avec « ohhh ! » quand ils voient des jeux dans la cour. Eux aussi sont très contents de devoir faire la vidéo de présentation de leur école. Je range mon matos pour aujourd’hui, puis je retourne en 5e Grade.
La prof s’absente, je regarde ce que les enfants écrivent et font comme travail. Naturellement, ils s’intéressent à moi, et je leur explique un peu mon projet. Mais ça ne plaît pas à l’enseignante et quand elle revient, elle gronde ses élèves parce qu’ils n’ont pas avancé. Une autre bénévole m’avait prévenu qu’elle faisait ça, pourtant elle aime bien s’investir dans nos projets. Ça me met dans une situation un peu délicate, mais je ne suis plus surpris de rien et je m’adapte. Je continue mes observations en restant au fond sans bouger.
Après la récréation, la prof devra partir pour un rendez-vous médical, elle les met devant un reportage de sciences, ils doivent prendre des notes, et elle me les confie. Angélique, la volontaire qui est ici depuis deux ans, passe me dire bonjour. Je voulais la voir pour qu’elle m’aide à traduire les questions des enfants quand je ferai les relations-Skype. Très emballée par le projet, il n’y a pas de souci. On prend le temps de discuter ; les projets de chacun, le Pérou, l’école, c’est vraiment très intéressant de parler avec elle. En plus, elle aime beaucoup mon projet, parce que je suis l’un des rares à venir dans cette école avec déjà un projet à proposer et à mettre en place. Elle doit repartir.
Je continue de surveiller la classe mais ils ne sont plus très attentifs à la vidéo. Je leur demande leurs cahiers pour regarder ce qu’ils font et pour prendre des photos. Je suis toujours épaté par la première page du cahier qui est super bien décorée en rapport avec le thème. Ils reproduisent des schémas de cellules à la perfection déjà à leur âge et leurs livres sont pas mal et bien illustrés, ça vaut des photos. Bon j’avoue qu’à la fin, ils ne regardent plus du tout et je m’amuse avec eux dans la classe. Mais ils sont très sérieux, ils attendent le retentissement de la cloche pour sortir.
S’enchaîne mon rituel : repas avec les enfants, jeux dans la cour, puis quand je veux reprendre mon combi, je retrouve les filles de l’autre côté de la route et je refais avec elles un jeu de main à distance. C’est si drôle.
Aujourd’hui, je ne descends pas à mon arrêt traditionnel mais un peu plus loin, pour retrouver Aurélie, pour préparer le trekking qu’on veut se faire en fin de semaine. J’attends une demi-heure devant sa porte avant que quelqu’un m’entende, à deux doigts de partir. Puis, on en profite aussi pour organiser la semaine de visites qu’on veut se faire début juin, neuf jours en comptant les deux week-ends : Cusco, vallée des Incas, Machu-Pichu, Puno et le lac titi-caca. Et tout ça, ça ne s’improvise pas du jour au lendemain. Et c’est plus sympa de le faire à deux. Ainsi une fois qu’on a un peu organisé notre semaine, on va réserver nos places pour le trekking du Colca dans une agence. Chacun rentre chez soi, je passe faire des courses, je mange une pizza sur la route. J’achète des petits pains péruviens à ma boulangère du coin de la rue. Puis, je rentre pour écrire des articles (du Québec) et continuer la prépa de notre séjour de visite. Je finis deux-trois trucs et je vais me coucher. A demain.









