On se réveille dans nos bungalows. Ce matin, il pleut. On espère que ça va se dégager. On va prendre notre petit déjeuner. Sandro est là, chacun a récupéré un peu même s’il y a encore des maux de jambe, des rhumes, et des ampoules. Le petit-déjeuner est servi. Deux grosses crêpes avec des rondelles de bananes au milieu. C’est copieux, ils adaptent bien le repas à l’effort qui arrive et en plus, c’est bon. Et quand on peut découvrir les crêpes maison du Pérou ! On accompagne le tout avec un thé aux feuilles de coca.
Une fois rassasiés, sac bouclé, ampoules protégées, prêts à partir et la pluie qui s’est arrêtée, on retrouve avec plaisir notre guide pour continuer l’aventure. La première marche (en pierre !) sera difficile puis une fois lancé, on ne s’arrête plus. Ce côté de la rive est plus sauvage, plus vert, avec des petites sources qui chantent, avec des arbres et des plantes plus feuillus. Ça monte un peu, on avance tranquillement ensemble, j’ai le temps de faire pas mal de photos. Dommage que la lumière ne soit pas si bonne aujourd’hui.
Sur la route, notre guide nous montre ce qu’est la cochenille. C’est une petite boule blanche sur certains cactus qui ne sont autres que des larves de Dactylopius coccus, des insectes parasites. Quand on écrase une larve, on obtient le rouge cochenille, un colorant naturel carmin. La cochenille est très recherchée pour en faire une coûteuse teinture colorée rouge : le Cramoisi, mais aussi du colorant alimentaire (E120). Il en écrase plusieurs dans ses mains, et s’en met sur les joues pour faire comme les indiens. Cette découverte me plaît beaucoup, j’en ramasse quelques unes que j’essaye de ne pas éclater en route.
On arrive à un village, village au fond du canyon, isolé du reste du monde, ils ont l’électricité, et un accès pour venir en voiture, mais ici, ça reste assez simple. On voit des enfants, notre première interrogation est de savoir s’ils vont à l’école. Le guide nous explique qu’il y a une petite école pour accueillir les sept enfants du primaire. Après ils sont obligés soit de faire trois heures de marche pour remonter le canyon et se rendre dans un collège voisin, et cela deux fois par jour, soit de d’emménager dans une ville plus pratique. Dur d’imaginer la vie ici, c’est beau, c’est tranquille mais j’aurais beaucoup de mal à y vivre.
On continue notre chemin, c’est du plat mais encore une fois, on change de paysage, des ocres apparaissent, du sable et des beautés de la nature. C’est vraiment agréable.
On arrive à la descente qui permet de rejoindre l’oasis, lieu de notre nuit pour ce soir. Et déjà on voit, les piscines et les bungalows en contrebas qui nous attendent. Ça donne vraiment envie. Mais la descente s’avère plus difficile pour mon amie avec qui je prends le temps de descendre. En plus, il pleut. Notre guide et Sandro sont partis devant, les autres groupes touristiques nous doublent. J’arrive quand même à faire des photos de la fascinante cascade en face de nous. Cascade où coule de l’eau chaude des montagnes.
On arrive au pont qui nous permet de retourner du bon côté de la rive. On retrouve notre guide et Sandro pour finir notre marche et enfin atteindre l’oasis. On sens que c’est vraiment prévu pour les touristes, mais ça fait du bien, d’arriver dans un lieu plein de palmiers, fleuri de milles et une couleurs, typique avec bungalows, piscine et hamacs. On se pose enfin.
Notre repas nous attend, pour enchaîner avec une sieste, un petit tour dans la piscine, une douche chaude avec l’eau de la montagne, une prise de tête pour faire sécher nos vêtements mouillés sous l’averse, une séance photo avant que le soleil ne parte.
Et vers 6 heures, il fait nuit. On se retrouve dans le restaurant pour faire encore des partis de cartes : président, black-jack et cette fois-ci, on dérive sur les tours de magies, je les étonnerais pas mal, avec le peu que je m’en rappelle. Puis, on s’interroge sur le comment de certains tours, mon ami allemand arrivera à en inventer un autre, et on se surpasse pour le rendre de plus en plus intéressant. On les fait à notre guide, et on les lui apprend pour qu’il puisse les faire à son prochain groupe. En tout cas, on passe un super bon moment éclairé à la bougie et à écouter aussi la musique choisie. Il y aura entre autre « don’t worry » de Bobby Mcferrin et « flake » de Jack Johnson, deux de mes chansons préférées. Que demander de plus ? Pas mal d’autres touristes nous rejoignent, on entend des français, mais ce soir, on reste avec notre groupe.
On mange ensemble. Spaghettis, ça aussi ça va aider pour la marche de demain matin, on discute pas mal avec le guide, pour en apprendre sur la musique du Pérou, et autres sujets. Enfin, on profite de l’happy hour (oui même ici !), pour goûter le Colca Sour, un cocktail avec du jus de fruit de cactus. Sympa et original, même si j’en prendrais pas tous les jours. On n’abuse pas trop sur la soirée, parce que demain on se lève tôt pour remonter le canyon. Chacun dans son bungalow et à demain.









