Je vais à l’école, mon bus n’est pas le même je mets plus longtemps que prévu, le tout, debout. Pour le reste du chemin à pied, je trouve quand même un raccourci, mais j’arrive avec du retard. Je retrouve la coordinatrice qui doit me faire changer de classe. Elle aussi, elle est en retard, ça tombe bien. Elle m’emmène dans une classe de 4e année fondamental (CM1) sachant que le fondamentale ne dure que quatre ans contre cinq pour nous. Et à peine arrivé dans la classe qu’encore je suscite beaucoup de curiosité. Les enfants se retournent, me sourient, s’intriguent. Mais le cours continue, et du fond de la classe, j’observe. La classe est plus éclairée et plus chaleureuse, même si la décoration aux murs reste très sobre et ici, aussi il n’y a qu’une seule étagère pour les manuels et une seule armoire qui ferme à clef pour le prof.
De plus, avec les plus grands, je me rends vraiment compte de cette pédagogie du manuel. L’enseignante donne le matin les devoirs qui correspondent aux leçons qui seront vues en cours demain. Puis, pour chaque matière, elle annonce deux pages qui sont exécutées dans le temps imparti, corrigées rapidement à la fin. Et tout est dans le manuel, le cours, les textes, les explications, les exemples, les exercices et des petits bonus ludiques. Les enfants n’ont plus besoin de copier, et tout est déjà prémâché. Ils ont plus qu’à remplir les trous. Je doute de l’efficacité de cette méthode, puisqu’il n’y a pas d’apprentissage à s’organiser tout seul pour trouver la réponse. J’aurais bien aimé rester plus longtemps pour voir les évaluations et le système de notation. Mais malheureusement je vais être à cours de temps, obligé de revenir dans une meilleur période puisqu’on m’a déjà dit que je serais toujours le bienvenu.
Un autre point qui me surprend dans cette école, c’est la récréation, tous les enfants se ruent vers la boutique pour acheter des sandwichs, des parts de gâteaux, des boissons. Alors que beaucoup ont déjà ramené des Tupperware de nourriture et même certains leur thermos de boisson chaudes. Certain font même le club pizza dans un coin de la cour. Et puis, il y a aussi sous le préau, un surveillant qui anime le coin télé. Et tous les enfants sont là en train de regarder des clips de Michael Jackson. Comme quoi, il y a toujours des surprises.
Mais ce n’est pas pour autant, que les enfants perdent leur curiosité. Vers la fin de la récré, ils viennent me voir, et me posent plein de questions. On se débrouille au niveau de la langue, mais ça va ils me comprennent. C’est ce genre de temps qui m’amuse beaucoup. Mais c’est déjà l’heure de reprendre. Je finis de regarder chaque manuel. Je note le jeu animé par l’enseignante comme quizz de lecture. Puis c’est déjà, la fin. C’est quand même vraiment court 3h30, mais bon !
Un bus, et je suis de retour à la communauté. Je n’ai pas de nouvelles des écoles, cet après-midi, j’anime le temps encadré par les jeunes pour les enfants du quartier. J’en avais tellement envie. Alors, après avoir récupéré les activités de chacun, et avoir vu où c’était possible d’installer tout le monde. Je dessine un grand plan d’activité sur un tableau blanc portatif pour aider les enfants à s’y retrouver. Les enfants arrivent. Ils sont une bonne cinquantaine. Alors, je leur présente, ce que nous leur proposons. Bien sûr, un frère de la communauté, me traduit. Et ils ont le choix : danse, coiffure, manucure, kung-fu, parcours du combattant, jeux sportif français, et football. Très vite chacun trouve son bonheur, même si certaines activités n’ont pas trouvé preneur, notamment danse et en faisant quelques subterfuges, on a réussi à avoir pas mal de monde aux jeux français qui les ont éclatés. Un « 1, 2, 3, soleil » ça fait toujours rigoler !
Moi, je reste coordinateur, et veille à ce qu’il n’y ait pas d’enfants sans activités ou d’animateur sans enfants. Mais je fais surtout de la vidéo de chaque stand pour faire une petite compile de ce moment fort en partage de joie franco-brésilienne. On finit la dernière demi-heure en prenant les enfants sur notre dos pour faire le cheval, les faire tourner dans tous les sens. A nous deux, Thibault et moi, sommes une vraie fête foraine, manège, grand huit, et tour en poney et là aussi, il faut prendre son ticket. On termine par un bon goûter tous ensemble, une belle photo souvenir. Et on dit déjà au revoir à ces enfants pleins de vie et de dynamisme. Je n’ai pas eu mon école publique, mais ce moment là valait beaucoup plus. Comme quoi … !
On termine la soirée tranquille avec le groupe qui prend une belle énergie. A demain.









