Vendredi 03 mai : Ah ! les expériences !

A peine réveillé que je commence par un petit Skype avec la famille, je suis obligé de choisir cet horaire si je veux voir mes petites sœurs qui ne sont pas couchées. Un petit-déj’ sur le pouce, et je retrouve Henry qui me dit qu’on peut y aller ensemble, on loupe le bus de peu, mais ça permet de lui laisser le temps de m’inviter à l’événement de ce soir. En effet, il propose une sortie nocturne scoute dans les montagnes pas loin d’ici. Ça ne se refuse pas. Il me laisse et juste à ce moment là, je retrouve sur la route devant moi, mon copain chauffeur de taxi de l’autre jour, sympa la coïncidence et toujours autant sympathique de se voir. Je monte dans le combi et commence la routine, je connais déjà le trajet par cœur, mais j’aime le dynamisme que je peux voir sur la route.

J’arrive à l’école, et la bise de tous les profs confirme bien cette ambiance familiale et agréable. Je reste encore aujourd’hui dans la classe des 1e année pour me faire une première idée sur le long terme. Après j’irai visiter les autres classes. Le professeur me surprend en me demandant d’aider les élèves. Ce sera avec joie. Ce matin, c’est copie de phrases «  je dois toujours être responsable » en espagnol, deux à trois pages en fonction de si tu écris vite. Pendant ce temps, certains font un grand cœur avec des bouchons rouges de bouteilles pour accrocher sur la porte en vu de la fête des mères qui approche. L’enseignante s’absente, je les surveille pendant un film.

A la récré, jeu de main forever, puis quand on rentre dans la classe, je me mets à aider mon ami Jésus, à apprendre à écrire. Avec lui, il faut carrément revenir à la base, on refait des boucles. J’essaye avec lui une méthode vue en Roumanie : écrire dans les airs puis dans la main avant d’utiliser le crayon. Ça l’amuse beaucoup, les boucles commencent à venir même si on sent qu’il y a un manque de coordinations pour son âge, c’est un psychomotricien qui lui faudrait. En tout cas, on travaille, j’en aide d’autres à écrire. On fait aussi un peu de mathématique, une carte en cœur de fête des mères, et un bref cours de religions. Je pars manger avec les autres bénévoles pour revenir jouer à la récré avec ces enfants qui s’éclatent avec des billes, des « taps » qu’on appelle pogs en France, ou encore des toupies de bois.

Je rentre pour me préparer pour la sortie scoute, je passe faire les courses sur la place d’armes, je confectionne mes sandwichs, et je prépare mon sac, et en attendant l’heure, je me fais enfin des cours d’espagnol.

Henry arrive, on repart ensemble en taxi pour retrouver ses jeunes. Je rencontre les fameuses chemises bleues péruviennes, les jeunes sont curieux, même si le dialogue ne se fera que bien plus tard. On charge un combi loué pour l’occasion, on sera bien serré, après avoir attendu un chef qui a mis un peu plus de temps à venir, on sera 15 dans un bus de 12. Même si moi je suis tranquille à l’avant avec Henry et le chauffeur qui est très intéressant. Le départ de la ballade nocturne se situe à 45 minutes de la ville, on passe juste prendre du bois pour le feu sur la route. Les jeunes commencent à chanter, j’aime bien cette ambiance, même si j’aimerai bien apprendre leur chant qui sont assez sympas pour chanter avec eux. On arrive enfin dans la nature, on décharge et déjà, on sent le froid. Henry donne les consignes puis on se charge, on se répartit le matériel, on allume les lampes et on est partis.

On se dirige vers les montagnes, mais très vite, on s’arrête. Henry, un autre chef et moi partons faire du repérage, (dans ma tête, je me dis que ça commence bien), finalement on trouve rapidement le lieu d’accès même si faudra commencer par un exercice d’escalade. Chacun son tour passe pour gravir les 5-6 mètres de pentes un peu raides. Bien encadré mais quand même dans le noir, pour les jeunes, c’est une drôle d’épreuve. Même pas sûr qu’en France, on aurait le droit de faire ça. Toujours est-il que c’est un moment unique, et qu’une fois que tout le monde à franchi le premier obstacle, on continue l’aventure.

On s’enfonce dans les gorges de la montagne on continue d’escalader, on arrive sur un espace un peu plus ouvert. On fait une pause intériorisation avec les jeunes, Henry leur demande de s’interroger intérieurement, de profiter d’être loin de tout ce qui nous anime électroniquement (portable, télé, internet, radio …) pour écouter le vrai silence. Moi j’en profite aussi pour découvrir ce ciel que je ne connais pas. C’est vraiment magique. On continue à marcher. Je sympathise un peu avec les chefs qui ferment la marche avec moi, ils parlent un peu français, c’est amusant. On avance silencieusement, on éclaire à droite à gauche, des grottes qu’on pourrait dire troglodytes, avec des cactus, je trouve le lieu vraiment dépaysant, hâte de le voir de jour. On marche, on fait une pause ombres-chinoises sur les rochers, et enfin on arrive au lieu choisi par Henry. Une crevasse un peu plus large où on a de la place de planter quatre tentes.

Il est minuit, les deux groupes s’activent pour monter les igloos. Une fois fait, on allume le feu avec le bois qu’on s’est « amusé » à porter. Mais par le frais de la soirée 8°C, ça valait le coup. On pique-nique tous ensemble autour du feu. Henry leur fait un dernier jeu de nuit puis ils vont se coucher, il est 1h30 du matin. Avec les autres chefs, on discute autour du feu, deux vont se coucher mais avec mes deux amis de fin de marche qui parlent un peu français, on restera encore une heure à discuter, à apprendre la langue de l’autre et à partager des expériences. Ca fait vraiment plaisir. Bien autour du feu, on décide de rester dormir à la belle étoile bien que le thermomètre indique 6°C, mais c’est l’occasion de s’en souvenir. Il est trois heures du matin, je suis au milieu d’une vallée dans des montagnes je ne sais pas trop où au Pérou, avec des scouts et un feu de bois sous un ciel étoilé dans mon sac de couchage. Plus unique, tu meurs, je m’endors. A demain.

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