Mercredi 10 juillet : Enfin la rencontre d’une école.

Aujourd’hui, comme convenu je retourne à l’école privée rencontrée la veille, mais cette fois tout seul. Un petit-déjeuner seul, puis heureusement qu’il y a Sheila qui part aussi pour ses cours en même temps que moi, pour m’ouvrir le portail fermé à clef. On passe déposer la lettre pour l’école publique avant que je retrouve un bus chargé. Ça va être tous les matins comme ça, pour ce point là, je suis content que ça ne dure qu’une semaine.

J’arrive sans souci à l’école. Mais cette fois-ci, j’arrive aussi en même temps que les enfants, je vois le gardien faire un check sympa dans la main d’un jeune brésilien. Il y a un garde mais il est sympa avec les jeunes. Du garde, je suis envoyé au secrétariat, qui m’envoie à une dame (qu’on pourrait dire comme une CPE.) C’est elle qui me fait visiter un peu l’école, avant de m’emmener voir la coordinatrice du niveau fondamental. Je découvre une grande école, avec tous les niveaux, de la maternelle au Terminal. C’est vraiment curieux comment c’est aménagé. C’est très ouvert, en même temps les classes sont fermées parce qu’ils ont des clims dans chaque classe. Il a un magasin au milieu de la cour, un genre de cafétéria. Des tables de ping-pong, billard et baby-foot pour les grand jeunes, des salles en tout genre pour le collège (arts, musique, multimédia, sciences, anglais …)

On arrive à une autre partie, chaque niveau scolaire à son espace. Et la première chose que je remarque quand on arrive à la cour des petits, c’est leur mini-zoo, avec des poules, des dindons, des perruches et des tortues terrestres. Sinon, une cour bien soignée, avec des jeux et un terrain de foot. On passe voir les classes de maternelles, et de primaires, jusqu’au 4e grade (CM1). A chaque fois, elle ouvre la porte et lance un grand « bom dia » (bonjour !) et les enfants répondent en cœur. J’en profite pour parler portugais, et essayer d’en découvrir un peu plus sur leur système. Je me surprends à me débrouiller en portugais, ces trois dernières semaines n’ont pas été vaines.

Finalement, on va au bureau de la coordinatrice, elle n’est pas arrivée, on attend cinq minutes. Je réalise que je suis tout transpirant alors qu’il n’est que 8 heures du matin. On va attendre dans la salle des professeurs. On continue à parler de mon projet, comme j’ai dans mon sac, une traduction de mon projet tapée hier, j’en profite pour être sûr qu’on se comprenne. On s’échangera nos mails. Et en attendant que la personne arrive, elle me donne, des manuels scolaires de portugais et mathématiques, pour voir qu’est-ce qu’ils apprennent et comment ils le font. Déjà, ça me donne une première idée, hâte de voir en classe quelles utilisations ils en font.

La coordinatrice arrive enfin. Je pars avec elle dans la classe de première année comme convenu. On entre dans la classe, la coordinatrice me présente à l’enseignante et à tous les élèves. Déjà, un petit nous amusera beaucoup en demandant si « e um francès do verdach ?» (du moins quelque chose du genre qui veut dire, « si je suis un français pour de vrai !? ») On ne me l’avait jamais fait, mais on peut toujours compter sur les enfants pour avoir de belles surprises. Un autre sera tout excité à la vue de mes drapeaux des différents pays visités brodés sur mon écharpe. De telles étincelles dans son regard qu’il est obligé de faire remarquer ce détail à son voisin.

Je m’installe dans une des petites tables vides de leur arc de cercle. Et direct je commence à noter. Mais très vite, les enfants qui ont le droit de se déplacer pendant le cours, veulent me poser pleins de questions, je leur réponds qu’on prendra le temps pendant la récré, du moins, j’essaye de l’expliquer une fois en portugais, je le réexplique à l’enseignante qui elle comprend et le dit clairement aux enfants. Je reprends mes observations.

La collection de vêtements avec la gamme de couleurs me saute aux yeux tout de suite, surtout les shorts, marcels pour les gars et minishorts pour les filles. Ils ont aussi des pantalons, des jupes, des sweats et des vestes, mais le mode décontracté est largement représenté. Sur chaque habit, on peut voir le logo de l’école. L’enseignante et tous les adultes rencontrés travaillant ici ont aussi un t-shirt avec le logo de l’école. Au moins, ils ont vraiment l’impression d’appartenir à un groupe.

Sinon, la classe est plutôt grande pour les 16 enfants, mais froide par la couleur et le carrelage mais surtout par le fait qu’elle soit très peu appropriée, et ne dispose que d’une armoire pour les manuels et une étagère fermée à clef pour le professeur. Très vite, je remarque qu’ils ne travaillent qu’à partir des manuels personnels où ils peuvent compléter, et très peu de cahiers. Encore une autre approche, j’espère avoir assez de temps pour voir tout ce que ça peu apporter.

C’est l’heure du goûter qu’ils prennent en classe, là surprise, ils ont tous pleins de belles choses à manger et une assistante qui ramène les commandes passées ce matin à la boutique de l’école. Certains ont leur jus, d’autre carrément une petite pizza chaude. Ils partent en récré. Certains curieux viendront oser me poser des questions. Et ils veulent apprendre des langues de tous les pays, mais ils ont du mal à répéter le Japonais, je crois qu’on va en rester au français. Les profs m’invitent à partager leur goûter dans leur salle, je leur partage mon projet avec le peu de portugais que je connais. Ils sont très contents de m’accueillir. On retourne en classe, je continue les observations c’est tellement différent. Et déjà c’est la fin, ils commencent à 7h30 pour avoir une pause de 9h15 à 9h45 et ils finissent 11h30, ça ne fait que 3h30 de cours par jours pour 5 jours de présence. 17h30 au total par semaine contre 24h pour la France, ça aussi c’est une grosse différence.

Je les quitte, je filme un peu l’école vide n’ayant pas d’autorisation d’image pour l’instant. Puis, je retrouve mon bus, ce n’est pas le même qu’à l’aller, je risque une sieste, quand je me réveille j’ai l’impression d’avoir loupé mon arrêt mais très vite je reconnais les lieux. Je retrouve la communauté pour le repas.

Cet après-midi, on retourne à l’école publique du village avec Marcio pour voir ce qu’il en est, on nous annonce que la coordinatrice n’est pas là, et que demain l’école est fermée pour une grève et qu’il faudrait vraiment envoyer ma demande par mail. On retourne vite fait chez Tiago, pour envoyer ce fameux mail. Puis, au final, je vais retrouver les autres jeunes qui font une visite de l’aide aux devoirs fournie par la communauté aux enfants du quartier.

Je retrouve des enfants que j’avais vus lors de mes premiers jours au Brésil. Je reste avec eux, et je les aide à réaliser leurs exercices … de mathématique : langage universel, et surtout à comprendre. Comme me l’ont confirmé beaucoup de personnes, le niveau d’enseignement au Brésil et surtout dans cette région de Bahia est vraiment faible. Ces jeunes de 10 ans niveau CM1 peinent vraiment pour faire leurs soustractions et leurs multiplications de 2 et de 5 alors que ça se sent qu’ils en ont vraiment les capacités. C’est toujours magique de voir ces étincelles de compréhension dans les yeux des enfants d’autant plus quand il y a la barrière de la langue.

C’est déjà l’heure du goûter et du foot, très vite je me retrouve avec des enfants sur le dos, ça les éclate tellement. Encore un bon moment passé avec ces chouettes enfants des quartiers, je crois que ce sont eux qui vont vraiment me manquer. Juste avant que les jeunes partent, je découvre le jeu des cordes à sauter. Ici, c’est vraiment typique, et elles sont vraiment très fortes, (les filles en l’occurrence).

Je finis la journée tranquille avec les autres jeunes, adoration, repas, discutions, travail … A demain.

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