Mercredi 05 décembre : le retour de « Lancelot en action »

Je commence ma routine du matin, levé, thé, et aller à l’école qui pour une fois est à 100 mètres. Je retrouve la classe. Déjà certains prononcent le mot autographe, je leur donne la même réponse « maybe » puis commence le rituel. Ce matin encore, ils ne travaillent pas beaucoup. Le professeur remplit un cahier de résultats et les responsables-autorité sont de plus en plus sévères. C’est très embarrassant comme situation, parce que beaucoup qui n’ont rien à faire se retournent vers moi, voulant un peu de distraction, un sourire, un clin d’œil, une grimace, un rythme. Mais je m’en tire bien, les punis sont ceux que je ne regardais pas. Certains continuent à dire le mot « autograf ». Je leur répète « peut-être à la récréation »,  « peut-être demain », mais en tout cas, plus pendant les cours, ou les absences de professeur. Justement elle s’absente, ils se tournent vers moi en prononçant le fameux mot, pour l’instant personne n’aura rien. Par contre il y a aussi un à qui j’ai donné hier, je lui dis qu’il en a déjà eu un, il répond qu’il en veut pour sa sœur, celle devant pour son frère, me voilà bien ! Il va falloir que je me fasse un tampon. En tout cas je ne vais pas en faire deux par personnes, mais je ne me souviens pas à qui j’ai déjà donné. Galère !

Sinon les cours avant la récré, je le passe à regarder leur manuel toujours très instructif, d’autant que ce sont les premiers où je comprends quasiment tout, étant en anglais. Je confirme le fait que le cours d’anglais soit aussi un cours d’éducation civique, c’est clairement explicité au début du manuel, les fabricants gérés par l’état expliquent les valeurs enseignées à travers les textes de toutes sortes (histoire, conte, poème, théâtre, mais aussi énigme, explication de jeux, activité manuelle et expérience scientifique) Ainsi, ils verront le bon sens, l’empathie, résoudre un problème, prendre une décision, la pensée créative et critique. Je trouve la démarche très intéressante.

Après la récré, le père Brandon arrive, fait le tour des classes encore pour vérifier l’uniforme, il y a encore qui pour certains, ce n’est pas correcte, le ton est toujours aussi sec. Puis il fait le groupe pour mon cours d’aérobic-dance en vue du spectacle. Une fois que j’ai les 30 enfants, (oui ça a augmenté depuis hier) il me montre un lieu où je vais pouvoir répéter avec eux, c’est sur un genre de balcon toit au-dessus de l’école maternelle, spacieux, aéré, tranquille, propre, je trouve ça super. Il présente rapidement l’objectif (très rapidement, j’ai du réexpliquer par la suite qu’il y a un spectacle et tout et tout, en anglais mais ils m’ont dit qu’ils ont compris.) Puis père Brendan me demande de commencer à leur apprendre quelques choses. Allez, c’est parti, un petit rythme corporel pour évaluer le niveau. Ça va la majorité est plutôt à l’aise et apprend vite, les autres il va falloir que je trouve une parade soit pour qu’ils apprennent à leur rythme soit pour qu’ils fassent quelques choses adaptées. Le rôle d’un professeur me direz-vous. Le père Brandon me laisse, je leur fait cours encore 15 minutes tous seul. Je fini en essayant d’apprendre les noms, mauvaise idée, je galère niveau prononciation, ça rigole et j’ai du en retenir 5 sur trente. En tout cas, le groupe est super sympa, la confiance du père Brandon est profitable. Il va falloir que je fasse les choses sérieusement mais c’est le genre de projet qui m’éclate.

On remonte en classe. Je retrouve Thelma dans la salle des professeurs, ses élèves ont cours de religion avec une sœur. On discute, de l’école en France, de l’anglais. Elle m’invite même presque pour noël, à voir si ça se confirme mais ça pourrait être sympa. On finit par lire le manuel qu’elle a pour apprendre le français. On lit ensemble l’alphabet français, déjà ça ce n’est pas une mince affaire avec le son [eu] qu’ils ne connaissent pas. On retourne en classe. Elle fini les projets, puis les fait chanter les chansons catholiques du carnet de correspondance. Ça sonne. On se quitte.

Je vais à l’autre bout de l’école sur la cours des collégiens, j’aime voir ce départ de bus et de vélo, je filme discrètement, certains enfants viennent me voir. Ils sont toujours très contents de poser une ou deux question « et oui, il neige en France et j’en ai déjà vu », malheureusement pour eux, ils n’ont pas eu encore cette chance, il ne neige jamais en Inde, sauf dans l’Himalaya.

Je rentre pour l’heure du repas. Je discute avec père Alex, sur les coutumes indiennes, oui les catholiques peuvent manger de la vache et ça ne pose pas de problème entre religions. Non, il n’y a pas le système de caste avec les catholiques en Inde. Ça reste sommaire car mon niveau d’anglais progresse mais je n’en suis pas à la conversation fluide.

L’après midi, je la passe tranquille à lire, à répondre à des mails d’avance, à travailler, à préparer mon spectacle, il faut en plus une chanson sur le lever de soleil thème du spectacle, je pense tenir un truc, à voir si je le fais en français ou en anglais.

Un petit snack avec père Brandon.

Je danse dans ma chambre à m’en faire transpirer. Je mange, j’écris, je me couche. À demain.

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