Mercredi 03 avril : la reprise des observations

J’ai rendez-vous à neuf heures avec le directeur. Je prends le petit déjeuner avec les frères, eux partent plus tôt à l’école, moi je m’accorde un peu de temps avec un petit contact Skype avec la famille pour donner des nouvelles.

Dans le bureau, je rencontre le directeur et son adjoint responsable des secondaires 1 , 2, et 3, ( 5e, 4e et 3e en France) qui n’est autre qu’un des trois qui vivent avec moi dans la maison. Ambiance très accueillante et sympathique, on prend le temps de se présenter certains aspects des systèmes de chacun, de découvrir mon projet et enfin de mettre en place ensemble un programme d’observation. Ça fait du bien de pouvoir faire tout ça en français. Ainsi, j’observerai leur différentes spécialités proposées dans l’école : 2 jours et demi dans les nouvelles classes Ipad en secondaire 1, deux jours dans leur classe concentration langues en secondaire 3 et une classe régulière en secondaire 2 mais avec une concentration sport (soccer !). Ainsi, je suis très content de pouvoir regarder cette belle palette de propositions. En plus, ils sont très réceptifs à mon projet en m’autorisant de filmer. Je sens que je peux vraiment leur faire confiance et me tourner vers eux, si je veux vraiment voir un aspect particulier.

Le programme en poche, le responsable du premier cycle des secondaires me propose d’aller me présenter à la classe que je vais observer cet après-midi. Il rentre dans la classe, prend un ton sérieux, et leur dit : « je vois que vous avez passé un bon week-end de Pâques, que vous êtes bien sucrés de chocolat, mais je n’ai pas vu ce matin de chocolats sur mon bureau ! » La classe rigole et comprend que c’est pour rire, puis il prend le temps de me présenter. J’aime beaucoup le contact qu’il a avec les élèves, à la fois cool et drôle, mais, quand c’est sérieux, on ne rigole plus pour le bien des élèves.

Puis il me suggère de commencer directement les observations, en allant rejoindre, un autre frère de la maison qui est en enseignement de sciences avec une classe. Ainsi, je prends en route le cours de secondaire 1, les élèves sont sur une partie plus pratique que théorique. Ils doivent construire des ponts avec 20 bâtonnets de glaces, pour ensuite tester leur solidité, en les chargeant de poids. Le poids où cède le pont fait partie de la note. Ainsi, je passe dans les rangs, je regarde l’ingéniosité des élèves, les destructions de ponts, l’investissement des enfants, l’ambiance à la fois détendue et sérieuse. Un cours que j’appellerai presque « petit débrouillard ». En tout cas, j’aime beaucoup l’idée et je note.

Je prends un repas dans leur self et je vais à la salle des professeurs. Là aussi, je retrouve une bonne ambiance, je discute pas mal avec une enseignante qui est très intéressée par mon projet et restera parler de pédagogie avec nos différents points de vues. J’observe aussi leur réfectoire, une ambiance beaucoup plus saine que dans beaucoup de selfs en France. Un ou deux surveillants, plus pour vérifier qu’ils n’oublient rien derrière eux, plus que pour l’autorité ou le bruit. Beaucoup de jeunes viennent avec leurs boîtes à lunch, ou d’autres prennent encore les paninis proposés. Enfin quand ils ont finis, beaucoup restent discuter, d’autres partent aux sports libres sur les temps du midi, le salon des jeunes (avec billard, ping-pong et baby-foot), la bibliothèque ou les salles informatiques pour travailler, (beaucoup pour leur Facebook et faire des jeux en réseaux.) Mais aux final très peu vont dehors, c’est vrai qu’il fait toujours assez frais.

Je reprends mon programme. Je suis les élèves de secondaire 1, en sport. Ils ont le choix de leur sport, un groupe de soccer, un groupe de basketball, de badminton et un groupe de course-cardio. Je passe voir les différents groupes. Vu le froid dehors et que pendant la moitié de l’année, ils sont sous la neige, ils investissent pas mal dans des grands gymnases ou salles de sport. Là en plus, la course cardio se fait dans les couloirs, le hall et les escaliers. Des pompes, des abdos, tout y passe pour bien faire bouger le corps. Je rencontre un professeur français, qui entraîne les « footeux ». On  prendra le temps de parler, et de voir un peu sa vision du système.

Petit temps dans les couloirs, en attendant le prochain cours, la première question de deux élèves, c’est de savoir « si je préfère les pommes ou les fraises. » Intéressante mise en bouche.  Je retourne avec les même secondaires 1 vus en sport dans le cours de science que mon ami, le frère enseignant a donné ce matin à d’autres. Ainsi encore, je passe dans les rangs, je regarde l’ingéniosité des élèves, les destructions de ponts, l’investissement des enfants, l’ambiance à la fois détendue et sérieuse. Mais en même temps, j’en profite pour sympathiser avec les élèves, les conseiller et parler avec le prof. Le cours passe vite. C’est déjà l’heure, le dernier cours finissant à 15h.

Je me ballade dans les couloirs et je rencontre avec plaisir la deuxième enseignante française. Très vite, on sympathise et me propose de passer à la maison. On retient l’idée, on va essayer de mettre ça en place.

Je quitte l’école, pour rentrer à la maison des frères. Allez, je suis motivé aujourd’hui, je me fais quelques cours d’espagnol en vue du Pérou. Je travaille un peu, je prends un repas sandwich comme les frères sont, soit en réunions, soit partis. Je finis par de la lecture sur le système éducatif du Canada, encore un dernier mail et je me couche. A demain.

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