Mardi 2 avril : une dernière découverte de Québec avant de reprendre le projet.

Aujourd’hui, c’est la journée pédagogique des professeurs, je pars quand même avec eux et je profite du bus pour rejoindre la ville de Québec. Le frère directeur profite du chemin pour me présenter à tous les enseignants. Une fois arrivés à leur salle des congrès, on se donne l’heure de rendez-vous et je les quitte pour ma journée de visite de la ville du Québec.

Je commence par le bel Hôtel du Parlement avec ces 26 grandes statues de bronze qui permettent à la façade principale de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui ont marqué l’histoire du Québec. Je continue avec les plaines d’Abraham, le parc du champ de bataille entre les anglais et les français en 1759 et 1760. Ce parc est connu notamment comme l’un des plus grands et prestigieux parc urbains au monde où loisir, culture et histoire se rencontrent. Moi, je n’arrive pas à la bonne période, aujourd’hui, il fait très beau mais comme dise les québécois, « il fait frette », plus frais que frais ! Donc pour nous, très froid. Il doit faire -5°C, mais avec le vent, on a des sensations d’encore plus froid. Ainsi, je découvre un autre côté du Québec. Mais c’est un temps qu’eux aussi n’apprécient pas, puisque le vent est humide et désagréable, ils préfèrent quand il fait plus froid mais sans vent.

Après avoir contemplé la vue sur le fleuve du St Laurent, je ne m’éternise pas dans le parc à cause du vent. Je me dirige rapidement vers la citadelle. Sa construction commença en 1820 et s’échelonna sur 30 ans, elle se présente en plan en étoile caractéristique des fortifications de Vauban. Je lis la présentation à l’entrée, mais ce qui est surtout impressionnant est de la voir du dessus. Comme ce n’est pas proposé, je préfère continuer mes visites.

Je passe la porte Saint-Louis des remparts. Québec est la seule ville encore fortifiée de tout le nord américain.

J’emprunte les charmantes rues du Vieux-Québec. Là, je me sens bien, en effet ça ressemble beaucoup à nos villes historiques européennes. J’arpente les rues de magasins de souvenirs, de restaurants québécois, canadiens, français et italiens. Il y a aussi quelques galeries d’arts Inuit, mes préférées.

Et j’arrive au château-hôtel le plus photographié du monde : le château Frontenac. Château construit en 1893, il a sa renommé mondiale aussi après les deux conférences historiques de Roosevelt en 1943 et Winston en 1944. Je visite les boutiques accessibles au rez-de-chaussée et je contribue à son record en faisant moi-même quelques photos.

Je passe vite fait à l’office de tourisme, pour me mettre au courant des événements qu’il ne faudrait pas louper pendant mes quinze jours. Elle n’a qu’une adresse de site à me donner, je verrai ça tranquille ce soir.

Je continue et j’arpente dans tous les sens ces petites ruelles  du Vieux-Québec. Je visite la cathédrale Notre Dame du Québec. Construite en 1647, elle a été agrandie, bombardée, incendiée, reconstruite avant d’être classée lieu historique national du Canada. Par sa valeur architecturale, la cathédrale est le reflet de l’histoire de tout un peuple. Je suis surpris par la beauté des lieux. Je continue.

Je marche le long des remparts qui donnent une très belle vue sur la baie du St-Laurent et le port de Québec. Remparts parsemés de canons d’époque. Je passe devant le grand séminaire de Québec, qui est maintenant le musée de l’Amérique française. Je descends du côté de la rive et franchit la porte Prescott quittant ainsi le Vieux-Québec pour arriver sur le Vieux-Port. Toujours des belles rues piétonnes de magasins et de restaurants, je flâne, découvre leur univers, rentre dans certaines boutiques, je fais des photos … puis j’arrive sur un autre quartier toujours sur le Vieux-Port avec beaucoup de galeries d’art. Pareille, je flâne, découvre leur univers, rentre dans certaines boutiques, je fais des photos … et je m’imprègne de l’art québécois.

Je prends le temps de manger une fameuse « poutine » chez Ashton. Présentée comme des frites fraîches, avec fromage en grains frais du jour et sauce maison, je découvre ce plat typique qui est original mais pas très diététique. Un bon fast-food !

Je finis mes deux heures d’après-midi en allant au Musée des civilisations. J’y découvre l’histoire des amérindiens ; super intéressant, l’histoire du Québec, très historique et visuel, l’histoire du peuple Maori (en Nouvelle-Zélande), très dépaysant et intéressant, et une exposition sur Michel Tremblay, un célèbre auteur de pièces de théâtre québécois du dernier siècle. Beaucoup d’informations, je suis obligé d’écourter ma visite même s’il y avait encore pas mal de choses à voir.

Je sors, dehors, une petite tempête de neige, des flocons et du vent, ça n’aide pas à rentrer rapidement au lieu de rendez-vous mais j’y serai. Je retrouve les professeurs et les frères. On se raconte nos journées. Au repas quand je leur dirai que j’ai pris une « poutine », ils me chanteront « il est des nôtres … ! » Très amusant, je m’entends bien avec eux. Je finis ma journée comme d’habitude. Je monte dans ma chambre et termine deux-trois petits trucs. A demain.

Mardi 2 avril : une dernière découverte de Québec avant de reprendre le projet.

Aujourd’hui, c’est la journée pédagogique des professeurs, je pars quand même avec eux et je profite du bus pour rejoindre la ville de Québec. Le frère directeur profite du chemin pour me présenter à tous les enseignants. Une fois arrivés à leur salle des congrès, on se donne l’heure de rendez-vous et je les quitte pour ma journée de visite de la ville du Québec.

Je commence par le bel Hôtel du Parlement avec ces 26 grandes statues de bronze qui permettent à la façade principale de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui ont marqué l’histoire du Québec. Je continue avec les plaines d’Abraham, le parc du champ de bataille entre les anglais et les français en 1759 et 1760. Ce parc est connu notamment comme l’un des plus grands et prestigieux parc urbains au monde où loisir, culture et histoire se rencontrent. Moi, je n’arrive pas à la bonne période, aujourd’hui, il fait très beau mais comme dise les québécois, « il fait frette », plus frais que frais ! Donc pour nous, très froid. Il doit faire -5°C, mais avec le vent, on a des sensations d’encore plus froid. Ainsi, je découvre un autre côté du Québec. Mais c’est un temps qu’eux aussi n’apprécient pas, puisque le vent est humide et désagréable, ils préfèrent quand il fait plus froid mais sans vent.

Après avoir contemplé la vue sur le fleuve du St Laurent, je ne m’éternise pas dans le parc à cause du vent. Je me dirige rapidement vers la citadelle. Sa construction commença en 1820 et s’échelonna sur 30 ans, elle se présente en plan en étoile caractéristique des fortifications de Vauban. Je lis la présentation à l’entrée, mais ce qui est surtout impressionnant est de la voir du dessus. Comme ce n’est pas proposé, je préfère continuer mes visites.

Je passe la porte Saint-Louis des remparts. Québec est la seule ville encore fortifiée de tout le nord américain.

J’emprunte les charmantes rues du Vieux-Québec. Là, je me sens bien, en effet ça ressemble beaucoup à nos villes historiques européennes. J’arpente les rues de magasins de souvenirs, de restaurants québécois, canadiens, français et italiens. Il y a aussi quelques galeries d’arts Inuit, mes préférées.

Et j’arrive au château-hôtel le plus photographié du monde : le château Frontenac. Château construit en 1893, il a sa renommé mondiale aussi après les deux conférences historiques de Roosevelt en 1943 et Winston en 1944. Je visite les boutiques accessibles au rez-de-chaussée et je contribue à son record en faisant moi-même quelques photos.

Je passe vite fait à l’office de tourisme, pour me mettre au courant des événements qu’il ne faudrait pas louper pendant mes quinze jours. Elle n’a qu’une adresse de site à me donner, je verrai ça tranquille ce soir.

Je continue et j’arpente dans tous les sens ces petites ruelles  du Vieux-Québec. Je visite la cathédrale Notre Dame du Québec. Construite en 1647, elle a été agrandie, bombardée, incendiée, reconstruite avant d’être classée lieu historique national du Canada. Par sa valeur architecturale, la cathédrale est le reflet de l’histoire de tout un peuple. Je suis surpris par la beauté des lieux. Je continue.

Je marche le long des remparts qui donnent une très belle vue sur la baie du St-Laurent et le port de Québec. Remparts parsemés de canons d’époque. Je passe devant le grand séminaire de Québec, qui est maintenant le musée de l’Amérique française. Je descends du côté de la rive et franchit la porte Prescott quittant ainsi le Vieux-Québec pour arriver sur le Vieux-Port. Toujours des belles rues piétonnes de magasins et de restaurants, je flâne, découvre leur univers, rentre dans certaines boutiques, je fais des photos … puis j’arrive sur un autre quartier toujours sur le Vieux-Port avec beaucoup de galeries d’art. Pareille, je flâne, découvre leur univers, rentre dans certaines boutiques, je fais des photos … et je m’imprègne de l’art québécois.

Je prends le temps de manger une fameuse « poutine » chez Ashton. Présentée comme des frites fraîches, avec fromage en grains frais du jour et sauce maison, je découvre ce plat typique qui est original mais pas très diététique. Un bon fast-food !

Je finis mes deux heures d’après-midi en allant au Musée des civilisations. J’y découvre l’histoire des amérindiens ; super intéressant, l’histoire du Québec, très historique et visuel, l’histoire du peuple Maori (en Nouvelle-Zélande), très dépaysant et intéressant, et une exposition sur Michel Tremblay, un célèbre auteur de pièces de théâtre québécois du dernier siècle. Beaucoup d’informations, je suis obligé d’écourter ma visite même s’il y avait encore pas mal de choses à voir.

Je sors, dehors, une petite tempête de neige, des flocons et du vent, ça n’aide pas à rentrer rapidement au lieu de rendez-vous mais j’y serai. Je retrouve les professeurs et les frères. On se raconte nos journées. Au repas quand je leur dirai que j’ai pris une « poutine », ils me chanteront « il est des nôtres … ! » Très amusant, je m’entends bien avec eux. Je finis ma journée comme d’habitude. Je monte dans ma chambre et termine deux-trois petits trucs. A demain.

Mercredi 03 avril : la reprise des observations

J’ai rendez-vous à neuf heures avec le directeur. Je prends le petit déjeuner avec les frères, eux partent plus tôt à l’école, moi je m’accorde un peu de temps avec un petit contact Skype avec la famille pour donner des nouvelles.

Dans le bureau, je rencontre le directeur et son adjoint responsable des secondaires 1 , 2, et 3, ( 5e, 4e et 3e en France) qui n’est autre qu’un des trois qui vivent avec moi dans la maison. Ambiance très accueillante et sympathique, on prend le temps de se présenter certains aspects des systèmes de chacun, de découvrir mon projet et enfin de mettre en place ensemble un programme d’observation. Ça fait du bien de pouvoir faire tout ça en français. Ainsi, j’observerai leur différentes spécialités proposées dans l’école : 2 jours et demi dans les nouvelles classes Ipad en secondaire 1, deux jours dans leur classe concentration langues en secondaire 3 et une classe régulière en secondaire 2 mais avec une concentration sport (soccer !). Ainsi, je suis très content de pouvoir regarder cette belle palette de propositions. En plus, ils sont très réceptifs à mon projet en m’autorisant de filmer. Je sens que je peux vraiment leur faire confiance et me tourner vers eux, si je veux vraiment voir un aspect particulier.

Le programme en poche, le responsable du premier cycle des secondaires me propose d’aller me présenter à la classe que je vais observer cet après-midi. Il rentre dans la classe, prend un ton sérieux, et leur dit : « je vois que vous avez passé un bon week-end de Pâques, que vous êtes bien sucrés de chocolat, mais je n’ai pas vu ce matin de chocolats sur mon bureau ! » La classe rigole et comprend que c’est pour rire, puis il prend le temps de me présenter. J’aime beaucoup le contact qu’il a avec les élèves, à la fois cool et drôle, mais, quand c’est sérieux, on ne rigole plus pour le bien des élèves.

Puis il me suggère de commencer directement les observations, en allant rejoindre, un autre frère de la maison qui est en enseignement de sciences avec une classe. Ainsi, je prends en route le cours de secondaire 1, les élèves sont sur une partie plus pratique que théorique. Ils doivent construire des ponts avec 20 bâtonnets de glaces, pour ensuite tester leur solidité, en les chargeant de poids. Le poids où cède le pont fait partie de la note. Ainsi, je passe dans les rangs, je regarde l’ingéniosité des élèves, les destructions de ponts, l’investissement des enfants, l’ambiance à la fois détendue et sérieuse. Un cours que j’appellerai presque « petit débrouillard ». En tout cas, j’aime beaucoup l’idée et je note.

Je prends un repas dans leur self et je vais à la salle des professeurs. Là aussi, je retrouve une bonne ambiance, je discute pas mal avec une enseignante qui est très intéressée par mon projet et restera parler de pédagogie avec nos différents points de vues. J’observe aussi leur réfectoire, une ambiance beaucoup plus saine que dans beaucoup de selfs en France. Un ou deux surveillants, plus pour vérifier qu’ils n’oublient rien derrière eux, plus que pour l’autorité ou le bruit. Beaucoup de jeunes viennent avec leurs boîtes à lunch, ou d’autres prennent encore les paninis proposés. Enfin quand ils ont finis, beaucoup restent discuter, d’autres partent aux sports libres sur les temps du midi, le salon des jeunes (avec billard, ping-pong et baby-foot), la bibliothèque ou les salles informatiques pour travailler, (beaucoup pour leur Facebook et faire des jeux en réseaux.) Mais aux final très peu vont dehors, c’est vrai qu’il fait toujours assez frais.

Je reprends mon programme. Je suis les élèves de secondaire 1, en sport. Ils ont le choix de leur sport, un groupe de soccer, un groupe de basketball, de badminton et un groupe de course-cardio. Je passe voir les différents groupes. Vu le froid dehors et que pendant la moitié de l’année, ils sont sous la neige, ils investissent pas mal dans des grands gymnases ou salles de sport. Là en plus, la course cardio se fait dans les couloirs, le hall et les escaliers. Des pompes, des abdos, tout y passe pour bien faire bouger le corps. Je rencontre un professeur français, qui entraîne les « footeux ». On  prendra le temps de parler, et de voir un peu sa vision du système.

Petit temps dans les couloirs, en attendant le prochain cours, la première question de deux élèves, c’est de savoir « si je préfère les pommes ou les fraises. » Intéressante mise en bouche.  Je retourne avec les même secondaires 1 vus en sport dans le cours de science que mon ami, le frère enseignant a donné ce matin à d’autres. Ainsi encore, je passe dans les rangs, je regarde l’ingéniosité des élèves, les destructions de ponts, l’investissement des enfants, l’ambiance à la fois détendue et sérieuse. Mais en même temps, j’en profite pour sympathiser avec les élèves, les conseiller et parler avec le prof. Le cours passe vite. C’est déjà l’heure, le dernier cours finissant à 15h.

Je me ballade dans les couloirs et je rencontre avec plaisir la deuxième enseignante française. Très vite, on sympathise et me propose de passer à la maison. On retient l’idée, on va essayer de mettre ça en place.

Je quitte l’école, pour rentrer à la maison des frères. Allez, je suis motivé aujourd’hui, je me fais quelques cours d’espagnol en vue du Pérou. Je travaille un peu, je prends un repas sandwich comme les frères sont, soit en réunions, soit partis. Je finis par de la lecture sur le système éducatif du Canada, encore un dernier mail et je me couche. A demain.

Jeudi 4 avril : un Ipad pour Ardoise

Alors aujourd’hui, je commence une vraie journée complète normale. Ils commencent les cours à 8h15, pour avoir 2 cours de 1h15 séparés de 10 minutes de battement pour manger à 11h. Ils reprennent les cours à 12h15 pour encore 2 cours de 1h15 avec toujours 10 minutes de battement pour finir à 15h et prendre les fameux bus jaunes. Le tout pour une semaine de 25 heures sur cinq jours.

Ainsi, j’entame ma journée par un cours d’éthique. Comme tous les matins dans chaque classe, le prof commence par écrire au tableau la pensée du jour, aujourd’hui : « les succès des autres peuvent nous punir de notre paresse ». Puis, il enchaîne avec son cours, comme on est dans la classe Ipad. Il leur propose de faire une recherche structurée sur le nouveau Pape François. Il leur demande de définir un conclave, de résumer une biographie et citer 5 réactions. Le tout en citant les sources. Tout le monde se met sur sa tablette et commence son travail avec accès internet dans la classe. Et après 6 mois d’entraînement, les élèves sont très à l’aise avec l’outil. Le professeur leur rappelle où trouver ce qu’il attend pour une description complète, un résumé correct d’une biographie. Les élèves sont sérieux, travaillent efficacement, même si Wikipédia est souvent de mise et ne vont pas chercher et vérifier dans d’autres sites.

A la pause, une fille me dit qu’elle est bien contente d’avoir fini le chapitre sur les fractions parce qu’elle n’aimait pas ça. Le cours de math commence, l’enseignante rend les tests sur les fractions justement, elle a 36/36. On sourit, elle n’aime pas les fractions, mais les fractions l’aiment bien. Après, la prof fait un cours sur les probabilités, ils travaillent par deux et répondent aux définitions sur leur tablette.

A midi (heu… 11 heures !), je mange avec des jeunes, très curieux ils me posent pas mal de questions, le dernier part en me disant « oui moi aussi, j’aimerais bien faire tour du monde ! » encore un qui sait que c’est possible.

Pour le cours d’histoire, pareil ! Utilisation de l’Ipad pour rédaction d’un devoir sur l’écriture en Mésopotamie. L’avantage de l’Ipad est de rendre des travaux propres et construits. La correction des fautes est plus simple. Ainsi, chaque professeur leur met en place des projets pour vraiment l’exploiter.

Le dernier cours de la journée est le cours de « média-TIC ». Une option des jeunes qui apprennent à filmer, photographier, faire des présentations, enregistrer des musiques, développer de la robotique … Ils écrivent des scénarios, font des films muets, des effets spéciaux sur écrans verts. Ainsi, pour les élèves qui ont choisis cette option, ils sont très bien encadrés avec quand même beaucoup de libertés, de possibilités et de créativités, pour apprendre ce vaste domaine de connaissances au cours de leurs années de secondaire. Un bel investissement pour l’épanouissement des élèves. Là encore, j’aurai bien aimé avoir ça dans mon école.

Après ce dernier cours, je filme la sortie des élèves. Qu’est-ce que j’aime leur gros bus jaunes à l’américaine ! Je rentre, mon ordinateur « me fait de la misère » (expression québécoise), j’écris au journal voyageur que m’a présenté le premier jour un frère. Un journal qui est parti d’une école québécoise et qui est passé de personne en personne. Chacun s’y présente et écrit ce qu’il a envie, et le donne à la personne le plus loin possible jusqu’à ce que, au mois de mai, tous les carnets reviennent à l’école d’origine. Et les élèves découvrent les voyages et les rencontres de leur carnet. Ainsi, je contribue à celui qui est sur mon bureau, je retrouve la plume, et j’écris mon voyage dans ce cahier. J’ai réussi à ne faire que deux pages. J’en laisse pour les autres, je vais l’envoyer en France pour faire voyager un peu plus ce carnet voyageur. En même temps, je note l’idée que je trouve super.

Mon ordinateur ne veut pas redémarrer, heureusement qu’un des frères est responsable informatique et peut m’aider. Sous ses conseils, mon ordinateur redémarrera correctement. Je peux me coucher serein. A demain.

Vendredi 6 avril : Ipad 2.0

Je retourne sur le chemin de l’école. Ce matin, la phrase du jour sera « le silence peut parfois être le plus cruel des mensonges ». L’enseignante de français commence par les faire réagir sur cette phrase pour continuer sur la rédaction de leur critique de livre. Pendant ce cours et le suivant d’histoire, en plus de ma journée d’hier, je me rends compte que, à travers l’Ipad en classe, les élèves développent une dimension très intéressante où ils acquièrent la capacité de chercher les informations sur le net, les restituer clairement, de structurer leur pensée ou de faire des schémas sur programme pour les aider à la structurer. Et même quand ils écrivent, ils prennent l’habitude d’utiliser des outils « oubliés » en cherchant dans un dico, ou le Bescherelle en ligne. Il y a un vrai potentiel, et de toute façon maintenant, je pense qu’on va tendre de plus en plus vers un besoin d’apprendre à apprendre, tout le programme en une année devient une telle « corvée » pour tous les enseignants.

A la fin du cours d’histoire, l’enseignante française rencontrée l’avant-veille passe dans la classe et m’appelle pour me voir. On prend le temps d’organiser l’après-midi, ainsi, ce soir je suis invité. Quand je reviens, le professeur d’histoire me propose les cinq dernières minutes du cours pour présenter mon site web aux élèves de cette classe. Idée très appréciée, ça me fait plaisir de leur partager mon aventure en français. Ça sonne, c’est déjà l’heure d’aller manger. Le prof d’histoire aussi me propose aussi d’essayer de se voir. Je le confirme, les québécois sont très accueillants.

Je mange avec les enseignants, puis j’enchaîne avec le cours de maths. Je me rends compte aussi qu’en plus de l’utilisation de l’Ipad, les professeurs expliquent beaucoup ce qu’ils attendent des élèves, en insistant beaucoup sur le fait qu’ils les poussent à leur propre réflexion. Même si les cours peuvent paraître long en 1h15, les professeurs font attention de proposer pas mal d’activités différentes : théorie, pratique, exercices, en groupe, seul, sur papier, sur Ipad.

Je finis ma semaine d’observation, et ma dernière dans cette classe avec un dernier cours de science-technologie. Aujourd’hui, un nouveau défi, ils doivent réaliser un pont de 50 cm de longueur avec 100 bâtons avec le défi de devoir faire passer une voiturette dessus. L’ingéniosité, la créativité et la patience des élèves sont mis à l’épreuve, mais à ma grande surprise, ils proposent des structurent très intéressantes. J’assiste à une belle ambiance de travail qui me permet de les conseiller et de créer un  peu de lien avec eux. Ils auront encore du travail à faire au prochain cours et sur les heures du midi, pour les tester dans deux semaines.

Ça sonne, c’est la « fin de semaine » (au Québec, on a francisé beaucoup de mots comme « week-end »), je retrouve l’enseignante qui m’a invité. On part d’abord chercher les petits loups de 3 et 6 ans à leur école et garderie, puis « premier effet Lancelot », les enfants sont supers sages. On arrive chez eux, on continue de discuter en prenant un verre mais les enfants dehors dans la neige du jardin commencent à nous montrer le « deuxième effet Lancelot » : ils veulent montrer tout ce qu’ils savent faire y compris les bêtises. Puis on continue à plaisanter avec « les effets Lancelot » pendant la soirée. Le mari arrive, tout en faisant la cuisine, on partage nos expériences. Puis, on mange des araignées des neiges, de la soupe, et des pâtes aux crevettes, avec un « tabarouette » de bon plateau de fromages accompagné de bon vin bien  boisé (désolé je me lâche mais ça aussi ça fait grave plaisir !!!) pour finir sur une glace aux sirop d’érable (toujours et encore).

Finalement, après avoir beaucoup partagé avec toute la famille, et après que le petit de 6 ans, ait bu mes histoires de tous les pays avec ses gros yeux ronds, et ait demandé à ses parents de toujours encore rester écouter un peu, les enfants se couchent plus tard que prévu (encore « un effet Lancelot ») avec les enfants qui demandent « est-ce que tu vas dormir ici? » (A l’heure demandée, je ne savais pas encore.) On continue à discuter pendant la soirée, très ouvert sur les autres pays, la pédagogie et leur expérience, en même temps ils proposeront des amandes au chocolat, des calissons d’Aix, (oui, ils m’ont sorti le grand jeu mais ça leur faisait tellement plaisir de partager ces mets français avec un français) (on remarquera qu’il faut que je vienne au Québec pour découvrir les Calissons d’Aix !) Et on finit par une petite tisane indienne. Sur cette dernière, vu l’état de fatigue, même si on discutait bien, il paraissait plus simple que je dorme chez eux. Ils avaient toujours une chambre d’ami de prête. Alors, je change mon programme et laisse place à l’improvisation. Ce soir je dors, chez des français. A demain.

Samedi 7 avril : une belle journée improvisée

Ainsi à la plus grande joie des enfants de me voir au petit matin, je suis resté dormir chez eux. Je vis un matin, où je ne me réveille pas dans mon lieu habituel (encore ça, j’ai l’habitude), mais je partage mon petit déjeuner avec une famille avec ses deux enfants de 6 et 3 ans. Et puis, pour laisser la place à l’improvisation jusqu’au bout, ils proposent d’aller dans les cabanes à sucres (malheureusement c’était complet) puis finalement d’aller faire une ballade dans la nature-montagne-foret-rivière québécoise. N’ayant pas de voiture, la vraie nature québécoise m’était encore inconnue jusque là, donc je n’hésite pas !

On prépare le pique-nique, on habille les enfants (ainsi que moi, n’ayant pas prévu quand je suis parti hier, de me retrouver au milieu de la forêt enneigée), et on grimpe en voiture. On rentre dans un parc national, étant assez loin de Québec, on commence par manger au chaud. Et enfin, on part dans les montagnes enneigées. Une fois arrivés dans la forêt, avec le grand gaillard de six ans, on s’est mis en mode espion et on essayait de ne pas se faire voir par ses parents et son petit frère, on a fait des super cachecaches, on a tendu des embuscades, (au moins 36, un enfant ça ne se lasse jamais …) tout en profitant du sublime paysage et de la neige. Le petit m’a vraiment confié qu’il aimait jouer avec moi, je lui ai fait son rôle d’un de ses oncles qui sont restés en France. Une amitié unique telle que le petit bout a pleuré quand on a dit que je partais ce soir.

Après la ballade, on est revenu à leur maison pour partager un bon chocolat chaud et des pains aux chocolat et croissants, (que ça fait plaisir !) sous les yeux filous des enfants, puis je leur ai montré quelques photos et vidéos et eux de même. Pour enfin qu’ils me ramènent.

J’ai un peu partagé leur vie intime mais ils étaient tellement contents de rencontrer un français qui avait envie de partager. Et c’était vraiment super pour les petits, (et pour moi avec un vrai retour en enfance comme j’aime), je sens qu’il y en a un qui va devenir un fou-rêveur forever. On garde le contact, on voit pour peut-être une prochaine rencontre. Je rentre,  je mange et je ne tarde pas, c’est que les embuscades, courir dans la neige, le froid, et tout et tout. Ça fatigue. Ainsi, je vous laisse. A demain.

Dimanche 7 avril : Repos, folie, voyage !

Aujourd’hui, je m’accorde une journée de repos. Je mange avec les frères, je pars à la messe, je me fais un contact avec la France. Je me force à sortir pour aller manger à l’extérieur. Qu’est-ce que j’aime l’architecture de leurs maisons ! Dans le magasin, je me fais plaisir je me fais mon petit Pâques en retard avec du chocolat à moins cinquante pourcent. Aller un peu de folie, un lapin Linth. Je rentre, je découvre le rocking-chair et les donuts québécois et une clémentine d’Israël. Voyage, voyage ! Un vrai jour de repos après une journée folle à courir dans la forêt. Je me couche à demain.

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