Aujourd’hui première vraie journée d’école. Je me réveille à 6h30, je dors encore 10 minutes, je me dépêche de me laver, de m’habiller et prendre mon petit déjeuner. Cécilia veut que j’arrive à l’heure pour installer le pc, elle, qui est toujours en retard. Je ne prends pas le premier tramway, trop de monde, je saute dans le deuxième. Le métro est plus tranquille, je prends le bus à temps et arrive à l’école. Le garde de l’école me fait une gentille révérence pour rentrer, ça me fait très plaisir.
J’arrive dans la classe, comme prévu les enfants sont déjà installés, jouent, crient, chahutent en attendant Cécilia. Moi, j’installe le pc et m’installe au fond de la classe. Certains enfants se retournent rapidement pour savoir ce que je fais, ce que j’écris.
Cécilia arrive, la leçon de roumain commence. Je note, j’observe, et analyse le moindre fait et geste de chaque individu de la classe. Beaucoup de choses sont différentes mais j’attends une semaine dans cette classe pour en avoir un bilan clair. Ils ont quatre heures le matin mais réellement, ils ont 3/4 d’heure de cours et 15 minutes de récré dans les couloirs ou la classe. Ils ont bien évidemment des goûters mais il n’est pas surprenant de voir un enfant manger un sandwich jambon fromage à 9h. Ils ont aussi un système mis en place par le pays d’avoir un goûter offert (un pain baguette et un berlingot de lait). Ainsi ils mangent à chaque pose. Cécilia utilise le TBI (Tableau Blanc Interactif) pour expliquer les mots, les enfants sont très participatifs. Je repère ceux qui sont à l’aise et ceux qui le sont moins. Mais la classe à l’air majoritairement assez bonne. Un enfant vient me voir à la récré pour voir ce que j’écris. Je lui demande en anglais s’il aime l’école, il me répond que oui. J’essayerai d’en savoir plus par la suite.
Deux heures de roumain, puis une heure de math et une heure de géo. Ça va très vite. Il est déjà l’heure de se quitter. Je rejoins Angela qui avait accepté que j’assiste à son premier cours d’anglais avec des 5e, (c’est-à-dire les 6e en France). On arrive dans la classe. Elle me présente. Et du fond de la classe j’assiste à un cours comme j’aurai aimé en avoir au collège. Tout le cours est en anglais. Elle explique les mots difficiles. Des jeux et des dialogues. Je comprends enfin un cours d’anglais. Ça ne peut que me faire du bien. Un enfant vient me voir à la fin pour savoir quels pays je vais rencontrer. Tout en anglais, je lui explique.
On part avec Angela, pour son 2e cours avec des 6e, (c’est-à-dire les 5e en France). Elle profite de ma présence pour demander à ses élèves de me présenter la Roumanie. Le cours est très vivant. Elle essaye de faire participer tout le monde (mais il y en a toujours quelques uns qui ne prononceront pas un mot). Là encore, je comprends beaucoup de chose. Je n’ai que hâte d’avoir encore des cours d’anglais. Encore à la fin, un enfant (d’origine américaine) vient me voir pour savoir si j’irai au USA, il a vraiment un bon accent, je lui demande par trois fois de parler plus lentement avant de comprendre. Et il y a aussi un français qui est arrivé en Roumanie à l’âge d’un an qui est venu me voir, on a parlé en Français mais il s’est rendu compte qu’il a perdu beaucoup de vocabulaire français n’ayant pas pratiqué, maintenant c’est l’anglais qui lui vient.
A la récré, je rencontre la nouvelle enseignante de français qui est ravie de ma présence. Elle me dit aussi qu’elle aimerait bien que j’intervienne aussi dans ses cours. Ça me fait très plaisir. On risque d’en reparler.
Enfin, j’ai la chance d’assister au premier cours de français d’un collégien avec Valentina. Le B-A-BA : bonjour, comment vas-tu ? Quel âge as-tu ? Et la numération et une comptine jusqu’à 11. Valentina me fait participer en énumérant les nombre et les jours de la semaine. Tous les enfants se tournent vers moi, répètent après moi. Une drôle de sensation, pas désagréable ma foi ! Mais pour leur premier cours, ils répètent et re-répètent sans jamais écrire. J’ai hâte de savoir comment elle va continuer ses cours ; c’est très amusant et intéressant de voir comment des étrangers apprennent notre langue. Je réalise la difficulté de notre langue. Notamment au niveau de la prononciation, le son [U] n’existe pas ici. Ils ont en plus tendance à rajouter un accent anglais. C’est très amusant à entendre.
J’ai eu la chance d’observer le même premier cours avec deux classes de cinquième. Rien n’était identique malgré que ce fût toujours le 1er cours avec les mêmes premières phrases apprises. Une grande différence dans le dynamisme.
Je retrouve Cecilia dans la salle des profs qui me raconte son after-school. Je lui raconte mes cours. Elle s’inquiète de mon ennui en classe. Mais il y a tellement de chose à observer et de toute façon de l’observation reste de l’observation. Elle me dit que je suis très attendu par les professeurs de 1e, 2e et 3e année. Ça me fait très plaisir mais je veux vraiment voir une semaine complète dans une classe. Elle doit photocopier des papiers, je l’aide, on se prend la tète avec la photocopieuse. Il en faut du temps pour faire un recto verso. On la débourre plusieurs fois. Mais c’est bien, ça fait parti du métier que d’apprendre ça.
On se prépare pour aller à la réunion de parents-profs. Cécilia m’y a convié pour que je présente aux parents mon projet. Ce fut encore très intéressant. Je n’ai pas trop d’éléments comparatifs mais dans cette école les parents sont très impliqués dans l’enseignement de leur enfant. Ils ont même pour la plupart le portable de la maîtresse. A la fin, je peux présenter mon projet. Cecilia traduit ma présentation. Je leur montre la vidéo de présentation des écoles. Cecilia explique aussi le projet Comenius avec une école de Bretagne. Les parents sont vraiment ravis. Un parent parlant français vient me voir à la fin. On parle pendant 10 minutes, il est vraiment ravi pour son fils que je sois dans sa classe. On parle aussi de l’enseignement. Ce père est aussi vraiment très ouvert et vrai.
Je rentre avec Cecilia. On est crevés tout les deux. On discute de comment je trouve les roumains, sincèrement, j’en dis que du bien (plus disponible et spontané, plus parlant, il regarde moins ses chaussures dans le métro, plus souriant, plus ouvert, plus de vitalité, plus franc et de vérité dans leurs propos) et je ne sais ce que vont m’apporter encore ces 3 semaines.
Je la quitte. J’arrive au presbytère. Père Daniel, Dolra, Mihia et leur nièce sont là. Et donc il faut que j’assume ce que je dis : ils sont plus spontanés et donc ils m’invitent à m’asseoir avec eux (moi qui voulais faire mes devoirs mais il faut que j’apprenne à vivre leur tradition). Je m’assoie et discute avec eux. C’est toujours agréable et toujours dans la joie et la bonne humeur. Dolra et sa famille nous quittent. Je mange avec père Daniel. Encore un vrai moment. On discute de sa pêche, de ma journée, de mes observations, de l’église catholique et de sa chute de baptême, du communisme et de ce moment de l’Histoire. Les petites cuillères que j’ai mises sur la table lui font envie d’une glace. Par miracle, il y en a dans le congélateur. On finit la soirée devant le match de foot. Mais je le quitte très rapidement car je suis crevé. Je fais mes devoirs, j’écris et je me couche. A demain.









