Le réveil sonne, ce matin c’est la rentrée, pas le droit de se rendormir. Depuis le temps que j’attendais ça. Une douche pour bien me réveiller, je prépare mon sac, de quoi écrire, ma caméra et une batterie (et oui, un sac d’observateur !) J’enfile vite fais un petit dej, et je suis parti. Le premier tram est bondé, Cécilia m’avait prévenu. Pas moyen de rentrer, le deuxième est un peu plus libre. Je monte. Une fois au métro, je le trouve désert, alors que l’on m’avait pourtant dit le contraire, (ho deux alexandrins, me voilà poète !) Attendons de voir demain s’il y aura plus de monde.
J’arrive à l’école. Le garde est un nouveau, il faut trouver Cécilia si je veux rentrer. Elle est juste à l’entrée. On se retrouve. Ils sont tous habillés classe et chic, on ne m’avait pas prévenu. Mais je reste fidèle à moi-même habillé en voyageur (baroudeur pour d’autres). Je rencontre Valentina qui accepte que je vienne dans sa classe après celle de Cécilia (et oui, ici c’est le matin les primaires de 8h à 12h et le Collège de 14h à 18h) Mais aujourd’hui, jour de rentrée, rendez vous à 9h jusqu’à 11h30 pour les primaires et de 12h à 14h pour le Collège. Je rencontre aussi la professeur de culture religieuse (orthodoxe). Je lui demande si je peux participer à un culte orthodoxe avec elle. Elle me dit qu’il n’y a pas de souci. Elle m’annonce aussi qu’elle a une sœur en doctorat de science de l’éducation et qu’il serait possible de la rencontrer. Je ne demande pas mieux.
On va sur la cour de récréation (la seule fois de l’année où elle est vraiment utilisée, les récréations se passant dans les couloirs). Tous les enfants arrivent avec leurs parents et leur famille. Les enfants sont habillés pour la plupart avec l’uniforme. Boléro à carreaux blancs et noirs, pantalon foncé avec chemise blanche et cravate rouge pour les Garçons. Et jupe et boléro à carreaux blancs et noirs avec chemise blanche et cravate rouge pour les filles. Les parents sont tous avec leur appareil photo et caméra. Les enfants ont tous à la main un bouquet de fleurs. La cérémonie de rentrée commence. Discours de la directrice et deux autres professeurs, (normalement il devait y avoir celui d’un prêtre orthodoxe qui devait venir.) Et puis c’est l’appel des classes. Les 4e (c’est-à-dire les CM2), font une haie d’honneur en levant leur bouquet. On appelle d’abord les classes de 1ère année qui passent entre cette haie d’honneur de fleurs. C’est trop beau et très simple. (On pourrait faire ça chez nous. Ça marquerai le jour de la rentrée qui est peu un jour comme les autres chez nous.) Puis les élèves montent rejoindre leur classe. Chaque classe est appelée et passe par la haie d’honneur. C’est au tour de celle de Cécilia de monter. Je les suis.
Elle installe ses élèves dans sa nouvelle classe de physique. Elle présente le nouveau, le fonctionnement de la classe. Je note tout sur mon carnet. Elle me demande de me présenter. Je leur montre la vidéo de présentation des classes il y a des regards qui changent. Les deux heures passent très très vite. J’apprends beaucoup. Je rencontre une classe que j’ai vraiment envie de connaitre. A la fin, les enfants qui sont montés avec leur bouquet de fleurs les offrent à leur professeur. Et Cécilia les reçoit un par un, pour les remercier, les embrasser et les prendre dans leur bras. Ici les instituteurs (qui sont majoritairement des femmes) sont très câlins avec leurs élèves. Ainsi Cécilia se retrouve avec son bureau jonché de fleurs.
Ça sonne. Les enfants descendent rejoindre leurs parents. Cécilia remonte et distribue ses fleurs aux personnes qu’elle aime bien (femme de ménages, la vendeuse de journaux, la patronne de l’after-school). Je reçois cinq bouquets à donner au père Daniel pour fleurir l’église. Cécilia part à son after-school.
Je rejoins Valentina, prof titulaire, pour ses 2 premières heures avec sa classe. Ça va très vite encore. Elle s’attarde pas mal sur le procès-verbal que les enfants doivent signer. Je note tout et encore je suis surpris par bien des choses. C’est déjà fini. Valentina doit partir rapidement. Pas le temps de faire un débriefing avec elle, mais demain j’ai cours avec elle à 14 et 15h.
Je retrouve Angela dans la salle des profs. Elle m’invite à manger chez elle, mais s’inquiète d’être mauvaise cuisinière. Je la rassure que je suis comme elle, j’aime tous ce qui est modeste. On discute beaucoup sur le chemin, chez elle, et sur le retour. J’aime beaucoup son franc-parler. Elle dit que les roumains depuis la chute du communisme sont francs et vrais comme elle. Moi, j’aime bien, ça évite de devoir savoir ce qui est vrai ou pas. Chez elle, je me régale même si elle se dit pas très bonne cuisinière. Je m’enivre de ses connaissances et des ses pensées. On parle du système de rentrée, de sanction et de surveillance, de culture et de lecture française, de rédaction de romans, de mon projet et d’éducation. On finit notre conversation en me disant qu’elle m’envie dans mon voyage. Et que c’est vrai que j’ai eu de la chance, en France, pour financer mon projet, mais aussi en Roumanie de rencontrer des personnes comme eux. Je la quitte. Elle me dit juste avant de partir qui si les week-ends je veux faire du pingpong, basket-ball ou autre elle sera bien contente d’être ma partenaire. Ça fait toujours plaisir. Je prends le métro. Et je rentre direct. J’ai plein de devoirs.
Une fois arrivé au presbytère, je vois enfin le père Daniel avec qui je n’avais pas eu le temps de parler depuis trois jours. Je donne les fleurs à Dolra qui directement fait des bouquets pour l’église. Je m’enferme dans ma chambre. Je donne des nouvelles à la famille. J’actualise mon site et il est déjà l’heure de manger. J’ai la chance de pouvoir manger avec père Daniel, Dolra et Mihia, et cette fois ci, père Daniel est là pour faire la traduction en Français. On parle de la soirée d’hier, de fromage, de mon prénom. Je goûte un vin maison pétillant. Ils m’invitent à la préparation et la distribution des repas pour les pauvres qui a lieu samedi. On débarrasse ensemble. Je les quitte pour faire mes devoirs. Je réponds à deux écoles qui m’ont écrit. Qu’est-ce que ça me fait plaisir, cette relation ! J’écris. Demain réveil 6h30. Je vais vite me coucher. A demain.









