Et oui ! Ici, on a beau être le mercredi, on va à l’école et je me réveille encore à 6h30. Je me dépêche, j’arrive au tram, il reste juste une petite place pour moi dans le premier tram. Je m’y glisse. Je sors du métro, je vois une femme devant moi courir très vite sur le passage piéton, je me demande s’il y a une voiture que je n’aurai pas vue qui arrive. Non, je m’interroge et je comprends, qu’en fait, elle a vu le bus qu’elle et moi devant prendre. Je cours derrière elle pour essayer d’avoir ce fameux bus. Elle l’aura. Pas moi. Je découvre la frustration de courir pour rien derrière un bus. J’attends le suivant.
J’arrive à 200 mètres de l’école et il y a une autre maîtresse qui me reconnait, qui m’attend et on fait la route ensemble. On parle anglais. On arrive devant le portail, elle va rejoindre ses 1ers. Je vais rejoindre ma classe. Comme d’habitude, j’installe le pc et j’attends avec les enfants qui jouent partout. Je fais un petit tour des prénoms et ils sont toujours très fiers qu’on retienne leur prénom.
Cécilia arrive avec du retard, elle vient directement vers moi, me dire que le bus qu’elle hait tant, a crevé, puis il y a eu un bouchon avec le tram. Il y a des jours comme ça, elle commence directe sa leçon. Les résumés de leçon sont très cours ici, mais ils ont pas mal de documents avec leur nombreux manuels. A la récré, Cécilia a proposé aux enfants de venir me voir pour que je traduise en français, les mots qu’ils me disent en anglais. Les filles sont très contentes de commencer à compter et d’apprendre les couleurs. Les gars viendront plutôt à la deuxième récré, on en profitera pour faire une bataille de pouce. Les cours continuent. Cécilia profite d’avoir le Tableau Blanc Interactif pour projeter des exercices en plus, un PowerPoint sur l’histoire… les enfants apprécient beaucoup. Par contre dès que Cécilia n’arrive pas à allumer le vidéoprojecteur, les enfants se tournent moi, disent « Lancelot » et je dois aider Cécilia à l’allumer. Ça va très vite, c’est déjà la fin, Cécilia leur annonce que demain je fais la leçon de science. De grands regards curieux se tournent vers moi.
Je retrouve Angela dans la salle des profs, je dis au revoir à Cécilia et Angela me présente ses deux prochaines leçons. La première, normale, ça me fait toujours du bien d’entendre de l’anglais, et ses cours d’anglais sont vraiment dynamiques et intéressants. (À tel point que quand elle pose une question ou pose un exercice j’ai envie d’avoir leur âge et de lever la main pour répondre. Je réponds dans ma tête, c’est déjà pas mal.)
Le deuxième cours est très intéressant car il se passe avec des 7e (4e en France) d’anglais renforcé et elle leur propose de faire un jeu de rôle par groupe de 4. Le sujet est très bien amené (the week-end of nightmare) et les élèves sont déjà dedans. Leur yeux imaginent les scènes possibles au fur et mesure des consignes il y a une belle dynamique avec des suggestions intéressantes. Angela m’avait prévenu que cette activité plaisait mais je ne pensais pas à ce point. Une fois les groupes faits et les consignes données. Les groupes se font plaisir dans leur imagination et ce n’est pas l’anglais qui les freine. Il est déjà l’heure, ils n’ont pas vu le temps passer. Moi aussi j’aurai bien aimé être à leur place avec des potes faire le sujet. Mais bon je vais revenir au cours prochain pour voir la suite ça sera déjà pas mal.
Je remercie Angela et retrouve Valentina. On va ensemble à son cours de français avec ses 8e (c’est-à-dire les 3e en France). On a travaillé le sujet du cours ensemble et elle compte sur moi pour la lecture de l’histoire. Je n’ai pas compris que le texte faisait 8 pages. Je m’arrête à la première. Valentina fait preuve d’une adaptabilité sereine. Ils lisent et je dois reprendre leur imperfection. C’est là que je me rends compte du vrai travail d’un professeur de langue. Parce que j’avais tendance à me dire que tant que je comprends je laisse mais Valentina reprenait la moindre erreur de prononciation. Il est vrai qu’autant qu’ils apprennent bien tout de suite. Après on donne la signification des mots inconnus, je donne des synonymes, je mime, je fais rigoler la classe. On continue le texte et cette méthode. Le cours est très sympa mais je trouve que le texte est un peu long pour un début d’année. Je me rends compte de la peur d’un prof de langue qui ne veut pas leur apprendre des fautes. Valentina me fait rire quand elle veut leur apprendre une expression avec « gueule », je la regarde, je me demande à quoi elle pense, elle me dit c’est une expression de l’argot quand on veut que quelqu’un se taise : « la gueule ». Je suis très surpris qu’elle leur apprend ça. C’est sûr que c’est bien de comprendre quand un français vous dit ça mais j’espère qu’ils ne vont pas trop l’employer. Le cours passe très vite c’est très intéressant. Valentina m’invite à revenir au cours prochain. Je remercie Valentina. Et je rentre.
Sur le chemin du retour, je passe par une pâtisserie que j’ai repérée, n’ayant mangé que des crackers et une pomme. Depuis le temps que je voulais découvrir ces pâtisseries. Je me prends un « gogosi au chocolat », un genre de gros beignet trop bon et un « covriga », un genre de gros bretzel aussi trop bon.
Je rentre au presbytère, je fais un peu mes devoirs mais surtout je prépare mon cours de science pour demain. Et faut que j’y mette des expériences. Les enfants m’attendent au tournant. Ainsi j’y consacre une bonne partie de ma soirée. Mais c’est quelque chose de très agréable. Je vais manger. Dolra, sa nièce et père Daniel sont là, mais père Daniel part à l’anniversaire de sa sœur. Ce soir, c’est moules (mais des très grosses) et ici on les mange revenues à la poêle avec une très bonne sauce, sur tranche de pain grillée, tartinée d’une sauce à l’ail. Et j’avoue que c’est particulièrement bon. (Il faut juste couper les géantes moules avant.) Et ça change des moules marinières classiques. C’est très nourrissant. Et en plus en dessert, j’ai droit encore à quatre gros gâteaux-biscuits (dont j’ai déjà oublié le nom) alors que j’étais déjà repu. Mais bon, il faut faire honneur au plat et savoir se sacrifier. Et c‘est vrai que ça en valait le coup.
Je dis au revoir à Dolra et sa famille. Je rentre dans ma chambre. Je fais mes devoirs je me couche. A demain.









