Après une grosse pluie pendant la nuit, j’attends mon réveil pour sortir du lit. Mais m’étant trompé la veille, je me réveillerai à la bourre pour les rejoindre à la messe du matin. Rien de tel que de commencer par un temps de prière dans cette reposante chapelle extérieure. Le petit déjeuner est en silence avec écoute d’une musique. Je retrouve le même repas que j’ai mangé hier soir. A la fin du repas, Sœur Marie-Laure me confie Marcio comme référent. Je prends le temps de découvrir un français Jérôme, installé ici depuis un an en lien avec la communauté. On se présente nos parcours. Il est très sympa, breton, il s’est installé ici avec son épouse et ils viennent d’avoir un bébé. C’est avec lui que je dois voir pour les services à rendre pour la communauté. Je prends les dernières infos, en même temps que des canards viennent manger à 2 mètres de nous, tout est plus tranquille ici. Pour les derniers points, ils n’ont plus accès à internet depuis un mois. Ils vont soit chez des voisins, soit dans un centre commercial. Je serai obligé d’en faire de même, je m’adapte. Pour l’eau, au robinet, elle n’est pas potable, ils me montrent les sources possibles. Armé de toutes les infos dont j’ai besoin, je commence ma journée. D’abord je rentre dans ma chambre, (quand je ouvre la porte un petit lézard qui tombe, ça fait toujours son effet !), une petite toilette, j’écris et à 10 heures, je sors pour les services.
Je retrouve Jérôme, qui me demande ce que je sais faire (peinture, maçonnerie, débroussaillage ?), je lui dis que j’apprends vite. Alors, il a un peu de ciment à refaire pour boucher certains trous, des tuiles à réparer sur certains toits et le champ en bas à raser. Ce sera ce dernier qui me sera réservé. Il me sort une tenue adéquate, la fameuse débroussailleuse et l’équipement nécessaire. Il m’enseigne comment l’allumer, faire le plein et changer les fils coupant, et je suis parti. Ça m’amuse de m’imaginer qu’il y a une semaine j’étais dans une école au Pérou caméra à la main, en train d’aider Santiago à écrire et là, je suis au milieu d’un champ au Brésil débroussailleuse à la main, en train d’exterminer des plantes que je ne connais même pas. La vie est drôle !
Après une bonne heure et demie, à couper une partie du champ, à me pendre la tête sur comment changer vraiment les fils, à la rallumer, à bronzer et être en nage sous le soleil et l’humidité, la panne sèche d’essence sonne la première fin de mon service. Je n’ai pas le temps de refaire un plein, je continuerai demain. J’aide vite fait mon ami Jérôme pour changer les tuiles d’un toit de salle à manger. Ici, c’est beau ! On voit l’armature et directement les tuiles de l’intérieur, pas de faux plafond ou d’isolation, ils n’ont pas les mêmes besoins. Je découvre ainsi comment sont faits ces fameux toits de tuiles. Il prend deux tuiles, il regarde en bas dans la salle et demande s’ils voient les autres cassées, c’est assez simple au final, ça ressemble à des Lego.
J’ai juste le temps de me prendre une douche avant de rejoindre le temps de prière. J’aime beaucoup les chants en portugais. On va manger, j’aide à mettre la table, et je découvre un nouveau plat : riz et haricots blanc qui sont la base de tous les plats au Brésil puis un mijoté de légumes-fruits de mer. J’apprécie beaucoup la découverte et en plus c’est très bon. Ils ont l’habitude de rajouter de la farine grossière de maïs en plus dessus. Et le petit plus ultime, en boisson je retrouve avec plaisir le jus de « maracuja » (fruit de la passion) que j’avais vraiment apprécié au Pérou. Une bonne ambiance pendant le repas, ils me racontent leur problème avec le péage et les travaux d’à côté. Les sœurs ne sont pas bien perçues par les villageois et les travailleurs. Lors des dernières réunions de quartier, il y a des bagarres entre hommes suites à certaines questions posées par les sœurs. Les frères rigoleront en disant que « oui, les sœurs sont dangereuses ! » En dessert, un peu de melon jaune. Eux préfèrent la gélatine sucrée. On fait ensemble la vaisselle. Quoique, il y a la vaisselle des hommes, (les casseroles qui demandent à être frottées plus dur) et la vaisselle des femmes, (les éléments qui demandent plus de délicatesse). Je suis le seul à la vaisselle des hommes, on compte déjà sur moi !!
Après le nettoyage, je pars avec les sœurs aux temps d’aide scolaire avec les enfants à l’école en haut de leur terrain. Une petite marche et je découvre le terrain et les salles aménagées pour aider les enfants dans le besoin. On ouvre les salles et très vite, des jeunes arrivent. Des petites de 5-6 ans, des moyens de 8-10 et un groupe de 12-14 ans. Ils commencent par un petit temps de prière. Puis, ils me présentent puisque j’intrigue les enfants. Je les suis pour aller dans leurs petites classes. Un coloriage avec les 5 petits, un cours de maths avec les 4 moyens et les 5 plus grands, ça a l’air tranquille aussi. La sœur avec les plus petits les prends un par un pour voir un point. Moi, je surveille les autres, et leur propose un petit jeu de « trouve dans quelle main est le crayon ? », ça prend tout de suite et ça les amuse beaucoup même si je ne parle pas. Après, ils apprennent tous ensemble quelques chansons avec des gestes. Très agréable. Puis, ils courent vers le goûter préparé par les grands, et c’est la récré. Très vite, je suis sollicité pour les faire tourner dans le petit tourniquet. Puis pour faire un football avec les gars, et enfin, les faire tourner dans les airs dans mes bras (et oui, « vueltas forever » !). Ainsi, je sympathise rapidement avec eux. C’est déjà l’heure qu’ils partent. Normalement, ils reviennent demain pour la fête de la St Jean, qu’ils font en avance. Ça risque d’être sympa. En tout cas, les enfants sont beaux, on a quitté l’uniforme pour le traditionnel short, marcel, tong brésilien. J’ai hâte de voir comment c’est dans une vraie école.
On redescend, Sœur Marie-Laure et d’autres sont surpris de me voir transpirant, je leur explique déjà mon investissement. Je me retire dans ma chambre pour une petite douche de rinçage, et pour écrire. C’est déjà la nuit. Un petit temps de prière dans cette chapelle où l’on retire ses sandales avant de rentrer (c’est tellement plus agréable d’être pied nus pour prier) puis un repas (petit-déjeuner) dans le calme de la musique, aujourd’hui à la place de la bouillie de manioc, ce sont des petits épis de maïs cuits à la vapeur à croquer. La vaisselle ensemble, il commence à bien pleuvoir et je me dirige vers ma chambre. Mon voisin de chambre n’a pas l’air bien, je travaille, j’écris et je lis, mais mon voisin est vraiment malade. Je me couche. Pendant la nuit, je crois qu’il est allé voir le médecin. Et ce n’est qu’au petit matin que la pluie se calmera. A demain.









