Je dors bien profondément pour récupérer de la journée d’hier et de la nuit en avion. Je me réveille naturellement après 12 heures de sommeil donc à 7h du matin. J’entends la ville qui a l’air déjà bien réveillée, elle a repris son chant de klaxons et de moteurs. Je me rendors et me réveille au gré des bruits extérieurs. Le téléphone sonne à 10h, c’est le réceptionniste pour le petit-déjeuner, je leur dis que je descends. Une fois en bas, ils me disent qu’ils vont m’apporter le petit-déjeuner dans ma chambre car ils sont déjà en train de laver. Je remonte, le petit-déjeuner arrive : un thé indien, avec du pain de mie et de la confiture choco-BN. Il est simple mais offert, je me rattrape sur la douche … froide, je n’avais pas vu qu’il y avait un bouton pour faire chauffer le ballon d’eau chaude. Je range mes affaires et je redescends avant midi pour ne pas payer une nouvelle journée.
Le réceptionniste, connaissant mon horaire de train, me propose de laisser mes sacs gratuitement à l’hôtel et de revenir les chercher avant de prendre le train. Ainsi, je pars libre à la découverte de Jaipur surnommée la ville-rose. Je marche un peu au gré des agitations rencontrées, sans faire de plan, j’ai l’adresse de l’hôtel en poche. Je pense quand-même essayer d’aller en direction du temple rencontré la veille. Je fais des vidéos de cette agitation hors du commun européen. Beaucoup me proposent de monter sur leur pousse-pousse vélo, ou leur toc-toc. Je les remercie, pour l’instant je marche.
Je rencontre un accident où un policier crie pour se faire entendre et donner raison. Je croise des chameaux, des vaches, des ânes, des cochons. Je fais le tour du marché avec ses senteurs épicées. Je suis suivi par un gars qui pense pouvoir m’aider pour de l’argent, je l’ignore et il s’en va de lui-même. Mais il faut quand même 4-5 minutes pour qu’il comprenne.
Je vois des enfants avec leur uniforme, rentrer de l’école à pied, en vélo, même les petits ont des toc-tocs spéciaux qui prennent tout le groupe et les déposent un par un devant leur maison. Je suis le flux inverse des écoliers sortant pour remonter jusqu’à l’école. Je me retrouve devant l’école, je sors ma camera et fais une photo. A peine l’appareil sorti, qu’un enfant en vélo me demande que je le prenne en photo. Je le prends, je lui montre, il est content. Il parle un peu anglais, on échange nos noms, il s’appelle Ravi, je lui demande de m’aider à trouver le temple au milieu de l’eau, je commence à le suivre. Je lui pose d’autres questions et je saisis finalement qu’il ne comprend pas mais qu’il répète ce que je dis. Je lui chante une chanson, ça l’amuse beaucoup, puis on se sépare. Rencontre très amusante, les enfants sont très accessibles, un bon point pour le projet.
Je continue ma route. Au final, je rencontre un monument touristique, le musée central, j’en fais le tour, je fais des photos, je regarde les prix mais je ne rentre pas. Je continue mon chemin, je ne rencontre plus grand-chose, si ce n’est des quartiers et la population locale qui me regarde toujours comme une espèce rare. Je décide de prendre un toc-toc pour aller directement au temple rencontré la veille. Le premier toctoc ne comprend pas, le deuxième, je trouve que c’est trop cher, je vais voir avec un autre. J’arrive sur un groupe de toc-tocs, un me demande où est-ce que je veux aller, je lui décris le lieu. Il ne comprend pas, ses amis chauffeurs arrivent, essayent de comprendre avec lui, je mime, je réexplique, ils me donnent des noms mais ça n’a pas l’air d’être ça, ils vont me chercher un gars qui parle anglais, au même moment que je me rappelle que j’ai la photo sur mon petit appareil. Une fois le cliché sous leurs yeux, tout le monde comprend, et enfin on … négocie le prix. Le même prix que l’autre, je n’arriverai pas à faire descendre donc, obligé de retirer de l’argent sur le passage, pour les payer. Je ne me balade pas avec beaucoup d’argent, on ne sait jamais.
On est parti, j’ai droit à deux chauffeurs à l’avant. Il y a quand même 20 km, je n’ai apparemment pas réussi à m’orienter vers le bon chemin. Mais ils ne comprennent pas que j’ai juste besoin d’un ATM pour retirer des sous, ils veulent me faire passer par une banque de change, il me passe un gars au téléphone, pour qu’il me demande combien je veux échanger, j’explique encore à la personne au bout du fil ce dont j’ai besoin, il comprend et explique au chauffeur (qui téléphone en conduisant). Enfin, il me dépose à un ATM, content qu’il ait compris, mais malheureusement, je ne réussi pas à retirer, cette ATM n’est pas comme d’habitude, ça ne marche pas. Je ressors et demande un autre, en espérant que ça marche pour ne pas avoir d’ennuis. L’autre est comme ceux que je connais, je sors, je peux les payer, on arrive au lieu tant désiré. Je les paye et les quitte.
Là, j’essaye de faire de belles photos, la lumière est pas mal. Pas mal de touristes, et de stands à touristes. Un marchand veut me vendre une sculpture d’un cheval grosse comme un ballon de football, je ne me vois pas faire le reste du voyage avec ça. Je me balade sur le quai du lac, avec ma caméra, le meilleur moyen d’attirer les … enfants. Deux m’ont repéré, ils veulent me faire un show, je leur dis d’accord, je sens venir le truc mais bon … le petit de 8 ans se fait arrêter par le grand de 12 ans, c’est le grand qui fait le show. Il me propose un spectacle de magie, je filme, et il gère vraiment ses tours de passepasses où tu ne comprends rien tellement que ça va vite mais la pièce n’est jamais où tu t’y attends. Bien sûr à la fin, ils me demandent de l’argent, je négocie 20 rupees. Mais le hic, c’est qu’ils sont deux et je n’ai qu’un billet. Le deuxième aura aussi un autre billet.
Je les remercie après avoir demandé leur nom, je me dirige vers un temple au loin, en chemin, je croise des chameaux et des petits écureuils touts rigolos. Je visite le jardin de ce temple pour 10 rupees. J’aime bien le comportement des touristes indiens qui sont très posés. Je prends un toc-toc pour rejoindre le temple dans les hauteurs. Je prie pour qu’il ne double pas dans les routes sinueuses et étroites de montagnes. J’arrive là-bas vivant, c’est l’essentiel. Je retrouve beaucoup de touristes et même quelques européens, ça fait plaisir. Des enfants essayent de vendre aux touristes des genres de pains pas cuits qu’elles gardent dans leur main. Une voudra encore que je la prenne en photo, « yes, but I haven’t money » et je continue.
Je monte pour accéder à ce beau monument, je fais pas mal de photos, je découvre les lieux. Très intéressé par l’architecture, la vue, la lumière du soleil qui commence à se coucher. Je redescends dans le but de rejoindre l’hôtel. Naturellement, il y a plein de toc-tocs juste devant. Un homme vient spontanément me demander, je négocie le prix, pour aller jusqu’à l’hôtel, bien sûr ils ne le connaissent pas mais le prix est fixé, 130 rupees. Je pars avec un chauffeur qui pense savoir où c’est, qui demande à ses collègue sur la route, qui téléphone. On roule pas mal et traverse encore beaucoup de quartiers que j’aime voir et revoir. On frôle mais pour une fois celui-ci ne klaxonne pas beaucoup. Et finalement, je commence à reconnaître les lieux, on passe devant. Je reconnais et lui dit. On fait demi-tour me dépose. Je paye le prix fixé mais pour une fois, j’ai réussi mon coup puisque le trajet valait beaucoup plus. On se prend au jeu de marchander avec eux finalement. J’avoue que c’est un coup d’ chance, mais demander le prix avant ça permet de ne pas trop se faire avoir.
Je rentre à l’hôtel, je commande un plat au resto juste devant. Mais pour avoir une idée de ce que je vais manger, je demande le plat qu’a commandé la table d’à côté. Le plat arrive, ça va c’est une bonne méthode, en plus c’est bon pour pas cher. Je récupère mes affaires (qui n’ont pas bougé, ouf…) et je reprends un toctoc direction la gare.
Bien sûr, il y a un monde fou, le chauffeur de taxi m’avait dit d’aller voir le « Enquari », pour connaître le quai de départ. Je trouve assez facilement. Mais les « renseignements », ici, c’est juste une vitre de guichet avec un panneau blanc de l’autre côté avec écrit au Velléda les informations en Indi. Et en plus de ça, il y a une foule amassée devant cette vitre à la recherche de l’information. Je me dégonfle pas, je vais voir, essaye de m’insérer, je remarque que les chiffres sont au moins en arabe, je repère mon train grâce à son numéro et entre deux têtes j’arrive à voir que je dois aller sur le quai numéro quatre. Ouf …
Je vais sur le quai et j’attends, étant plus de 3 heures en avance. Je regarde comment se passent les chargements pour les autres trains, je récupère des informations. Puis je regarde mon ticket de train où c’est écrit terminus : « Bandras », eu… Panique : est-ce que ça va bien à Bombay, est-ce qu’il faut que je descende à un endroit, est-ce que je devrais encore prendre un autre train après ? Je cherche l’information et je demande à des futurs passagers. Ils réussissent à me faire comprendre et me rassurer que Bandras est dans Bombay. Tranquille, j’attends mais mon train arrive avec plus d’une heure d’avance, on peut déjà rentrer.
Je me place un peu n’importe où. Je comprends : la classe « sleeper », c’est des box de huit. 2×3 places face-à-face et 2×1 place aussi face-à-face, avec le couloir entre les deux. La classe sleeper, a la possibilité de faire 8 places allongées dans chaque box, avec trois étages de lit avec 1 mètre entre chaque en relevant et fixant le dossier de la banquette qui fait le deuxième étage et donc, ce que j’avais pris pour des ranges-bagages en haut, étaient en faite le 3e étages de lits. Ravi d’avoir compris ça, j’attends … jusqu’à qu’une famille me demande quel est mon numéro de place. Je regarde mon billet avec elle pensant que je n’en avais pas, mais je me trompais, je change de wagon, et je découvre la place où je vais passer mes 18 heures de trajet.
Dans le box où est censé m’attendre ma place, il y a déjà deux familles avec tous leur bagages et ils ne sont pas 7 mais 14 avec 5-6 enfants. Je leur dit que ma place est dans ce box, ils m’invitent à prendre la seul place de libre, la banquette du haut, celle que j’avais pris pour un range bagage, avec mes deux gros sacs. Je comprends que je vais dormir ici, sur les 2 m² de la banquette avec1m² occupé par mes bagages. Mais c’est l’aventure, je trouve ça vraiment unique même si je ne ferai pas ça tous les jours et que je réalise que peu de personnes pourraient faire ce que je fais.
Les deux familles sont très accueillantes, me proposent de la nourriture, les enfants veulent me découvrir, ils parlent un peu anglais. On essaye de s’amuser jusqu’à ce que le grand de 12 ans me dise « don’t talk them ! » Ça refroidit, je ne veux pas avoir de problème, je mange un peu et j’essaye de trouver comment je vais dormir.
D’abords une position, je prends mon foulard comme coussin et cache-œil. Puis une autre, mais toujours inconfortable, j’enlève mes chaussures, j’essaye encore une autre, j’écoute de la musique. Je tente la position « fœtus ». En même temps, en bas ça discute pas mal, il y a deux bébés qui pleurent chacun à leur tour, le bruit incessant du train, de son sifflet, le bruit des portables, les parents s’installent et éteignent la lumière tard. Au final après de multiples « somnolages » inconfortables, vers 2 heures, je trouve enfin une position en me retournant complètement.









