Résumé du Québec

Ah ! Mon cher voisin du banc de l’école du monde !

Comme ça fait plaisir de te retrouver, allez, on est reparti pour un résumé d’un mois et demi de folie au Québec, même si la tâche n’est jamais facile tellement j’ai de choses à te raconter. Comme toujours, je t’écris du pays qui arrive juste après celui que je vais te raconter. Aujourd’hui, je suis donc au Pérou, où j’ai le plaisir de retrouver la chaleur et l’ambiance des pays comme l’Inde. Mais comme d’habitude, je t’en parlerai à la prochaine Newsletter.

Le Québec, par où commencer ? Aller par le début, je suis arrivé et j’ai été accueilli pour mes quinze premiers jours à Montréal par la même communauté de Frères que celle rencontrée au Japon. Toujours très accueillants, j’ai passé d’agréables moments avec eux. J’ai discuté avec un frère qui m’a fait un résumé de l’histoire du système éducatif du Québec, et un autre avec qui j’ai beaucoup partagé sur le collège et l’éthique en classe. J’ai pu passer pas mal de temps avec eux puisque mon projet d’observer une école publique pendant les quinze premier jours a été rapidement compromis. J’ai reçu un mail de l’institutrice me disant que son nouveau directeur n’était plus ouvert à la rencontre. Pourtant, c’était la première fois que j’avais préparé un contact aussi bien six mois à l’avance. Comme quoi ! Il y a toujours des surprises. Bien sûr comme d’habitude, je m’adapte. Après une grosse nuit de 12 heures de sommeil pour rattraper les 12 heures de décalage qu’il y a avec le Japon, je me mets très vite à faire des recherches d’autres écoles susceptibles d’être intéressées par mon projet. Mais je ne me fais pas d’illusions, dans ce pays québécois, très cartésien et organisé comme la France, accueillir un observateur du jour au lendemain, c’est très rare. Mais qui ne tente rien à rien.

Et j’ai bien fais de chercher, parce que même si je n’ai pas trouvé une école dans laquelle prendre une place au fond de la classe, j’ai quand même découvert, au hasard de mes recherches, un programme très intéressant proposé dans certaines écoles. Ainsi, j’ai eu la chance de pouvoir parler via Skype avec le responsable de formation pour le Québec du programme : « massage dans les écoles ».  Le concept qui marche dans plusieurs pays, est la mise en place d’une « routine » de 15-20 minutes de massage entre les élèves habillés. Les bienfaits sont très rapidement visibles ; meilleure cohésion du groupe, meilleure acceptation de son corps et celui des autres, meilleure concentration. Ainsi, après qu’il ait pris le temps de bien m’expliquer il m’a invité à voir  une journée dans une école. Dans la classe, ils sont déjà installés par binôme, un à cheval sur la chaise, l’autre derrière les manches relevées. La base : dans le respect et le silence, on commence par lui demander, une main sur l’épaule, le regard dans les yeux : « est-ce que tu me permets de te faire un massage ? ». S’il répond oui, dans un respect de confiance, le masseur ne doit plus cesser de toucher le massé, afin de ne pas sentir un sentiment de frustration, d’appréhension, à ne pas savoir où est le masseur, ce qu’il fait … la formatrice dira même pour ne pas sentir un sentiment d’abandon. Et il arrêtera de le toucher quand il lui aura dit « je te remercie de m’avoir permis de te faire un massage ». Et oui, le programme est réfléchi pour instaurer aussi le respect et la confiance.

La formatrice leur apprend quelques mouvements, avec des noms amusants qui  permettent de retenir les mouvements, comme par exemple : les lunettes, le boulanger, le coiffeur … Le but étant qu’ils connaissent à la fin, l’enchaînement entier des quinze mouvements différents à exécuter sur leur camarade, pour qu’au final ça ne dure que 20 minutes, 10 minutes sur l’un, 10 minutes sur l’autre après avoir changé de rôle. Après la formation, le professeur a juste à reprendre le nom et le nombre de mouvements et les enfants exécutent leur « routine », soit pour commencer la journée, soit après la récré, ou encore pour avoir besoin d’un retour au calme. Ainsi, rien que de les observer à la deuxième séance, on voit certains enfants qui se laissent vraiment entre les mains de leur camarade, qui profitent et se relaxent vraiment. Les masseurs essayent vraiment de faire ça avec beaucoup d’attention et au final, ils ont l’air d’apprécier de donner un massage. L’atmosphère dans la classe est déjà très calme. Des garçons massent des filles et vice-versa, ainsi il y a en même temps une éducation du respect du corps de l’autre tout en apprenant à prendre le temps de respecter le sien. Enfin, les professeurs disent que ça change sincèrement l’ambiance de la classe, plus ouvert les uns avec les autres, plus calmes et plus concentrés, il y a beaucoup d’effets bénéfiques. Finalement, j’étais très content de découvrir ce nouveau concept et d’apprendre qu’il existe aussi en France. C’est sûr que d’une manière ou d’une autre, je le mettrai en place. Je note pour ne pas oublier et j’invite tous les professeurs qui me lisent à y réfléchir.

Sur les quinze premiers jours, ce sera mon seul temps d’observation dans les classes, ce n’est pas typiquement québécois, moi je suis bien content de l’avoir rencontré sur mon parcours. Mais j’ai quand même bien profité de ces jours plus calmes pour faire un peu de secrétariat de mon projet : préparation des prochains contacts, dernier billet d’avion pour l’Ouganda, rapport sur la Chine, sur le Japon, les vidéos en retard … Mais, je ne suis pas resté enfermé dans la maison des frères, j’en ai profité bien évidement pour découvrir la ville de Montréal. Une petite tempête de neige le 3e jour de mon arrivée, m’a permis de la découvrir sous son manteau blanc. J’ai découvert par la même occasion comment la ville s’organise pour continuer ses activités et déneiger rapidement les voix de circulations. La ville est fort intéressante, pleine de beaux bâtiments. Il y a une harmonie, un esprit, une ambiance qui la rendent agréable à s’y balader. La vue sur le Mont-Royal est super. La nature et notamment les animaux ne sont pas peureux, les écureuils viennent manger dans ta main et les ratons-laveurs se posent à côté de toi pour manger un festin trouvé par terre.

Sinon, il faut que j’aille au Québec pour enfin faire une fête de la St-Patrick, j’aurai le plaisir d’assister à la parade, et de voir des bretons clôturer l’événement. J’en ai aussi profité pour rencontrer mes amis scouts (une belle famille où même si on ne se connait pas on s’accueille avec plaisir.) J’ai découvert enfin la joie de la gastronomie locale et le mois de mars, c’est le mois des cabanes à sucre. Au cours d’un anniversaire d’un des frères, j’ai eu la joie de goûter un de ces repas qu’on y sert. Le repas est composé d’une soupe de pois, un plat de viande (saucisses, lard, oreilles de crisse), omelette, haricots, pommes de terre que tu arroses généreusement de sirop d’érable, et tu finis par un dessert soit des pancakes au sirop, soit le gâteau du chômeur (très sucré dans son jus de sirop), ou soit normalement de la « tire », du sirop bouilli plus longtemps que tu refroidis directement en le versant dans la neige. Ainsi, sans être dans une de ces cabanes, j’ai découvert un repas équivalent, typiquement québécois et un peu sucré … (Bon j’avoue ! c’est la première fois que mon estomac a manifesté des difficultés alors qu’avec la nourriture indienne ou chinoise, c’était tranquille !)

Après deux semaines finalement plutôt riches, j’ai quitté la ville de Montréal pour rejoindre la ville de Québec, où plus précisément St Romuald, une petite ville à côté. Là, m’attendaient d’autres frères et enfin un collège ouvert à l’observation et à ma rencontre. Après une journée de visite de la ville de Québec, ce collège bien que catholique, me propose de belles différences à observer. Il a la particularité d’offrir un bel épanouissement aux élèves. Certes étant payant, il y a un niveau assez poussé qui ne représente pas forcément toutes les secondaires du Québec, mais j’y ai trouvé une belle ouverture sur le sport (concentration soccer, basketball, Multisports), sur l’art (harmonie, arts-plastiques, chorale, théâtre, et ouverture sur des talent show), sur les multimédia (option média-TIC, classe Ipad, …) et sur la spiritualité (cours d’éthique, citation tous les matins, système de paire (ou parrain pour aider les plus jeunes), et éducation de vie par des temps forts sur les différentes étapes importantes des jeunes.) Enfin, cette école ne se laisse pas envahir par les marques et il n’y a pas non plus d’uniformes, le collège le propose une collection de vêtements. Dans des classes de trente élèves, j’ai découvert pendant trois jours la classe Ipad. Les deux jours suivants étaient consacré à une classe de langue, et enfin j’ai fini pas une classe de concentration soccer, avec à chaque fois un niveau différent.

Pendant mes observations dans la classe Ipad, je me suis rendu compte que, à travers cet outil, les élèves développent une dimension très intéressante où ils acquièrent la capacité de chercher les informations sur le net, les restituer clairement, de structurer leur pensée ou de faire des schémas sur programme pour les aider à la structurer. Et même quand ils écrivent, ils prennent l’habitude d’utiliser des outils « oubliés » en cherchant dans un dictionnaire, ou le Bescherelle en ligne. Je constate qu’il y a un vrai potentiel, et qu’il faut adapter l’enseignement à ce que nous offre la société. Maintenant, je pense (comme beaucoup) qu’on devrait tendre de plus en plus vers un besoin d’apprendre à apprendre (savoir rechercher les informations qu’on a besoin sur internet, vérifier qu’elles sont correctes) puisqu’on ne pourra pas indéfiniment rallonger le programme scolaire qui devient de plus en plus en France, considéré comme une « corvée » pour tous les enseignants.

Pour rester dans l’informatique, j’ai aussi observé un cours de « média-TIC ». C’est une option pour les jeunes où ils apprennent à filmer, photographier, faire des présentations, enregistrer des musiques, développer de la robotique … Ils écrivent des scénarios, font des films muets, des effets spéciaux sur écrans verts. Ainsi, pour les élèves qui ont choisis cette option, ils sont très bien encadrés avec quand même beaucoup de libertés, de possibilités et de créativités, pour apprendre ce vaste domaine de connaissances au cours de leurs années de secondaire. Un bel investissement pour l’épanouissement des élèves. Là encore, j’aurai bien aimé avoir ça dans mon école.

En classe concentration langue : j’ai commencé par un cours d’histoire. Et j’ai eu la joie de découvrir un professeur très orateur, qui explique et parle comme un prof d’histoire qu’on aurait tous aimé d’avoir. En plus, pour moi, avec son accents québécois, (ou mon oreille habituée aux accents de France), je le trouve excellent. J’en profite pour découvrir l’histoire du Québec, très peu connue malheureusement en France. Son cours très bon est cependant ce schéma d’enseignement qu’on connaît tous : un prof savant qui instruit des élèves ignorants. Mais je m’interroge ; quand c’est vraiment bien fait comme ce professeur, ce n’est pas choquant. Est-ce que cette façon de faire est vraiment à supprimer comme le pensent certains ? Est-ce que ça peut correspond à tous les élèves ? De tout façon en université, c’est le schéma le plus courant, est-ce utopiste ou insensé de vouloir changer ça ? Encore une réflexion que je laisse en cours, celui qui a la réponse, merci de me contacter ;-) !

Sinon, en cours d’espagnol, je suis étonné par leur niveau dès leur 1e année d’apprentissage, après juste 6 mois de cours. Mais, en examinant un peu, je retrouve la recette qui marche le mieux que j’ai retrouvé dans certains pays, il n’y a plus de secret : le manuel est entièrement en espagnol et la prof parle quasiment tout le temps dans la langue enseignée et une dynamique de cours d’activités courtes en tous genres qui sollicitent différents aspects (oral, écrit, compréhension) tout en apprenant.

Enfin, en concentration soccer, j’ai compris qu’il y a des élèves qu’ont des besoins différents des autres toujours dans l’optique de s’épanouir, mais c’est encore un sujet qui demande réflexion à mon goût. Par contre sur cette fin de semaine avec eux, je remarquerai que la pédagogie par le relationnel, l’autorité et les attentes ne sont pas les mêmes. A titre d’exemple, il y a une grosse attention à bien expliquer ce qu’on attend d’eux pour les exercices ou une pratique de travail. Une enseignante les fera corriger en comparant leurs réponses par groupe au choix et à la fin elle demande qu’est-ce que ça leur à apporté de travailler par groupe, beaucoup diront qu’en s’expliquant les choses, on comprend mieux.

Au final, ces quinze jours furent aussi très riches en observation et en réflexion, de plus j’ai eu la chance d’être très bien accueilli par les frères et les professeurs, d’être invité par un professeur pour un repas avec sa famille et une super balade familiale dans la neige et la forêt québécoise à faire des embuscades, un de mes meilleurs souvenirs du pays avec celui d’un autre enseignant m’a invité à aller « courir les érables ». Ça je vous laisse voir directement sur le site en cliquant ici. Et les frères ont encore une fois de plus vraiment été sympas. Le Québec est un pays où les gens sont vraiment accueillants.

Mes quinze derniers jours, je les ai passés de retour à Montréal. Cette fois, j’ai quitté les frères, pour rencontrer une enseignante qui m’avait accepté en couchsurfing. En plus, de pouvoir découvrir son école, j’ai pu aussi découvrir un peu plus la vie québécoise, on a partagé de très bons moments, aussi bien avec son fils, qu’autour d’un bon repas, que, autour d’un repas avec son fils. J’ai aussi pu enfin refaire un peu de sport en allant tous les jours à vélo à l’école. Encore une super rencontre où elle a mis tout en place pour que je réalise mon projet. Et je n’étais pas déçu de rencontrer son école puisque plusieurs points en ressortent.

D’abord, j’ai pu observer sa classe de première année (CP en France). Ainsi, après deux semaines, j’ai enfin compris que c’était vraiment différent de chez nous même si ça n’en avait pas l’air à l’origine. Ici, pas d’uniforme, des classe de 16 à 22 élèves, un primaire en 6 ans, une semaine de 5 jours mais 5 heures par jour, une journée se compose de : 2 période de 54 minutes puis récréation de 15 minutes, une autre période puis repas de la boîte à lunch préparé à la maison dans les salles de classes, une 4e période, puis encore une récréation et enfin une dernière période pour finir vers 15h45.

Un point très important, les professeurs ont plus de libertés dans les programmes, qui sont relativement moins lourds. Pas d’inspecteur, et beaucoup de personnels d’aide, comme les psychologues, les orthopédagogues, les conseillers d’éducation, pédagogiques, d’orientation. Ainsi les élèves qui présentent des difficultés sont bien encadrés par des personnes compétentes. Les cours spécialisés (anglais, sport, musique, art) sont pris en charge par des professeurs formés en la matière et par contre, ils disposent d’un programme sérieux à réaliser au cours de l’année. La pédagogie est différente, les devoirs sont donnés le lundi à réaliser dans la semaine, toujours un point d’explication sur les attentes, et une méthode de lecture employée dans cette école à partir de : « raconte-moi les sons ». Pendant leur temps quotidien de lecture personnelle du midi, je me suis rendu compte qu’avec cette méthode, ils ne font pas que simplement regarder les images mais ils lisent vraiment et comprennent bien. Je suis agréablement surpris et me rend compte que l’enseignant a réussi le pari de leur apprendre le plaisir de lire. Il en est de même pour la méthode d’écriture.

Dans cette classe, en plus de créer une belle complicité avec les élèves, j’ai pu aussi avoir l’occasion d’observer une stagiaire en prise de charge de classe. Ainsi, je pense que peu de gens ont l’occasion de pouvoir voir comment ça se passe lorsqu’un stagiaire prend une classe en charge avant de se retrouver à cette place. Très formateur, j’en ai appris encore beaucoup puis on a eu l’occasion de pas mal discuter, sur la formation des enseignants au Québec, qui malheureusement ce n’est pas un de leur point fort.

Enfin, un dernier aspect que j’étais très content de découvrir dans cette école, un peu unique en son genre : était l’innovation pédagogique mise en place dans les iClasse de 3e, 4e et 6e année (CE2, CM1 et 6e qui fait partie du primaire au Québec) : « L’iClasse® est un modèle pédagogique d’intégration des TIC au primaire mettant en avant une gestion de classe participative (ateliers, projets, enseignement coopératif, etc.) et l’utilisation de multiples média comme les ordinateurs, iPad, iPod, centre d’écoute, tableau blanc interactif. »

Mais ce dernier point ne peut pas être résumé en si peu, je vous invite dès à présent à cliquez ici, pour découvrir cette pédagogie, mise en place par un doctorant, Pierre Poulin, qui va bien plus loin que simplement mettre des Ipad entre les mains des enfants. Une réflexion très poussée et très prometteuse qui, certes peut déranger, mais on ne peut pas aller contre l’évolution. En tout cas, j’étais très content de découvrir des classes qui peuvent être peut-être celles de demain. Là encore, j’ai pris aussi beaucoup de notes.

En plus d’observer, j’ai aussi pu mettre en place les relations Skype avec d’intéressants partages de classe à classe (en français mais beaucoup de différences tout de même.) Encore des moments forts où une fille québécoise de première année me dira qu’elle « a trop aimé quand ils ont chanté en breton ». J’ai aussi pu donner un cours sur les différents enseignements du monde à une classe de 2e année, un riche échange qu’il sera dur d’arrêter tant ils étaient curieux. J’ai pu m’improviser animateur pendant leurs récréations ; Lucky-Luke, balle américaine et jeux de mains vont rester dans cette cour pendant un temps, je pense. Enfin, pour bien m’habituer aux traditions des enfants du pays, comme eux, j’ai apporté tous les jours ma lunch-box pour partager mon repas dans leur classe.

Ainsi ce pays m’a encore fait découvert beaucoup de points intéressants sur l’éducation, tout en me présentant une culture très différente. Je le confirme les québécois sont vraiment très accueillants, joviaux, et ils aiment partager. Encore une fois, c’est un pays où j’aurai encore plaisir à revenir. Mais la prochaine fois ce sera en été, on m’a dit que c’était magnifique, et qu’ils connaissaient les extrêmes de température avec de bonnes chaleurs. Alors amis québécois, à bientôt.

Article-vidéos présents sur le site : visite du pays, visite d’une école primaire, et visite du collège en attendant les autres vidéos à venir : les iClasses, le lunch, la récré, le Skype…

Articles : recettes et cuisine québécoises, jeux québécois, chansons à apprendre, visites en photos de Montréal, de Québec et d’une cabane à sucre …

 

Allez à très bientôt pour la suite des aventures.

Nos rêves ont de l’avenir, vive l’école et vive la vie,

 

Amitié sucrée généreusement de sirop d’érable

Le collectionneur international de sourire d’écoliers,

 

 

Le fou-rêveur forever

Lancelot

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