Un enseignant qui m’avait promis une sortie, me propose de partir avec lui à la 4e période pour faire une sortie « cabane à sucre ». Mais attention, pas une cabane touristique, mais chez un de ses amis producteur local qui en a une privée pour le plaisir. Ainsi, je retrouve mon ami comme convenu.
On part en voiture, on discute pas mal sur la route, on arrive dans l’érablière, son ami très sympa me fait rapidement visiter sa petite cabane à sucre :
Puis, très vite, on va aider deux autres personnes « à courir les érables » comme ils disent, ce qui veut dire aller ramasser les « chaudières », les petits seaux en dessus de l’encoche qui récupèrent l’eau d’érable qui coule au goutte à gouttes après une nuit de gel et une journée de soleil.
Une fois les 300 chaudières ramassées et ramenées au bidon central, on prend le temps de voir la préparation un peu plus longtemps. Une bonne odeur sucrée nous prend quand on rentre dans la cabane,
le sirop à différentes étapes est en train de bouillir,
le maître des lieux remet du bois dans le poêle qui chauffe le tout,
Puis, il surveille la casserole de « tire », du sirop qu’on fait bouillir plus longtemps pour que ce soit plus sucré et collant.
Enfin, il finit de fermer deux-trois « cannes » (boîtes de conserve), de sirop fraîchement prêt.


Il nous invite « à tremper la palette », action qui consiste juste à mettre une spatule dans la préparation pour tout simplement goûter la mixture en cours, et comparer les différentes étapes de fabrications. Un régal, c’est vraiment une autre sensation quand c’est tout juste chaud.
Une fois la « tire » prête, on va sur la terrasse de la cabane au soleil, avec ce mélange de doux rayons et de fraiche brise accompagné par son paysage encore enneigé. On prépare la fameuse tradition de la tire, qui consiste à verser la substance encore chaude sur de la neige fraîchement ramassée. Après avoir observé cette magie des couleurs, ce blanc parfait nappé d’un caramel brillant, on attend deux minutes, pour savourer ce mélange de contradictions : ce chaud-froid, ce doux-fort, ce sucré-sucré. Une découverte que j’apprécie, et même si j’avais découvert la tire en pot, elle n’a rien à voir, cette ambiance fascinante lui rajoute un goût authentique.
On m’apprend comment faire un beurre d’érable, il suffit de malaxer énergiquement la tire dans un verre, pour obtenir un concentré de sucre encore ma foi fort sympathique.
Je peux vous dire que je me suis bien « sucré le bec » expression québécoise que vous comprendrez, je n’en doute pas. Ainsi, j’en apprends beaucoup sur la fabrication du sirop, sa complexité et même sa subtilité. Un peu comme le vin, il y a des connaisseurs qui regardent la couleur, la robe, la période de récolte … et oui, on fera une dégustation d’un sirop de début de saison plus clair contre un sirop de fin de saison plus foncé, et même pour un palais non habitué comme le mien, on sent bien les différences. « Vive acérilogie ! » diraient les acériculteurs.
Encore un très bon moment et très fier de ne pas l’avoir visité dans une cabane à sucre touristique mais une vraie chez un producteur local. Je remercie mon ami enseignant de m’avoir donné cette occasion unique. Et rien de tel que de repartir avec une canne qu’on a vu bouillir. Celle là, il aura encore meilleur goût à la maison. Merci le maître des lieux.
La petite histoire des produits de l’érable remonte bien avant l’arrivée au Québec des colons français. Ce sont les Amérindiens qui on découvert la sève qui sortait de ces fameux érables. Les Amérindiens utilisaient leur tomahawk pour faire un entaille en V dans les érables à l’approche du printemps. En se servant d’un copeau de bois placé dans leur entaille, ils récupéraient la sève des érables pour ensuite la concentrer en sirop. Mais il y a de nombreuses légendes sur la découverte de l’eau d’érable de la flèche indienne à l’écureuil, je vous laisse regarder sur internet.
Les érables se retrouvent principalement au Québec et en Amérique du Nord et on en compte sur plus de 144 000 hectares. Le Québec fournit les 2/3 de la production mondiale de sirop d’érable. Le tiers restant provient du nord de l’Ontario et des États-Unis plus précisément de l’État de New York et du Vermont.
Il faut 30 à 40 litres de sève pour faire 1 seul litre de sirop. Un érable peut donner 60 à 160 litres de sève par saison tout dépendant des conditions climatiques.
Les cabanes à sucre d’aujourd’hui sont apparues au début du 19e siècle. On y sert aujourd’hui des repas typiques composés de crêpes, de fèves au lard, de soupe aux pois, des oeufs, du jambon, des oreilles de crisse, des bonbons à l’érable, du beurre d’érable, de la tire sur la neige et sans oublier, le sirop d’Érable. Alors si vous passez au Québec au printemps arrêtez vous dans une cabane à sucre !!!






















