Déjà pour quitter la routine, je me réveille à 7h au lieu de 6H30. Je n’ai pas compris pour quoi. En tout cas, en moins d’une minute, je suis prêt et je me dirige directement vers l’école. Les sonneries retentissent, il y a la moitié de la classe mais pas de professeurs, des collégiens qui viennent assurer l’ordre dans les couloirs. J’ai dû louper quelques choses. Je reste un peu, je vois les sacs de l’autre moitié de la classe à leur place. Mystère. Je me décide de retourner au presbytère. En passant devant l’église, je comprends qu’une grande majorité est à la messe, mais pourquoi tous les enfants n’y vont pas ? Un problème de place peut-être. (En fait je comprends plus tard dans la journée que même si c’est école catholique avec de la catéchèse et des prières pour commencer la journée, beaucoup d’enfants ne sont pas catholiques mais peuvent quand même venir dans cette école)
Je retrouve père Alex, on prend le petit déjeuner puis on part voir la compétition de « lézime ». (En tout cas ça se prononce comme ça !) C’est une danse indienne avec un instrument de musique entre les grelots et le nunchaku, qu’ils agitent en rythme et en continue pendant la danse telle une respiration. J’ai vu un bout hier, ça a l’air super. J’ai hâte que ça commence.
Ils sont en train de finir d’installer le tapis, le son, la scène, et d’attendre les groupe des autres écoles. Ainsi, j’ai le temps de retrouver mon copain « Unmuch », qui fait parti des danseurs. Avec ses camarades, ils veulent me mettre un point rouge sur le front, aujourd’hui j’y échappe. Après on discute, je leur montre ma camera, des photos que je projette sur leur costume blanc grâce au mini-projecteur intégré. Ça les éclate. On fait des photos. On parle nourriture, sport, religions, ils m’avouent être tous d’une autre religion que catholique, (bouddhiste et une majorité d’hindouiste.) L’échange est super, ils sont vraiment très sympas et curieux, ils veulent que je m’assoie pour qu’ils puissent s’asseoir à côté de moi mais ils sont dix, je vois le problème, je préfère rester debout. La compétition va bientôt commencer. Je les quitte et je vais rejoindre mon point de vue pour filmer.
La cérémonie commence par la présentation du jury, un hommage à une personne importante, et plusieurs discours. Ça commence. C’est sublime. Des couleurs en rythme dans un mouvement dynamique et fluide. Leur danse est vraiment très agréable à regarder, il y a de vraies performances de mise en scène au fur et mesure des groupes qui passent. En plus, avec ce genre de spectacle, je découvre la danse traditionnelle, mais aussi le rythme, la musique, les costumes … Je suis bien content d’avoir ma caméra à la main, pour pouvoir en faire profiter aux autres. Un moment, je m’arrête et me dit que c’est vraiment unique ce que je fais. Je profite vraiment de l’instant présent qui m’est offert. Seul petit hic, je n’ai pu enregistrer en entier la dernière danse qui était super avec une mise en scène sur le dialogue interreligieux (justement) car je n’avais plus de place sur ma camera. Je les quitte après la dernière danse. Je dois retrouver les primaires.
Arrivé en classe, l’enseignante leur fait un cours sur la ponctualité, je ne sais dans quel cours elle inclut ça. Un long texte de 20 lignes au tableau que les enfants recopient. On y lit « un élève qui est ponctuel peut devenir le premier de sa classe ». Et il finit par « je suis toujours ponctuel à l’école, je fais mes devoirs tous les jours ». Chacun y verra ce qu’il veut. En tout cas, ils n’auront que ça dans la 2e partie de la matinée.
Ça sonne, c’est l’heure de mon cours d’aérobic, je passe prendre les élèves concernés dans chaque classe et on est partis. On s’installe sur le toit, et je commence par leur apprendre le « bougadou » pour faire notre entraînement de leçon. Répéter, ils arrivent très bien, mais dès qu’ils n’ont plus la phrase ou qu’il faut la retenir, ils ne me suivent plus. Dans les autres pays c’était plus facile. Pas grave, ils répètent pour le moment. Puis on révise le rythme corporel en y rajoutant la suite. Enfin, je leur apprends une performance humaine. Mais ce n’est pas évident en anglais avec 30 élèves qui ont une tendance à vouloir toujours s’amuser. Mais je gère, la performance n’est pas encore réussie mais on est sur la bonne voie. J’ai dû mettre au point quelques règles pour que le travail avance. Mais le groupe est amusant, et très compréhensif, ils essayent de m’aider pour comprendre. Il faut voir comment ça évolue mais ça devrait marcher.
On remonte en classe, plus de professeurs. J’assiste à un beau bazar, avec des responsables-autorité qui ne lâchent pas l’affaire avec leur règle. Elles arrivent un peu à calmer la classe en laissant des chants du carnet qu’une partie reprend.
Il n’y aucun adulte, elles s’épuisent. Je me lève, et je dis simplement « ok ». Le silence. Je leur propose de répéter les chansons déjà vues. Là, toute la classe se calme et me suit jusqu’à l’arrivé de l’enseignante. Mais c’est déjà la fin, y doivent y aller. On se quitte.
Je vais du côté des collégiens, un groupe viens spontanément me voir, et on reste discuter pendant un quart d’heure, encore sur la France, le climat, la nourriture, le français, le sport … mais ils s’intéressent aussi à mon projet et à comment je l’ai financé, je suis content de leur parler de l’usine. Ça les amuse beaucoup surtout quand je mime certains mots pour m’assurer de leur compréhension. Je rencontre un autre groupe un peu plus loin, ils veulent que je fasse du volley-ball. Aujourd’hui, je ne le sens pas encore mais promis je tenterai l’expérience. On reprend les thèmes parlés juste avant, mais on parle aussi de mon site. Certains veulent aller voir. En cas, ce genre de rencontres me comble complètement. C’est vrai et sincère dans la plus grande simplicité. Au fur et mesure de mes questions, je tâte l’ambiance de ce collège et comment est vécue l’école par les enfants. Et oui, toujours à fond dans mon projet.
On part manger avec père Brendan. Pendant le repas, ils me donnent les résultats de la compétition. C’est très sympa, on discute dans une bonne ambiance. On part dans nos chambres : sieste, écriture de mail, thé, sur le chemin du bureau, invitation à jouer au foot, internet, rencontre Skype familiale, tri de photos et vidéos, snack avec père Brendan, douche, tri encore (il y en a beaucoup), repas devant « Le smoking » de Jacky chan, écriture de la journée, coucher. À demain.









