Vendredi 6 avril : Ipad 2.0

Je retourne sur le chemin de l’école. Ce matin, la phrase du jour sera « le silence peut parfois être le plus cruel des mensonges ». L’enseignante de français commence par les faire réagir sur cette phrase pour continuer sur la rédaction de leur critique de livre. Pendant ce cours et le suivant d’histoire, en plus de ma journée d’hier, je me rends compte que, à travers l’Ipad en classe, les élèves développent une dimension très intéressante où ils acquièrent la capacité de chercher les informations sur le net, les restituer clairement, de structurer leur pensée ou de faire des schémas sur programme pour les aider à la structurer. Et même quand ils écrivent, ils prennent l’habitude d’utiliser des outils « oubliés » en cherchant dans un dico, ou le Bescherelle en ligne. Il y a un vrai potentiel, et de toute façon maintenant, je pense qu’on va tendre de plus en plus vers un besoin d’apprendre à apprendre, tout le programme en une année devient une telle « corvée » pour tous les enseignants.

A la fin du cours d’histoire, l’enseignante française rencontrée l’avant-veille passe dans la classe et m’appelle pour me voir. On prend le temps d’organiser l’après-midi, ainsi, ce soir je suis invité. Quand je reviens, le professeur d’histoire me propose les cinq dernières minutes du cours pour présenter mon site web aux élèves de cette classe. Idée très appréciée, ça me fait plaisir de leur partager mon aventure en français. Ça sonne, c’est déjà l’heure d’aller manger. Le prof d’histoire aussi me propose aussi d’essayer de se voir. Je le confirme, les québécois sont très accueillants.

Je mange avec les enseignants, puis j’enchaîne avec le cours de maths. Je me rends compte aussi qu’en plus de l’utilisation de l’Ipad, les professeurs expliquent beaucoup ce qu’ils attendent des élèves, en insistant beaucoup sur le fait qu’ils les poussent à leur propre réflexion. Même si les cours peuvent paraître long en 1h15, les professeurs font attention de proposer pas mal d’activités différentes : théorie, pratique, exercices, en groupe, seul, sur papier, sur Ipad.

Je finis ma semaine d’observation, et ma dernière dans cette classe avec un dernier cours de science-technologie. Aujourd’hui, un nouveau défi, ils doivent réaliser un pont de 50 cm de longueur avec 100 bâtons avec le défi de devoir faire passer une voiturette dessus. L’ingéniosité, la créativité et la patience des élèves sont mis à l’épreuve, mais à ma grande surprise, ils proposent des structurent très intéressantes. J’assiste à une belle ambiance de travail qui me permet de les conseiller et de créer un  peu de lien avec eux. Ils auront encore du travail à faire au prochain cours et sur les heures du midi, pour les tester dans deux semaines.

Ça sonne, c’est la « fin de semaine » (au Québec, on a francisé beaucoup de mots comme « week-end »), je retrouve l’enseignante qui m’a invité. On part d’abord chercher les petits loups de 3 et 6 ans à leur école et garderie, puis « premier effet Lancelot », les enfants sont supers sages. On arrive chez eux, on continue de discuter en prenant un verre mais les enfants dehors dans la neige du jardin commencent à nous montrer le « deuxième effet Lancelot » : ils veulent montrer tout ce qu’ils savent faire y compris les bêtises. Puis on continue à plaisanter avec « les effets Lancelot » pendant la soirée. Le mari arrive, tout en faisant la cuisine, on partage nos expériences. Puis, on mange des araignées des neiges, de la soupe, et des pâtes aux crevettes, avec un « tabarouette » de bon plateau de fromages accompagné de bon vin bien  boisé (désolé je me lâche mais ça aussi ça fait grave plaisir !!!) pour finir sur une glace aux sirop d’érable (toujours et encore).

Finalement, après avoir beaucoup partagé avec toute la famille, et après que le petit de 6 ans, ait bu mes histoires de tous les pays avec ses gros yeux ronds, et ait demandé à ses parents de toujours encore rester écouter un peu, les enfants se couchent plus tard que prévu (encore « un effet Lancelot ») avec les enfants qui demandent « est-ce que tu vas dormir ici? » (A l’heure demandée, je ne savais pas encore.) On continue à discuter pendant la soirée, très ouvert sur les autres pays, la pédagogie et leur expérience, en même temps ils proposeront des amandes au chocolat, des calissons d’Aix, (oui, ils m’ont sorti le grand jeu mais ça leur faisait tellement plaisir de partager ces mets français avec un français) (on remarquera qu’il faut que je vienne au Québec pour découvrir les Calissons d’Aix !) Et on finit par une petite tisane indienne. Sur cette dernière, vu l’état de fatigue, même si on discutait bien, il paraissait plus simple que je dorme chez eux. Ils avaient toujours une chambre d’ami de prête. Alors, je change mon programme et laisse place à l’improvisation. Ce soir je dors, chez des français. A demain.

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