Allez, on est repartit, à peine sorti de ma chambre je vais avec père Brendan dans son bureau, puis avec l’enseignante choisie. Aujourd’hui je suis la classe rencontrée hier en cours de musique. Je retrouve l’enseignante, lui explique ma présence pas de souci, et les enfants se lèvent et me disent bonjour avec joie. Je me pose au fond de la classe. Je sors mon cahier. J’aime bien cette place, mis à part qu’ici les pupitres sont un peu serrés et le siège en bois un peu dur à la fin de la matinée. Je suis le plus vieil élève de la classe mais j’apprends toujours autant. Je commence par noter la classe, le matériel, les uniformes, le rituel du matin, le nombre d’élèves (54 ça change la donne). Puis je note tout ce qui se passe durant les 5 heures cours de cours de la matinée. Enfin pas tout à fait, je m’absenterai pendant un petit temps car on est venu me chercher pour le petit-déjeuner avec père Brendan, j’étais parti pour faire ma matinée sans mais une bonne omelette de légumes ça ne se refuse pas. Je reviens à la pause, où je retrouve les enseignantes. Une me demande de venir chanter dans sa classe, malheureusement je lui fais comprendre qu’il faut l’autorisation du directeur. Mais on va essayer de mettre ça en place pendant le mois. En tout cas, ça me fait très plaisir qu’elle me le demande spontanément.
Ici, ça change beaucoup les enfants ont tous un numéro de liste et ils sont appelés grâce à celui-ci. Les cours sont faits de beaucoup de répétitions orales et comme ils sont en anglais, je répète avec eux, je me dis que ça doit-être bon pour ma prononciation anglaise. Un pigeon est passé dans la classe. Ils n’arrêtent pas de se retourner pour me regarder, je surprends certains qui me regardaient depuis un moment. J’aimerais savoir ce qu’ils se disent au fond d’eux. Mystère ! Cette enseignante pratique la chicane, obligé de faire comme-ci ça ne me dérange pas. Certains élèves ont des rôles notamment faire respecter le silence dans les rangs. Ils le font à cœur joie, et ils se permettent de lever le ton sur leur camarade. Ils reçoivent leurs résultats de la première période. C’est long de rendre un par un les 54 copies rassemblant les 8 matières dont l’informatique. Je peux regarder leur contrôle, c’est très intéressant. Je cerne rapidement le niveau. Mais je vais m’en faire une idée plus précise au fil des semaines. En plus, aujourd’hui, ils rendent leur projet pour la matière « craft » qu’on peut traduire par l’artisanat. Ils rendent leurs maquettes et leurs œuvres. Pour valoriser leur travail elle invite certain à venir me montrer leur travail. C’est qu’ils se débrouillent très bien. Je suis surtout bluffer par la réalisation par certains de kaléidoscopes. On regarde au bout du tube, et un effet très sympa avec les trois miroirs à l’intérieur est observé. Ils finissent leur journée en me chantant quelques chansons, comme ils sont en avance. C’est parfait je ne demande pas mieux. Des chansons catholiques en anglais avec des gestes qu’ils chantent tous de bon cœur. Je reconnais même une chanson de « l’amour de Dieu est si merveilleux » qu’ils chantent en anglais, je me fais une joie de chanter avec eux. Ils finissent la matinée de cours par l’hymne national. Tout le monde rentre chez soi, les enfants chargent les 8 bus qui les ramènent chez eux. Chaque bus est vraiment rempli, c’est impressionnant à voir, le cortège de bus sera suivi par le cortège de vélos, plus d’une centaine. Les enseignantes de primaire passent dans le bureau de directeur, comme hier. Je comprends que le directeur contrôle vraiment tout et à la main-mise surtout.
Je rentre, je mange avec père Brendan, on regarde en même temps « les 4 fantastiques » en anglais sous-titré anglais, c’est très bon pour mon anglais ça. Je passe une après-midi tranquille, où je fais mes devoirs, des vidéos, un diaporama de mes photos. J’avoue ne pas être photographe, mais je pense ramener de beaux clichés. Je coupe mon après midi de balades sur les temps des récrés du second cycle, je regarde à quoi ils jouent, je comprends que le cache-cache gamelle est le jeu universel des récréations du monde. Puis c’est l‘heure du thé, aujourd’hui je le prends avec père Alex, il m’invite à venir avec son école à une rencontre des sœurs qui s’occupent des malades si j’ai bien compris. C’est demain départ en bus. Une sortie de la ville ne se refuse pas, j’accepte volontiers.
Je retourne dans ma chambre, je me regarde le film « Baraka », un vieux film de 1992, que m’a conseillé Dino de Roumanie. C’est un film qui m’avait endormi la première fois, car il n’y a pas de paroles. Mais si tu tiens les 20 premières minutes tu tiens tout le film. Un film présentant diverse partie du monde, des pratiques religieuses, des regards qui en disent long, des images qui suggèrent beaucoup d’idées. C’est un film qui peut te prendre aux tripes. Les images sur l’Inde sont très vraies, un vrai voyage sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. Je le regarde pour m’inspirer pour mon futur film. La réflexion continue.
Je travaille mon anglais jusqu’à leur du repas. On mange en même temps que leur téléréalité avec aussi la soirée du vendredi soir. Un moment, le père Alex me demande si pour l’instant tout va bien. Je leur remercie vivement, tout se passe à merveille. On se quitte, père Brendan veut savoir comment s’est passée ma matinée, je lui explique ma méthode de travail, mes 14 pages notées, comment je comprends les choses. Une fois rassuré on se sépare. Je finis deux trois truc, et je vais me coucher. A demain.










Bonjour les CE2 de Notre Dame de St Jean Brevelay,
Que ça fait plaisir de savoir que vous suivez et que vous avez des questions. C’est avec joie que j’y réponds cette après-midi sous un ventilateur tellement la chaleur est accablante, même si on est en hivers ici aussi.
De plus comme vos questions sont très intéressantes, j’en fais un article pour faire profiter les réponses à tout le monde.
Oui je suis arrivé en Inde après seulement 7 heures d’avion depuis la Finlande en ligne directe. Et oui il y a beaucoup de changement par rapport à la Finlande.
D’abord, les enfants sont 50 par classes minimum parfois plus en collège, les professeurs n’essayent pas de retenir les prénoms, peut-être qu’ils en connaissent certains, mais je ne suis pas sûr. Par contre les enfants connaissent très bien le nom et le numéro de leur camarade, et ils peuvent dire le prénom des autres quand le professeur en a besoin.
Alors la chicane, même si les professeurs n’ont normalement plus le droit de la pratiquer depuis juste quelques années, est le fait de donner un ou deux coups sur l’enfant pour lui faire comprendre que son comportement n’est pas le bon. En fonction de l’humeur du professeur, ça peut être assez dur, mais ils ne font qu’une à deux fois certain jours. Elle reste assez occasionnelle, par contre l’enfant ne pleure pas et arrête de suite.
Pour les animaux sur la route, le plus impressionnant est l’éléphant. Lui c’était une balade pour touriste, on peut dire que c’est normale. Après ici, les indiens n’ont pas tous des voitures donc il est fréquent de voir des chameaux, des ânes ou des chevaux, avec soit des attelages soit des personnes sur leur dos, sur la route pour se déplacer ou déplacer des chargements. Enfin, le plus curieux, ceux sont les vaches, ici on en croise beaucoup et elles peuvent se balader partout dans la ville et sur la route. Cela est du au fait que les hindous, (religions indienne présent à 80 % dans le pays) considèrent la vache comme sacrée. Et donc ils doivent la respecter, lui laisser sa liberté et ne surtout pas la manger. Ils ont juste le droit de la traire pour récupérer le lait.
Le sable est du au climat, ici il fait très chaud. Ils ont juste deux mois de pluie qu’on appelle la mousson qui a lieu pendant l’automne. Ainsi dans certains endroits loin de sources d’eau, c’est très sec, et on trouve au sol beaucoup de poussières formées par le vent mais pas forcement du sable.
Concernant la richesse, c’est dur de vous répondre puisque mon voyage me fait redéfinir le terme de richesse. C’est quoi un enfant pauvre pour vous, un enfant qui n’a pas de PlayStation ? Il est vrai que le niveau de vie n’est pas le même, mais pour une majorité, les enfants de l’école où je suis ont une maison, une source d’eau potable, un vélo, un ordinateur, une télé, les parents ont un téléphone portable, et ils tous les moyens d’acheter leur uniforme, leur cartable, leur trousse, les manuels et les cahiers. Donc le niveau de vie est plutôt correcte, mais je trouve aussi une grande richesse humaine, avec des enfants, des jeunes et des adultes, qui accueillent avec plaisir, sourissent, viennent vers les inconnus, invitent à venir manger chez eux, partagent leur encas, proposent des jeux simplement … Bien sûr comme dans beaucoup de pays, il y a des pauvres qui manquent de l’essentiel et comme l’Inde est très peuplée, il a proportionnellement beaucoup de pauvres aussi. J’ai vu des familles qui vivent sous des genres de tentes, de cases en terre ou de bidonvilles, avec des enfants qui n’ont pas l’air d’avoir beaucoup de vêtements et d’aller à l’école, mais je ne suis juste passé devant et je n’ai pas pu les rencontrer.
Donc oui il y a un vrai changement comparé tous les autres pays rencontrés. Dans cette école, ce qui m’étonne le plus c’est l’autorité instaurée pour que la classe de 50 élèves apprenne ensemble. Il y a beaucoup de répétitions de cours, de recopiage de leçons au tableau. Le professeur n’a pas le temps de s’occuper des difficultés de chaque élève. Cependant, ils ont un système où il n’y a pas de redoublement et de punitions (mise à part quelque chicane de temps en temps par certains vieux professeurs) Et un système où les élèves réussissent bien l’école. Donc j’ai hâte de savoir un peu plus sur ce système.
J’espère que les réponses vous conviennent, elles peuvent faire survenir d’autres questions dont je serais encore ravi d’y répondre dans la mesure du possible.
A très vite,
L’aventurier dans la jungle des cahiers,
des crayons, des cartables et des sourires des enfants du monde,
Lancelot appelé ici Laneci (c’est plus facile à prononcer)