Comme d’habitude, j’aime bien les vendredis parce qu’ils sont plus cool et c’est le dernier jour d’école de la semaine. J’ai quand même bien du mal à me réveiller. Plus de confiture, ce matin, ce sera la confiture aux poivrons. J’attrape de justesse un métro bondé. J’arrive à l’école. Les enfants sont toujours ravis de me voir arriver. Cécilia m’a dit qu’ils n’avaient pas compris pourquoi je n’étais pas venu mardi et mercredi matin (jours où j’étais dans les autres classes) et qu’ils voulaient que je revienne et que je reste avec eux. Ils sont trop mignons.
Cécilia arrivera en retard, une fois la dernière élève arrivée, je prends l’initiative de commencer le cours de musique que je devais faire à 8h. Ainsi, j’arrive à me faire comprendre tel un professeur, et on commence. Tout le monde s’assoit et ils sont très fiers de reprendre le « Oh Malélé ! ». Cécilia arrive, elle me filmera en action, On reprend « la famille tortue », on filme, on reprend le rythme, on filme. Et je leur apprends une nouvelle chanson, « le bougadou ». Moment unique, je ne peux vous expliquer, le mieux c’est de voir la vidéo. Je finis mon cours avec un instrument de musique naturel, le chapeau de gland. Je leur en donne chacun un. Et leur donne le défi de le faire chanter. Il faudra attendre au moins 5-10 minutes pour entendre le premier sifflement de leur part. Ceux qui réussissent sont vraiment très fiers, les autres ne désespèrent pas, ils savent que c’est possible, qu’avec le temps ils y arriveront.
Ça sonne, ils ont cours d’arts plastiques. Moi, j’ai cours de sciences avec Irina et sa classe de 3e que j’ai déjà rentrée. Son cours sur l’univers est très ludique. Elle a sorti le vidéoprojecteur et le portable, elle leur présente des vidéos en anglais sous-titrées en roumain, mais ça ne dérange aucun des enfants. La vidéo propose des jeux en direct, la classe est vraiment prise dedans. Ils ont bon à chaque question. Ce cours passera très vite. Ils n’auront pas fini et reprendront l’heure d’après, pour finir la vidéo, gonfler le système solaire, et noter sur leur cahier le bilan.
Je rejoins la classe de Cécilia. Ils finissent leurs œuvres. Une fois fini, Cécilia me demande de leur faire un cours de français. Les enfants apprécient, j’avoue copier sur le premier cours de Valentina.
Puis enfin, le dernier cours, Sânziana, l’enseignant de théologie (comme elle dit), arrive. Même si c’est une école publique, ils commenceront par un notre père orthodoxe en roumain. Puis elle commencera à leur lire une parabole, s’arrêtera et leur dira qu’elle n’a plus envie. Les enfants veulent l’histoire. Elle leur demande pourquoi. C’est une approche pour leur demander qu’est-ce que leur apportent ces paraboles de la Bible. Cécilia me traduira les réponses pertinentes : « parce que ça parle de bonnes choses ». « Parce que ça transmet des messages ». Et avec des vraies réponses spontanées. Elle continue en leur demandant de présenter la Bible, et elle écrit directement que le message de la Bible est : « Dumnezeu mă iubește » ce qui veut dire « Dieu m’aime ». Puis elle fera un jeu pour rappeler les différents personnages principaux de la Bible. Elle finira par leur demander d’écrire un message à Dieu, qu’ils lisent via une mise en scène devant la classe.
Ça sonne. Les enfants sont en week-end. On part avec Cécilia à l’after-school. Une fois arrivé, Cécilia apprend qu’un parent a demandé à changer les règles de l’after-school, parce que sa fille n’aimait pas beaucoup. (La veille, Cécilia avait gardé avec elle cette fille, « très paresseuse », finir son travail pendant que les autres étaient partis au parc.) Cécilia me dira qu’elle n’aime pas ce genre de parents qui pensent que parce qu’ils sont riches peuvent changer les règles et continuer à gâter leur enfant. Je suis bien d’accord avec elle. On mangera, et comme la dernière fois, on montera avec les enfants dans leur salle de travail. Les enfants n’ont pas beaucoup de travail, je me prends à faire un coloriage puis un dessin d’un dragon. On fera un peu d’escrime avec les crayons et enfin on ira au parc. Il faut chaud, les enfants jouent, on est assis sur le banc. Les enfants demandent à Cécilia en fait qui je suis. Si je suis le papa d’un enfant, si je suis l’époux de Cécilia ? Ils nous amuseront beaucoup avec leur imagination. Non juste un ami français.
Il est déjà l’heure. Avec Cécilia, on retourne dans notre bistrot. On discutera beaucoup. Elle aime quand je parle français quand il y a des gens autour, elle m’amuse beaucoup. On parlera prénom des enfants dans chaque pays, du projet Comenius. Elle me racontera qu’elle habite dans le même immeuble que la médaillée olympique d’argent en Karaté catégorie 45kg, et qu’elle l’a embrassée quand elle l’a vue cette semaine. Elle m’a invité à un concert, cette fois ci, ce sera du classique. On était en pleine semaine du festival de musique Classique à Bucarest (décidemment). Elle a pris des places pour l’orchestre de la BBC, qui joue ce soir. Je me surprends encore à devoir aller en Roumanie pour découvrir pour la première fois un orchestre de musique classique.
Le concert est dans la salle du palais, il y a beaucoup de monde, la salle est très belle. Cécilia me dira que c’est dans cette salle qu’elle a assisté à des discours de Ceausescu, et qu’elle a fait des représentations avec son école pour la fête nationale, le jour de l’anniversaire de Cécilia. Le concert commence. La première prestation de « du BBC Symphony Orchestra » est « Rapsodia n°1 en La Majeur » de Georges Enescu. Cécilia la connait par cœur, elle l’étudie en cours de 4e avec ses élèves. (En 4e et en collège, ils apprennent et doivent reconnaitre de grands morceaux de classique comme celui-ci.) Moi je me laisse séduire par ce morceau où l’on retrouve avec plaisir la musique traditionnelle roumaine. Et je suis content de l’avoir découvert avant pour savourer ce mouvement dans son ensemble.
Après l’orchestre interprétera « Fantaisie Ecossaise » de Bruch. Avec la soliste Viviane Hangner, une allemande jouant sur un Stardivarius de 1717. J’avoue que c’est très beau et très agréable mais le côté paisible de ce morceau et ma semaine chargée de cours, ne peut m’empêcher de fermer de temps en temps mes lourdes paupières. L’entracte. Ils finiront par la « Symphonie n° 9 » de Schubert. Là, je suis pris. Ça n’a rien à voir avec le fait de l’entendre sur un support audio. Tous les instruments sont bien entendus, le ressenti est très beau. Je découvre vraiment la musique classique. Maintenant, je sais que j’ai de la culture musicale à rattraper. Merci Cécilia de m’avoir fait découvrir ce qu’est vraiment la musique classique.
On rentrera ensemble. Mais nous sommes tous deux, bien fatigués de notre semaine. Je la quitte et arrive au presbytère et je me couche. A demain.
Vendredi 29 septembre
Comme d’habitude, j’aime bien les vendredis parce qu’ils sont plus cool et c’est le dernier jour d’école de la semaine. J’ai quand même bien du mal à me réveiller. Plus de confiture, ce matin, ce sera la confiture aux poivrons. J’attrape de justesse un métro bondé. J’arrive à l’école. Les enfants sont toujours ravis de me voir arriver. Cécilia m’a dit qu’ils n’avaient pas compris pourquoi je n’étais pas venu mardi et mercredi matin (jours où j’étais dans les autres classes) et qu’ils voulaient que je revienne et que je reste avec eux. Ils sont trop mignons.
Cécilia arrivera en retard, une fois la dernière élève arrivée, je prends l’initiative de commencer le cours de musique que je devais faire à 8h. Ainsi, j’arrive à me faire comprendre tel un professeur, et on commence. Tout le monde s’assoit et ils sont très fiers de reprendre le « Oh Malélé ! ». Cécilia arrive, elle me filmera en action, On reprend « la famille tortue », on filme, on reprend le rythme, on filme. Et je leur apprends une nouvelle chanson, « le bougadou ». Moment unique, je ne peux vous expliquer, le mieux c’est de voir la vidéo. Je finis mon cours avec un instrument de musique naturel, le chapeau de gland. Je leur en donne chacun un. Et leur donne le défi de le faire chanter. Il faudra attendre au moins 5-10 minutes pour entendre le premier sifflement de leur part. Ceux qui réussissent sont vraiment très fiers, les autres ne désespèrent pas, ils savent que c’est possible, qu’avec le temps ils y arriveront.
Ça sonne, ils ont cours d’arts plastiques. Moi, j’ai cours de sciences avec Irina et sa classe de 3e que j’ai déjà rentrée. Son cours sur l’univers est très ludique. Elle a sorti le vidéoprojecteur et le portable, elle leur présente des vidéos en anglais sous-titrées en roumain, mais ça ne dérange aucun des enfants. La vidéo propose des jeux en direct, la classe est vraiment prise dedans. Ils ont bon à chaque question. Ce cours passera très vite. Ils n’auront pas fini et reprendront l’heure d’après, pour finir la vidéo, gonfler le système solaire, et noter sur leur cahier le bilan.
Je rejoins la classe de Cécilia. Ils finissent leurs œuvres. Une fois fini, Cécilia me demande de leur faire un cours de français. Les enfants apprécient, j’avoue copier sur le premier cours de Valentina.









