Vendredi 14 septembre

Je mets du temps à me lever parce que je fais le calcul tout simple : à partir de la rentrée le 17,  je vais tous les jours à l’école, il faut que j’y sois pour 8 heures donc avec 45 minutes de trajet et 45 minutes de préparation, je dois me réveiller tous les jours vers 6h30. Ainsi je profite de mes trois derniers matins, pour me réveiller un peu plus tard.

Je vais prendre mon petit déjeuner et qu’est-ce que je vois sur la table : un œuf. D’accord un œuf au petit déjeuner, pourquoi pas mais première interrogation : est-il cru, à la coque, mollet, dur … ? Je le fais tourner sur la table, il tourne plutôt vite ! Ça me rassure, il doit-être au moins à la coque. Ainsi je l’ouvre comme un œuf à la coque et je me rends compte qu’il est mollet. Je l’épluche et le gobe, sympa aussi en petit déjeuner. Après avoir bien mangé, je vais voir la cuisinière Dolra, pour la remercier pour l’œuf puisque j’avais vu dans mes cours de roumain que « œuf » se disait « ouã ». Par contre le petit souci technique que j’ai oublié, c’est prononciation. Elle ne comprend pas elle est gênée, elle appelle père Daniel avec son portable pour qu’il fasse la traduction. Maintenant c’est moi qui suis un peu gêné mais bon c’est comme ça qu’on apprend !

Je rends dans ma chambre, commence mes devoirs, et mes deux frères me disent bonjour en même temps sur Gmail alors qu’ils sont à 800 kilomètres de distance l’un de l’autre. On est parti pour une heure de délire fraternel. Pacôme veut des vidéos des chiens errants. Clovis m’initie un peu plus au monde geek. Paradoxe : le fait que l’un de nous trois s’éloigne autant, nous donne le besoin de se rapprocher un peu plus. J’accumule encore un peu plus d’énergie positive. Je copie la conversation au cas où j’aurais un coup de mou dans un pays où j’aurai que peu internet.

Je me prépare à partir visiter encore Bucarest, je regarde 2-3 sites pour m’inspirer. Ce sera le musée d’art contemporain qui se trouve, devinez où ? Dans 2eme plus gros bâtiment du monde, la maison du peuple ou appelé maintenant le palais du parlement. Tramway, métro, et marche, je fais le tour de tout ce bâtiment étant arrivé du mauvais côté, 15 minutes au soleil quand-même. J’arrive, contrôle de sécurité, elle m’explique en anglais qu’il y a 2 étages à voir et qu’il faut prendre l’ascenseur de verre. Très bien, mais où est-ce qu’on paye ? On ne paye pas. Parfait comme à Londres. La visite commence. L’ascenseur de verre me permet de voir une belle vue d’ensemble d’un côté de Bucarest. Première salle, je suis tout seul dans ce grand musée. Le musée est consacré à l’exposition des œuvres de Cãlin Dan, un Roumain, et de Josil Kiraby, un Hongrois. De l’art moderne, je n’ai pas tout compris ce qu’ils voulaient faire passer à travers leurs œuvres et malheureusement il y a que peu de sites consacrés à ces artistes. Il faut juste retenir  que leur groupe d’action, subREAL est apparu à la suite des changements politiques intervenus en 1989 en vue de « exorciser le résidu des décennies d’oppression communiste. »

Intéressant, mais après je me tourne vers une valeur sûre : les parcs de Bucarest. Le parc Carol qui est à côté, puis le Parc Tineretului. J’apprécie vraiment l’entretien et la beauté de leur parc. Tout est mis en place pour qu’on s’y sente bien. Il y a toujours des parcs de jeux pour les enfants, des  tables de jeux pour les hommes, des bancs et des coins très paisibles près de fontaines où beaucoup de couples s’y reposent, des bars et petits magasins pour y goûter, des barques sur l’eau et une basse cour pour rendre l’espace vivant et calme. Je découvre le monument aux morts avec une flamme devant toujours gardé par deux gardes. Je continue vers le parc Tineretului, mais il me prend l’envie de passer devant l’un des grands cimetières orthodoxes. La découverte est intéressante. On retrouve au milieu de chaque cimetière des chapelles funèbres. Étant rentré dans une, je vois une famille en deuil, autour d’un cercueil, et je me rappelle de ce que m’avait dit père Daniel, les orthodoxes ont pour tradition de laisser le corps trois jours dans la chapelle funèbre, ils ont quelques rites comme mettre du vin sur le corps mais ils font beaucoup de rites qu’ils n’expliquent pas. Et j’étais surpris de voir que la famille en deuil devait être là depuis un petit moment puisque à côté d’eux dans la chapelle, ils avaient une table avec le reste d’un macdo. Il doit être possible de manger dans une chapelle pour eux. Certains cimetières ont des pierres tombales toutes identiques. D’autres sont comme chez nous avec des tombeaux familiaux, des petits mausolées … Ce petit détour me prend une demi-heure en plus, mais ça en valait la peine. Le parc Tineretului est immense et tout aussi apaisant, de grands circuits de marches, courses à pied et de vélos sont proposés. Il faut savoir qu’à Bucarest, le vélo n’est pas très pratiqué en ville (et je ne le conseille pas vu comment ils conduisent). On ne trouve pas de vélib dans les rues. Mais on trouve dans les parcs, des i’vélos, c’est une agence qui propose d’emprunter (gratuitement je crois contre carte d’identité) pendant 2 heures un vélo pour se balader dans le parc. Et les bucarestois en sont très demandeurs. On peut aussi trouver dans le parc des installations de musculations gratuites. Mais là je n’y ai vu personne. Et des petits terrains fermés de football. Très utilisés car le football est aussi un sport national en Roumanie. Non franchement leurs parcs sont supers.

Je rentre, je prends le métro. Au changement dans le métro, je tombe sur un mini spectacle de danse sauvage (sans doute pour de la pub) qui commence par « don’t worry be happy » ma chanson préférée. Ça me fait sourire et en tout cas, ils étaient de bons danseurs qui le faisaient avec plaisir. Une vrai animation de métro que j’ai eu plaisir à regarder. L’animation de petit chanteur ou joueur n’a pas trouvé sa place dans les métros bucarestois. Mais j’apprends plus tard que ce genre de manifestations dans les métros sont assez fréquents.

Je rentre enfin au presbytère. Je fais mes devoirs. Je mange avec père Daniel. Il me sort encore un apéritif différent. Ici les bouteilles ne contiennent jamais ce qui est écrit. Ils sont nombreux à fabriquer leur alcool eux-mêmes. Père Daniel m’avait expliqué qu’ils aimaient bien prendre un apéritif avant de manger parce qu’ils disent que ça ouvre l’appétit. (Il me dit aussi que, souvent, c’est fort donc il faut manger pour apaiser). Puis on mange la salade de choux préparée par Dolra, Ensuite un bon morceau de fromage, père Daniel a trouvé un camembert, le seul fromage qu’il aime beaucoup. Mais après le premier morceau, il se rend compte qu’il vient d’Allemagne, ça n’a rien avoir avec du camembert, il est déçu. On accompagne ça d’un nouveau vin. Un vin roumain maison, où pour la première fois pour moi, ça a le goût de raisin, c’est très frais et agréable. Ce soir, il y a un match de foot roumain, il essaye de trouver la chaîne. Il ne l’a pas, il part chez un ami pour regarder le match. Crevé de la marche de la journée, je ne tarde pas à me coucher. J’essaye juste de voir comment je pourrai régler mon problème de wifi. Deux heures après, je suis content d’aller me coucher. Mais je ne sais même pas si j’ai résolu le problème. A demain.

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