Comme l’autre matin, je profite de ma dernière « grasse mat’ », et ce matin je commence par écrire ma journée d’hier. C’est vrai que ça me prend du temps, mais vu les mails et commentaires de ceux qui me suivent, ça ne donne qu’envie de continuer. Et puis au final, c’est agréable d’écrire.
Il est déjà midi que j’ai à peine fini mes devoirs. Je pars quand même en ville pour continuer mes rencontres. Je m’arrête vite fait à Tip-Top, un fastfood à 3€ la pizza comme dans une pizzéria française et en plus elles sont agréables et bonnes. La serveuse me demande si je veux de la sauce piquante. Je dis oui (ou plutôt « da »). Elle en met une bonne quantité. Là j’ai peur d’avoir fait une erreur. Mais en fait, leur sauce piquante est plus sucrée que piquante. La pizza n’en est que meilleure. Me voilà soulagé.
Je pars en direction d’un bâtiment que nous connaissons bien maintenant. La maison du peuple, le 2eme plus gros bâtiment du monde. Après avoir visité le musée d’art contemporain, père Daniel m’a vraiment incité à visiter le côté parlement. En plus, on peut avoir des visites en français. J’arrive, quatre cars de visiteurs devant. J’arrive à grappiller quelques (nombreuses) places. J’arrive à l’accueil, la vendeuse me dit qu’il n’y a pas de visite en Français. C’était trop beau. Aller, une visite en anglais, ça ne peut pas faire de mal. (Désolé pour les photos elles viennent d’internet. Il fallait payer 30 lei de plus pour pouvoir faire des photos mais je n’étais pas sûr du résultat. Alors que sur internet, on est sûr du résultat.)
Dans le temps d’attente et dans ce hall d’attente, une chose m’a surpris et j’en profite pour faire un aparté sur les gardiens en tout genre. En effet, devant moi un contrôle de sécurité, avec des agents de sécurité. Et là au milieu de tout monde, dans le bâtiment, un agent allume sa cigarette et fume tranquillement. Déjà il faut savoir qu’à Bucarest, il y a des gardes pour n’importe quoi, les parcs, les jardins, les halls d’immeubles, les entrée d’écoles, sur les quais des métros, dans les métros, sur les chantiers, les magasins, les parkings, les cimetières … Et donc il n’est pas surprenant de les voir fumer (même à l’intérieur), les voir jouer avec leur portable, les voir en train de regarder des films sur un petit poste de télé. Il faut savoir que Bucarest est une ville très sûre du coup, il n’y aurait de souci que dans le quartier Gare du Nord où je suis arrivé au début. Je trouve que Bucarest est une ville plus calme que Paris au niveau de la génération de conflits. On m’a confirmé qu’il n’y a pas (ou très peu) de bandes ou de gangs. Leur problème comme ils le disent, ce sont les tsiganes mais ils agissent secrètement. Et en plus de tous ces gardiens et agents de sécurité, il y a des caméras partout (dans les métros, les moindres petits magasins, les écoles même l’église où je suis, est entourée de caméras. Après est-ce qu’il y a quelqu’un pour regarder les écrans de contrôle, c’est un autre problème.) Fin de l’aparté.
Ainsi la guide commence la visite, elle parle bien anglais et à ma grande surprise j’en comprends au moins la moitié. Ce qu’il faut retenir (avec l’aide d’internet) c’est la folie d’un homme : Ceausescu, le dirigeant du pays pendant la fin du communisme. Il a fait bâtir la maison du peuple qui constitue un imposant quadrilatère de 270 sur 240 mètres, d’une hauteur de 86 mètres pour la façade principale, et qui semble littéralement dominer Bucarest. Avec ses 350 000m² « habitables », le Palais du Parlement est l’un des bâtiments les plus grands du Monde.
Si l’on s’en tient uniquement à la catégorie bâtiment administratif, il arrive second après le Pentagone. Haut de 12 étages (à son maximum) et 8 nivaux en sous-sol (dont 4 pas vraiment terminés), le palais compte plus de 1000 pièces, du simple bureau jusqu’au salon d’apparat de 3000m² ! Tout est ici démesuré. Pour arriver à ses fins, rien n’a semblé en effet l’arrêter, à commencer par la destruction de 520 hectares en plein cœur de Bucarest et l’expulsion de près de cinquante mille personnes. Vingt mille ouvriers (et sept cents architectes) ont travaillé jour et nuit sur le chantier ; des villages entiers ont été mis à contribution pour tisser de fils d’or les milliers de rideaux et tailler le cristal des 4500 lustres ; des carrières de marbres furent totalement épuisées par le million de m3 prélevés ! Mais le plus grave fût bien évidemment le coût de ce délire : On estime qu’entre 1984 (date du début des travaux) à 1989 (celle de la chute du régime), cette fièvre constructrice a englouti tous les ans près de 40% du PIB du pays ! En visitant cet intérieur tout de marbre blanc vêtu, j’ai trouvé ça plus impressionnant que le château de Versailles (ça reste subjectif) mais la guide m’a fait sourire quand elle a parlé des jardins dans les cours intérieures, on a regardé par la fenêtre et là il n’y avait strictement rien à envier aux jardins de Versailles (ça reste subjectif). On a visité plusieurs pièces, on est surtout allé sur le balcon où on a la vue sur l’Avenue de l’Union, longue de 3,2km. Ceausescu voulait qu’elle devienne la deuxième avenue après les « Champs Élysée ». Oui ce musée représente toute la folie d’un homme. Ce fut très intéressant. Mais je ne pense pas m’inspirer de ce genre d’architecture pour faire ma maison plus tard. Quoique !
Je continue mon périple dans la ville et qu’est-ce que je décide d’aller voir. Devinez ? Et oui, encore un parc. Et aujourd’hui c’est celui de Herãstrãu. Et directement je suis séduit par le nombre de personnes, les sentiments de fête, l’esprit paisible des gens, c’est vraiment très agréable. Et toujours aménagé pour que tout le monde puisse s’y reposer, jouer, faire du sport, de la pêche, manger, boire, se balader, et toute autre activité. Un air de fête m’amuse, on peut se faire maquiller, caricaturer, on peut acheter des jouets, faire un tour de calèche. Et puis je vois des stands de vente (pâtisserie, artisanats, bijoux, jouets, …) Et puis soudain, devant moi passe une parade du pays, puis une 2e. Plus loin, j’aperçois enfin une scène, avec un spectacle de danse traditionnelle, en habit traditionnel, avec de la musique et des chants traditionnels. Je comprends enfin que cet air de fête n’est pas propre à ce parc mais qu’il s’agit d’un festival traditionnel de Bucarest. Quel heureux hasard, moi qui me disait la veille que je ne connaissais rien de leur musique et leur chant. Je me laisse submerger par cette invitation, j’ai du mal à m’en détacher tant la beauté et la différence de ces danses, se rapprochant de leurs racines orientales, mais en même temps en y ajoutant quelque chose de Russe, de Celte, et de Germanique. (Mais cela reste subjectif !) En tout cas, je me laisse prendre. Je filme pour en ramener le plus à la maison et aux écoles. Mais plus de batterie, il n’y a plus que moi qui profite. C’est dommage c’est vraiment surprenant. Un instant unique dû à un heureux hasard. Déjà la fin des danses, je comprends qu’un autre groupe arrive juste après, juste le temps d’acheter un « porumb », un épi de maïs cuit, et de revenir voir le nouveau groupe. C’était un groupe de musique classique qui reprenait les plus grands standards de la musique classique de l’est. Malheureusement je ne peux vous dire les noms, ma culture en musique classique s’arrête là. Je me laisse bercer, je me dis encore 10 minutes, puis encore 10 minutes. Puis un groupe de musique mexicaine se rajoute. Je ne suis pas rejoint par ce duo de groupes. C’est le signal, je rentre. Ah ! Qu’il est beau le hasard ! A croire que quelqu’un s’occupe de ça (mais là encore ça reste subjectif !) Je mange, j’écris et je me couche. A demain









