Je commence par un cours de mathématique avec Satu et Josselin, et les 2e B. Ils ont deux professeurs qui les aident pour faire leurs exercices. C’est la cinquième semaine et j’ai encore des surprises, je me rends compte en passant dans les rangs, qu’ils savent tous faire la notion demandée qui n’est pas des plus évidentes. Au final, la seule différence entre les élèves : c’est le rythme. Certains auront fini la feuille d’exercices à la fin de l’heure et d’autres auront fait tranquillement le début. Donc il y a une vraie attention sur le rythme de l’élève, et ils sont tous capables d’y arriver.
Je retrouve les 5B, ils sont en demi-groupe et ils ont un devoir. Pareil, je trouvais leur cours de français léger, les enfants pas très concentrés, je me disais que le devoir aller être une catastrophe. Mais en passant dans les rangs, leur niveau est très bon. On retrouve ce paradoxe de ce système éducatif. Pendant les cours, beaucoup de libertés, ils peuvent parler, se déplacer, il peut y avoir un peu de bazar et laisser penser qu’ils n’apprennent rien, et qu’ils ne sont pas en situation de travail. Mais quand tu les mets devant une feuille de test, le niveau est là. Le niveau reste correct pour tous les élèves, il y a des très bons, mais pas de mauvaise copie. Et plus, sur leur copie, il leur est demandé en dessous du nom, de mettre leur propre évaluation de leur participation en cours. Et pour la plupart, ils restent assez honnêtes sur leur auto-évaluation.
Un cours d’histoire, puis un cours de finnois en demi-groupe, ils échangent avec le cours de français. Le cours de finnois ne montre encore la très bonne pratique des manuels associés au logiciel projeté aux enfants.
Après le repas, c’est l’heure de la rencontre européenne des classes. Aujourd’hui, c’est la classe de 6e francophone qui rencontre les CE2 de Vannes. Les élèves finlandais se débrouillent très bien en français ainsi beaucoup de questions-réponses. Quelques jalousies pensant que c’est mieux dans l‘autre pays. Les enfants français sont surpris que les finlandais mangent du renne, l’animal du père noël. Les finlandais sont surpris qu’ils finissent à 16h30.
La France nous demandera si on peut chanter une chanson française, les finlandais connaissent très bien « frère Jacques », et eux nous chantent « moi je suis polyglotte ». Les enfants sont applaudis par un public à l’autre bout de l’Europe. Ça se sent que chaque classe est ravie de cette rencontre, mais c’est déjà la fin. Ils gardent le contact pour continuer à s’échanger des questions par mail et peut-être d’autres réunions Skype. Un mail futur de l’enseignante française me dira, que même certains ont du mal croire que ça s’est vraiment passé. Ça paraît si simple une rencontre skype, mais avec une classe à l’autre bout de l’Europe, je peux comprendre que pour certains enfants ça peut-être dur à réaliser.
J’ai un rendez-vous avec le couple breton-japonaise, mais j’ai 1h30 à attendre. Je me pose dans la salle des profs et prends de l’avance sur la rédaction de mes remerciements pour la fin de semaine. Je quitte l’école. Je retrouve le couple à l’université de Turku, (c’est bien, ça me fait découvrir cet aspect là aussi), ils sont en compagnie d’une autre française qui fait des études ici, et qui travaille sur le programme de recherche « Kiva », c’est un programme de recherche financé par le ministère de l’éducation pour essayer de résoudre les problèmes de bizutages et harcèlements dans les écoles encore trop présents. (La Finlande n’est pas le plus touchée par ce phénomène mais elle a eu des cas school-shooting.)
Ainsi on présentera chacun son projet, une discutions très intéressante, elle me présente comment les psychologues font des études sur ce phénomène, ce qu’on peut-mettre en place. On reparle des différents pays que connaît chacun. On restera discuter deux bonnes heures autour d’un thé. Je les remercie chaleureusement, car grâce eux j’ai un contact pour la Chine. On se quitte, je rentre.
Je fais mes devoirs, programme mes dernières rencontres, et il y a même un copain de celui qui me loue sa chambre qui passe pour être sûr que tout va bien que je n’ai besoin de rien. J’apprécie le soin de ce propriétaire. Je finis mes devoirs, je mange, je me couche. A demain.









