Comme je n’ai pas réussi à les avoir ce week-end, je contacte de bon matin ma famille sur Skype. Puis, j’enchaîne ma routine, pour me rendre à l’école. Fidèle à mes premières années, je continue d’observer encore quelques jours dans cette classe. La maîtresse leur donne une dictée de mots inconnus (qu’ils peuvent retrouver en découpant les sons). Je passe dans les rangs, je me rends compte qu’il y en a beaucoup qui ont des problèmes, même si la prof leur fait des exercices un peu élevés. Certains ne suivent pas du tout, un autre n’arrive qu’à recopier, donc regarde sur son camarde, une autre sait qu’elle doit écrire mais met n’importe quoi, sans parler de mon ami « Résus », qui ne sait pas écrire. C’est assez perturbant d’observer tout ça, et de voir que l’enseignante n’y prête pas beaucoup attention. Elle corrigera rapidement les cahiers, et ceux qui ont faux, devront recopier plusieurs fois les mots, pendant que les autres discutent.
Après, avoir encore aidé mon ami « Résus », à faire des lignes de bases pour écrire. J’essaye d’aider les autres en me rendant compte que certains ne connaissent pas les lettres (ils savent les recopier, mais ne savent à quel nom et son elles sont associées). J’improvise pour ces petits bonhommes une méthode visuelle de mémorisation des lettres avec des mots espagnols, du moins, aujourd’hui, juste pour les voyelles. Ça a son effet, mais ça demanderait de travailler plus souvent avec eux.
Je filme aussi un peu pendant la matinée, les enfants sont d’abord passifs à la vue de la caméra, mais plus ça va, plus ils commencent à s’agiter.
Je continue d’aider les enfants qui ont du mal. Comme ils sont perdus à chaque fois en lisant le tableau, je leur épelle en espagnol ce qu’ils doivent écrire. Méthode efficace mais qui demande beaucoup de patience pour l’ « épelleur ». Je veux continue à les aider, mais c’est vraiment dur surtout quand on ne maîtrise pas leur langue. Fatigué, je m’assois au fond de la classe.
Mais j’aurais la bonne surprise de vivre un moment magique. Le petit « Résus », vient me voir avec son cahier, motivé. Étant surpris de son élan, je ne peux que vouloir l’aider, et au moment où je lui explique comment faire les prochaines lignes d’écriture, il s’arrête et me fait un bisou sur la joue. Je m’arrête, je vois dans ses yeux une étincelle de remerciement. Ma fatigue me passe d’un coup, et là je réalise que c’est pour ça que je veux être à l’autre de bout du monde : ces instants uniques de la rencontre de la bonne volonté d’un fou-rêveur et de l’innocence d’un enfant en soif d’attention et de savoir.
Cet événement clôture la journée, je pars manger pour revenir jouer de plus belle aux batailles de pouces et aux jeux de mains, on chante la version en espagnol qui plaît beaucoup. Une maman vient me voir, elle m’explique que pour la journée de demain, journée de brigade policière, elle aimerait que je sois le parrain de sa fille pour lui remettre les insignes. J’avoue qu’en fait sur le coup, avec l’espagnol, j’ai juste compris « parrain » après l’avoir traduit dans le dictionnaire et que je devais être là pour la cérémonie de demain. Mais j’ai accepté pour ne déplaire à personne, sans savoir vraiment en quoi ça consistait. C’est après que je comprendrai.
Je rentre, un Skype, et je finis enfin ma newsletter. Un petit repas cuisiné et je continue de faire les vidéos du Québec. A demain.









