Lundi 31 décembre : un nouvel an fortuitement super et bien organisé

L’agitation du bus reprend vers 6-7 heures du matin. En plus, le bus passe par des pistes rocailleuses, ça bouge pas mal. Juste après, on enchaîne en passant dans les montagnes. Le paysage est magnifique. Je reste là, posé à regarder, au lieu d’écrire, lire ou écouter mes cours d’anglais. Je mange mon petit-déjeuner. On emprunte des épingles à cheveux, ça « danse » un peu dans le bus. Je reçois un sms d’Anaïs, mon amie que je rejoins à Goa qui me dit qu’elle est déjà arrivée. Ça s’annonce bien. On s’arrête juste une deuxième fois sur une aire d’autoroute, quand je dis qu’il faut bien gérer les arrêts. Je constate qu’ils ont changé de chauffeur, ça rassure. J’avais lu qu’il était déconseillé de prendre des bus de nuit puisque certains chauffeurs pour tenir le coup toute la nuit se droguaient. Mais père Brendan et Sandy m’ont trouvé une compagnie sérieuse, je les en remercie. On repart. On m’avait dit que le bus arriverai à 10h, il est 12h quand j’arrive à Panaji.

A peine sorti, que je me fais tomber dessus par 5-6 chauffeurs de taxi. J’ai l’adresse que m’a envoyée Anaïs. Malheureusement, c’est assez long et il profite encore du touriste que je suis, je paye, je pense, plus que la normale. Mais bon, c’est mes vacances, j’ai encore rien dépensé depuis que je suis arrivé à Nirmal, on va dire que ça passe.

Après une demi-heure de route, il est 2 heures de l’après midi, on arrive, je découvre le lieu choisi par Anaïs et ses amies, elles ont choisi « Calangute ». C’est un lieu très touristique à ce que je vois. Le chauffeur me dépose à l’entrée principale de la plage. Le dernier SMS disait qu’elles étaient sur la plage. Je vais essayer de les retrouver.

Je découvre la foule immense, majoritairement des hommes, une vaste plage longée de bungalows restaurant-bar-transat-masseur avec parasol, le summum du tourisme. Je marche d’abord vers la gauche de la plage. Les gens se baignent dans les grosses vagues. Je regarde si je ne retrouve pas mes amies, mais c’est dur. Je tente dans l’autre sens en leur envoyant un sms. Je marche, je découvre la folie de ce lieu, une quantité impressionnante de déchets sur la plage, des gens avec des bouteilles, déjà ivres, ne tenant plus debout. Des personnes de tous âges s’amusant à se recouvrir de sable, faire des sculptures osées, se rouler dans le sable. Il y a des surveillants de baignade qui n’ont pas l’air de s’ennuyer avec les vagues, la foule dont les gens ivres. Je croise une vache et des chiens errants sur la plage. Je découvre aussi toutes leurs attractions touristiques : location de jet-ski, tour de parachute tracté, tour en banane géante et autres fantaisies.

Je reçois enfin le sms d’Anaïs, me disant où elles sont : « alex guest house », me reste plus qu’à trouver le bon bâtiment. Je finis ma traversé de la plage pensant que ça doit être dans un de ces bungalows restaurants  le long de la plage. Je les regarde tous. J’arrive à l’extrémité, bredouille, fatigué, en nage et impatient. D’après les sms suivants, ça serai au début là où m’avait déposé le taxi. Bon on va dire que ça me fait une bonne visite de la plage et pour ne pas être venu ici pour rien, je repars dans l’autre sens la caméra à la main. Que de photos, hâte de voir ce que ça va donner. Malheureusement, je ne croise pas ma vache. J’arrive enfin au lieu du début. Il faut dire que la plage est super grande. Elles sont à leur hôtel qu’elles ont déjà réservé aussi pour moi. Je rentre. On se croise avec Anaïs, enfin … qu’est ce que ça fait plaisir, nous qui avions tant dit qu’on le ferait, on l’a fait, merci l’Inde, la vie et le portable. « Qu’est-ce qu’on a changé ! » c’est la première remarque de l’un et de l’autre.

On monte je découvre la chambre d’hôtel, c’est très bien, je n’en demandais pas tant. Elles ont déjà payé et vu les papiers, ça tombe bien je n’avais pas mon passeport qu’ils ont demandé, il est resté à l’ambassade. Trois lits et un matelas par terre, un WC et une douche avec eau chaude, l’air tournant au plafond. Ses amies dorment, on ne les réveille pas, on se pose devant et on discute. Qu’est-ce que ça fait du bien de parler français, de raconter nos aventures, de déconner, de rire, de s’amuser. Les deux amies se réveillent, je les découvre. Une est en mission MEP humanitaire comme Anaïs à Trishurt mais pour son stage de 3e année de science politique, l’autre aussi est en stage mais à la chambre du commerce de Chenai. Elles veulent entendre mon récit de tour du monde, moi qui ne demande qu’à parler français, je réponds à la demande jusqu’au moment où je commence vraiment à avoir faim, je n’ai pas mangé depuis ma barre d’arachides. Elles ont mangé à 10 heures quand elles sont arrivées, elles sont aussi décalées que moi. On sort.

Je les suis, on s’arrête dans le premier restaurant qui a l’air bien. Les deux nouvelles amies doivent passer dans un cybercafé pour prendre contact avec un autre ami de science politique qui serait aussi à Goa. Avec Anaïs, on s’installe et elle me fait découvrir les Noddles, les nouilles à moitié chinoises, à moitié indiennes. On continue de discuter, on a tant de choses à se raconter, quatre mois d’aventure de l’un et de l’autre ne se résume pas comme ça. On finit de manger, c’est vraiment épicé. Les deux copines arrivent, elles préfèreront qu’on bouge pour qu’elles mangent ailleurs. On va sur la plage. On appelle l’ami en question pour essayer de le retrouver, les explications sont vagues pour le retrouver maintenant, mais il nous annonce qu’il a un super plan pour la soirée du nouvel an et qu’on est les bienvenus, c’est un petit coin tranquille à 100 mètres de la plage. On décide de se retrouver avec lui là-bas, pour l’instant, on profite de la plage. Mais pas de baignade, il nous a déconseillé d’y aller sans ami homme indien, puisque certains indiens en touristes ici, ne se seraient pas bien comportés à la vue de belles européennes. On va juste dans un de ces bar-bungalows le long de la plage, un peu retiré, plus tranquille, on se pose face à la mer, vue sur le coucher du soleil avec un cocktail à la main qui ne coûte trois fois rien ici. Enfin, je me dis que je suis en vacances, on discute, posés, on profite de la vue, nos deux amies mangent un petit truc. Je les remercie d’avoir tout trouvé, et que je n’ai juste à profiter, je n’avais pas imaginé finir l’année comme ça, mais après quatre mois de projet non-stop, qu’est-ce que ça fait du bien.

On repart à l’hôtel se préparer pour la suite, et oui ce soirj, on sort. C’est amusant, je pensais justement pendant le mois, qu’un moment que j’aimais beaucoup c’était la douche avant la fête du nouvel an. Cette douche où tu veux bien finir l’année et tu prends le temps tranquille de t’habiller et tout et tout pour la soirée. J’avais pensé que je n’y aurais pas eu droit cette année. Et bien si.

Une fois, les filles maquillées, les poches avec que ce qu’on pourra avoir besoin, on part. On résout l’énigme du dernier sms pour trouver le lieu. On arrive sur un coin super sympa, mais vachement privé, terrasse plein air dans le sable, bar, tables avec bougie sous le parasol de palmiers, musique, lumière, bar, barbecue plein air, Bungalows-chambres privés sur les côtés. On se dit que ça ne peut pas être là, on traverse juste pour rejoindre la plage et on appelle l’ami en question, on se retrouve, et on part au lieu de la fête, c’est ce fameux lieu en question, avec Anaïs, on est trop content?, on continue notre refrain du jour « si on nous avait dit !! »

Les gens commencent arriver, mais petite anecdote de début de soirée, coupure générale de la ville, tout le monde dans le noir, on entend un « hooo !!! » qui s’étend loin aux alentours, une ambiance unique, heureusement que ça n’a duré qu’une minute.  Des indiens arrivent pour la plupart, quelques européennes, cet ami Simon, nous présente, ils sont très contents de nous recevoir et de nous accueillir. Surprise, il y a même deux-trois indiens qui parlent français.

La soirée commence tranquillement, mais plus ça va et plus les indiens sont vraiment sympas, surtout celui qui parle français. Ils sont tellement sympas qu’un moment un de nous déconseillera d’aller voir l’ambiance qui y a sur les bars de la plage, les indiens sont tous différents qu’il nous dit, il y a beaucoup de travestis. De loin, on comprend qu’il a raison. On continue la fête avec le groupe. En fait on a vraiment de la chance d’avoir trouver ce lieu, pour les autres si tu ne connais pas, tu peux avoir des problèmes. Le nouvel an arrive, il n’y a pas eu vraiment de décompte, juste des « happy new year » dans tous les sens, beaucoup de photos et de la danse. Le moyen le plus facile de communiquer quand on ne connaît pas la langue du pays. Je danse avec mes amis, les indiens, les européennes, c’est vraiment une bonne ambiance. On se posera avec Anaïs et on prendra le temps de discuter, je rencontre ce soir une très grande amie, merci à toi Anaïs en toute fraternité. On décide de rentrer à l’hôtel vu que l’ambiance retombe un peu et qu’on est crevé. Le sommeil ne met pas longtemps à venir. A demain.

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