J’avoue avoir mal dormi, je vous explique pourquoi. Hier, Wiki voulait la vidéo du théâtre, problème : cette vidéo une fois arrangée dure deux heures et demie. Et donc pour faire le rendu, mon PC me disait plus de 10 heures. J’ai décidé de faire tourner mon PC pendant la nuit mais ici, il fait tellement chaud et mon PC commence à faire des siennes, je suis obligé de le ventiler avec le gros ventilateur de la chambre pour éviter que mon ordinateur surchauffe et s’éteigne. Donc pendant toute la nuit, j’ai le gros ventilateur en marche, un bruit pas possible, difficile de dormir paisiblement. Vers 4 heures du mat, j’en ai marre, en plus, la vidéo n’est prête qu’à 13%, ce ne sera jamais fini pour la messe de ce matin. Je coupe et enfin je m’endors paisiblement pour 3 heures de sommeil, la messe étant à 7h30. Dur dur de faire plaisir.
Après la messe toujours la joie de retrouver des paroissiens, et surtout mon ami Rostan, ils prennent toujours un petit déjeuner qu’ils achètent juste à côté en discutant devant l’église, Aujourd’hui encore, ils me proposent un « pattie au poulet » pour commencer la journée. Ils me demandent le nom de ce met en français, je leur réponds « friand ». Rostan est déçu que je parte à Goa, parce que je loupe une de ces fêtes, en plus que je pars d’Inde juste deux jours avant son Mariage. Dommage, c’est vrai que j’aurais bien aimé rester.
Je les quitte pour retrouver un deuxième petit-déjeuner avec père Alex et Sandy, le cuisinier nous ramène plusieurs pâtisseries différentes. Un gâteau jaune fluo assez spécial, des puree-puree (les beignets très sucrés) et d’autres mets que j’apprécie. Chacun part à ses occupations, il y a encore un mariage qui se met en place, je vais juste voir les installations derrière l’église dans la cour d’école, c’est toujours surprenant cette efficacité du dernier moment et la façon dont ils voient les choses en grand et en couleur. Je fais quelques photos.
Je rentre préparer mon sac, je fais exceptionnellement mon repassage, d’habitude c’est le cuisinier qui le fait (qui est d’ailleurs en plus l’homme à tout faire), comme quoi je suis vraiment bien ici, mais aujourd’hui comme il faut des chemises convenables pour le nouvel an, je passe outre le fait que ce n’est pas à moi de faire ça. Le tout dans une ambiance de fête. Qui dit mariage, dit « bang » de musique, on peut avoir l’impression qu’ils font tout le temps la fête, ici en Inde, ça a vraiment son charme. (Et le mois de décembre est le mois des mariages me dit-on)
Père Alex me réinvite un pendre un thé, ici on aime bien se tenir compagnie même si on se dit pas grand-chose. En l’occurrence, il y aura beaucoup de passages, mais un bon thé ne se refuse pas.
Je travaille sur mes vidéos jusqu’au repas. Pendant celui-ci on verra l’heure à laquelle je dois partir avec Sandy. Après tranquille, petite sieste, je sors, je retrouve père Brendan, Sandy et Paulus devant la télé en train de regarder la revanche de la partie de criquet Inde-Pakistan en direct. Puis une pub, tout le monde va à d’autres activités. Je vais voir comment se déroule la suite du mariage dans les installations : une belle fête pleine de musique, une longue queue jusqu’aux mariés sur la scène pour les féliciter. Des jeunes de l’école viennent me voir, on discute vite fait et ils veulent m’offrir une glace, ça ira pour cette fois. Je rentre en passant devant l’église ouverte, père Brendan à l’intérieur avec un public d’enfants me dit de venir. Je ne faisais que passer. Au final, il me présentera et profitera de ma présence pour leur témoigner mon projet en marathi. J’apprécie vraiment qu’il aime partager mon projet avec les jeunes qui me regardent toujours avec des yeux de curiosité, moi qui suis là aussi pour montrer aux jeunes qu’on a le droit rêver. Certains voudront me serrer la main, je serre trois-quatre mains et pars directement pour éviter de provoquer un mouvement de foule.
Je rentre dans ma chambre, je fais de la vidéo jusqu’à ce qu’il y ait la coupure de courant. Et oui, tous les jours entre 2h et 4h la plupart du temps, on n’a pas d’électricité. Mais la plupart des bâtiments sont équipés de batteries de secours qui permettent d’assurer le minimum ; souvent la ventilation. Je ne peux faire de la vidéo que quand je suis branché, ma batterie commence à se faire vielle, j’écris ma journée puisque ce soir je pars, je n’aurai pas le temps.
Il est l’heure du thé, j’arrête.
Bon, il faut que je t’avoue quelques choses cher lecteur. Je n’écris pas forcement mon carnet de voyage le soir même et tous les soirs. Je m’adapte aux imprévus de mon non programme et j’écris quand je peux. Ainsi, là par exemple je n’ai pas écrit depuis 3 jours, depuis ce thé. Je vous raconte mon nouvel an que j’ai noté sur un petit carnet pour ne rien oublier. Ainsi, je reprends là où j’en étais après ce thé. Et je garde la trame de la journée.
Après ce bon thé avec père Alex, je travaille sans courant, puis je sors voir le coucher de soleil et la ville. Etant posé devant l’église, je reste accessible à la rencontre et justement voici que je rencontre encore un nouveau paroissien qui vient faire plus ample connaissance, il s’appelle Rocky, (il plaisante lui-même sur son prénom, il est marrant) il m’invite à venir chez lui juste pour me montrer où il habite c’est a cinq minutes. Je lui dis d’accord mais pas trop longtemps, ce soir, je pars pour Goa. Ainsi, on marche jusqu’à chez lui, on traverse des petits villages que j’aime beaucoup, il me dit qu’il a une fille qui s’appelle Ramania qui est à l’école English High school, et qu’elle m’apprécie beaucoup, elle va être très contente de me voir. On arrive devant sa porte, il appelle sa fille pour qu’elle vienne ouvrir. La surprise est totale, elle est trop contente, son premier réflexe est de vouloir faire une photo avec moi, on s’y reprendra à 4 fois pour qu’elle ait une photo qu’elle apprécie. Après je rencontre toute la famille, la mère, la sœur, ils posent bien de questions en même temps, ils sont très contents de me recevoir, de me faire asseoir, de m’offrir à boire. On parle de mon projet, on fait un cours de français, je leur dis que je dois y aller, ils me disent que je suis le bienvenu pour revenir manger. Ça fait toujours plaisir. On refait une dernière photo, et le père me raccompagne, il me présente à certains membres de son village en étant très content de leur montrer que je parle un peu marathi.
Je rentre dans ma chambre, finis mon sac, je prends une douche, et je mange avec Sandy, le cuisinier réchauffe vite fait au micro-ondes qui fait des étincelles, on ne tarde pas on a moins de 2 heures pour y aller. L’aventure « Vacances à Goa » commence :
Pas de toctoc, on s’accroche à un bus. Quand je dis qu’on s’accroche, on a les pieds sur la première marche, les mains sur la rampe d’accès, et la moitié du corps dehors avec les cheveux au vent. Je ne fais pas mon difficile mais je fais super gaffe que le bus ne frôle pas trop près des bâtiments ou des poteaux. Beaucoup de gens veulent monter mais il est déjà plus que plein (comme quoi il existe une certaine limite en Inde !) Quelques arrêts plus loin, les trois personnes qui arrivent à descendre nous permettent de rentrer enfin nos corps dans le bus et heureusement, un peu plus loin on ne serait pas passé.
On arrive à la gare, on court et on saute dans le train un peu à la parisienne pour avoir des places assises. Une demi-heure comme ça en discutant un peu avec Sandy de ses voyages, et on arrive. Pas de toctoc, surprenant et quand on demande soit ils nous renvoient ailleurs soit quelqu’un d’autre le prend avant nous. On commencera à pied et on se fera prendre sur la route.
Une fois à l’agence de bus, on est un quart d’heure en avance, Sandy se renseigne, le bus aura un quart d’heure de retard, je lui dis qu’il peut y aller. Je le remercie et j’attends. Je me manifeste juste au bond moment. Goa, c’est maintenant. Je monte dans le bus et découvre le « splepper Bus ». Des vraies couchettes par box, d’un côté deux lits une place superposés avec petit rideau de tranquillité, de l’autre côté du couloir, deux lits deux places superposés. Le bus peut accueillir 36 dormeurs et là les places et le nombre sont respectés. J’ai ma couchette perso. Je m’installe, je regarde par la fenêtre. Me voilà parti pour 13 heures de voyage. Je veux écrire mes cartes mais ça bouge trop. Au fur et mesure, on s’arrête prendre d’autres voyageurs, je rencontre enfin d’autres étrangers comme moi, des européens. Il faut croire qu’ils sont bien cachés. Au bout d’une heure, le bus s’arrête, on entend des bruits de clef à molette et autre outil. Ils réparent déjà le bus, espérons qu’il n’y aura pas trop de souci. Puis je veux me coucher, mais Sandy, protecteur et conseiller qu’il est jusqu’au bout, m’a conseillé de ne pas dormir de tout mettre dans mon sac et de ne jamais quitter mon sac. Je tâte le terrain. Je mets tout dans mon sac et je tente de dormir l’oreille attentive.
Vers 1 heure du matin, le bus fait une pause sur une vraie aire d’autoroute, petite surprise, je sors, je vais aux toilettes et il n’y en a pas dans le car, il faut bien gérer. J’achète de quoi avoir un petit déjeuner demain matin. Je découvre les barres de fruits secs caramélisés (pistaches, cacahuètes et noix de cajou …) je ne peux m’empêcher de goûter. Petite frayeur, j’avais l’impression que mon bus n’était plus à sa place, la fatigue ou juste un mauvais repère, heureusement ce n’est pas le cas. J’ai fait tout ce que m’avait déconseillé Sandy, dormir et quitter mon sac, qui est resté dans le bus avec mon portable. Quoi de pire que de rester sur une aire d’autoroute indienne, avec juste 500 roupies en poche et une barre d’arachides caramélisées. L’aventure a des limites. Pour éviter d’autres frayeurs, je remonte directement et vérifie mon sac. Tout va bien, je me recouche.
L’ambiance du bus est silencieuse, tout le monde dort, juste deux bébés qui se sont endormis très vite. La couchette est agréable, on dort bien, mieux toujours que dans le train. Je m’endors malgré les recommandations mais je sens que je ne crains rien. De toute façon, je ne pourrai pas tenir si je ne dors pas. A demain.









