Lundi 3 décembre : observation, dessin, chants.

La semaine d’école reprend même si la notion du week-end est un peu limitée. Je me réveille à 6h30. Je prends le thé avec père Brandon. Je pars avec mon sac et je passe dire bonjour à père Alex au portail, puis je monte dans la classe. Je retrouve Thelma qui est très contente que je choisisse sa classe. Les enfants aussi sont très contents de me retrouver.

Je m’installe au fond de la classe, ça sonne et le rituel commence. Tous les enfants chantent et connaissent les textes par cœur. Ils commencent par le cours d’anglais, langue principale. Ce cours me montre qu’il a aussi le rôle d’un cours d’éducation civique par le texte choisi. Ce dernier parle du travail du professeur avec la notion de préoccupation pour ses élèves, de la charge travail avec le foyer à s’occuper et d’être comme une mère pour ses élèves. Intéressant.

Mais il est 8h, je dois m’absenter pour mon breakfast, un œuf au plat avec des saucisses et du bacon de poulet, je pense ou quelques choses du genre. Je reviens, la prof est surprise de ma rapidité de petit déjeuner, j’avoue que je suis là pour les cours avant tout. Ils sont en maths où ils font la copie des tables de multiplications de 2 jusqu’à 15. Ça prend du temps mais l’enseignante occupée attend tout le monde. Ainsi les responsables-autorité reprennent leur rôle, passent dans les rangs, interpellent, grondent, et dénoncent au professeur. Le père Brendan passe dans les classes et vérifie la bonne gestion de son école, il interpelle une enfant qui n’a pas son ruban blanc. Il ira jusqu’à dire « si tu n’as pas la prochaine fois, tu restes chez toi. » Ici on ne rigole pas avec l’uniforme. L’enseignante ne respecte pas du tout le programme établi mais on est en début de période, pour l’instant, je suppose que c’est normal.

Ça sonne, ils vont en récré, dans les couloirs et la classe, certains iront dehors mais ils préfèrent généralement rester à leur deuxième étage. Je copie juste un truc et en sortant un élève me demande un « autographe » Ce que je fais inconsciemment avec plaisir sans réfléchir aux conséquences que ça va avoir. Je retrouve les enseignantes (que des femmes dans cette école en primaire), elles ont toutes leur en-cas : chappattis avec purée de légumes, poulet, ou autres plats très bons (à chaque, elles veulent que je goûte). Elles amènent le tout dans des Tupperware, des gamelles en fer ou carrément emballés dans du papier journal. Elles discutent dans une bonne ambiance, ça s’échange la nourriture, l’entente entre profs est très bonne.

Ça sonne, je retourne avec Thelma dans sa classe, le cours de géographie commence avec là encore, à partir d’un chapitre sur les ressources, des notions d’éducation à la nature. Les chapitres durent le temps d’un cours de 30 minutes, un texte d’explication, quelques images (des dessins) et des questions mais ils ne copient pas, la prof fait la lecture et explique, ils répondent aux questions sur leur cahier. Pendant ce laps de temps de copie, certains enfants se déplacent et commencent mes petits ennuis. Des enfants veulent que je leur fasse un autographe, donc j’en fais encore un, puis un autre petit. Pour l’instant je gère mais je sens venir le truc.

C’est le cours de dessin que la professeur a changé de jour. « Festival de noël » : deux enfants au tableau et les autres qui font quelques choses similaires à ce que ces deux proposent. Aujourd’hui, c’est un sapin de noël même si je n’en ai pas encore pour l’instant. Je me mets à faire un dessin, mauvaise idée encore, comme mon père noël est très réussi, il attire l’attention d’un, puis deux, puis trois puis la moitié de la classe, obligé de le montrer à tout le monde qui fait « whouaaa » en chœur. Je continue, ils viennent continuer à regarder. L’enseignante s’absente, c’est la folie, ils veulent tous voir, obligé, j’arrête mon dessin.

Je fais le tour des dessins des enfants, certains ont sorti le beau papier à dessin, d’autres ont pris juste une page d’un cahier quelconque, certains s’appliquent, d’autres ne cherchent même pas à essayer. Je retourne à ma place et là c’est la folie des autographes, ils m’apportent tous un bout de papier. J’en écris une dizaine, mais ils s’agglutinent tous sur moi en criant (je rappelle qu’il y en a 50), obligé d’arrêter et de leur dire que les autres auront un autre jour. Certains insistent mais je comprends que je dois être intransigeant autrement ça prend tout de suite des proportions.

L’enseignante revient, ils ont à peu près fini leur dessin, elle propose que je continue à leur apprendre mes chansons. Ce n’est pas pour me déplaire, on reprend « Oh malélé ! » De même, ils ont bien retenu « la famille tortue » et je leur apprends une nouvelle chanson, eux qui sont catholiques « il n’y a vraiment personne comme Jésus » avec les gestes, malgré l’enthousiasme des enfants je continuerai un autre jour puisque ça sonne. On se quitte.

Je rentre, repos lecture jusqu’à l’heure du repas devant la télé.

L’après midi je le passerai dans ma chambre à écrire des articles, travailler mon anglais, prendre le thé, me balader, rencontrer et filmer un beau lézard et une poule dans la cour recréation. Aussi, je filme les sorties des classes et je prépare des autographes d’avance. On m’apporte pendant la soirée un snack bien chaud : le burger indien.

Le repas toujours aussi bon et simple devant la télé.

Je me couche à demain.

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