Jeudi 30 mai : défilé de mode, un projet valorisant !

Aujourd’hui, je me lève tôt pour faire un test avec une école que je rencontre avec une classe péruvienne dans la matinée. Je me lève et je me connecte mais je ne vois pas les instit’ de connectées, je ne suis pas sûr qu’on se soit bien compris, je me dis quand même qu’ils seront au rendez-vous. Je profite d’être levé tôt pour faire un Skype familial et « quévinal », puis je pars de bonne heure pour installer le matériel de la visioconférence. Je retrouve dans le combi ma copine bénévole dont c’est le dernier jour aujourd’hui. Un peu stressée, ça devrait le faire pour le défilé aujourd’hui. On arrive à l’école.

Je retrouve mes deux copains de la veille qui sautent sur moi, pour me donner ma commande de toupie d’ici. Je suis trop content, elles sont trop belles et pour la première fois, j’arrive à la lancer correctement. Mon ami Renzo arrive en me disant qu’il n’y avait plus de verte comme je lui avais demandée, mais il me sort une magnifique jaune, je ne pouvais pas rêver mieux.

J’installe mon matériel de conférence pendant que des élèves m’ont demandé la caméra pour filmer la formation. Une fois installé, je ne vois toujours pas l’école de connectée, je m’inquiète, elle devrait être là. Je me résous à faire ce que je n’ai jamais fais depuis le début de mon voyage, j’appelle la France et en l’occurrence l’école, avec mon téléphone portable. Ça répond très vite, je tombe rapidement sur la directrice, elle m’explique qu’ils sont connectés sur Skype et que, eux aussi, ils me voient pas. Etrange, mais au téléphone avec la France (donc un peu plus cher), je propose rapidement de passer au plan B en utilisant Gmail. Là, ça marchera très bien. Soulagé d’avoir réussi à établir la connexion, je remercie mon instinct de les avoir appelés.

Je vais chercher les élèves de « secundo grado » (c’est-à-dire les CE1), je leur explique rapidement ce que je leur propose. Déjà, les yeux s’émerveillent. Une fois devant la projection avec le contact avec la France, ils sont excités. On commence notre échange de questions : les repas, à quelle heure ils commencent, le nom des maîtresses, l’arbre de noël (mais pas de sapin au Pérou), les jeux (mon ami Renzo voudra leur montrer sa toupie), la température, et ils veulent savoir si je me plais bien dans cette école, je me mets au milieu des enfants et ces derniers me sautent dessus pour montrer que je m’amuse bien avec eux et que oui, je m’y plais beaucoup. On termine par un traditionnel échange de chansons, ils sont très contents d’y mettre beaucoup d’énergie et c’est toujours amusant d’être applaudis par un autre pays du bout du monde. Les enfants sont ravis, ils finissent en envoyant un cœur qu’ils dessinent dans les airs et soufflent pour envoyer à nos amis français, c’est touchant comme tout ! Le sourire et la joie des enfants péruviens ne trompent pas, ça leur a vraiment fait plaisir, cet instant tellement improbable pour eux.

Ils repartent dans la classe. Dehors, ça s’active pour le spectacle du défilé de mode, qui a lieu aujourd’hui. Responsable de la musique, je prends le temps de leur faire un petit montage de musiques qui s’enchaînent joliment directement. Mais je me rends pas compte, je loupe la simulation nationale d’un séisme au Pérou (évacuation, sortie de secours, …) c’est qu’après qu’on me dira que ça eu lieu. Je sors de ma cachette : la salle à manger, et j’aide à l’installation : la sono et le rideau. Les professeurs se sont investies pour ce projet puisqu’elles installent avec les deux bénévoles le grand jeu. D’abord, un couloir de bande rouge qu’elles scotchent par terre sur tout le trajet prévu par les enfants (à défaut d’un vrai tapis rouge), puis une grande arche en ballon sous laquelle passera chaque mannequin et des décorations de dessins de vêtements de défilé sur les murs avec des guirlandes. Tout de suite, ça donne une autre dimension.

Les enfants spectateurs s’installent, les enfants acteurs s’habillent. La musique est prête. Tout le monde est quasiment là, mais il faut encore patienter pour attendre la fondatrice. J’ai mis de la musique, les enfants s’impatientent. Pour leur donner de quoi s’amuser en attendant, je commence à chanter en playback (un peu en exagérant !!) sur la musique en cours. Puis à la suivante, je me laisse prendre par la musique et je commence à danser. Ça fait plaisir à la foule.  On me dit de continuer puisque les personnes attendues ne sont toujours pas arrivées. Je me lâche, et refait une chorégraphie improvisée en finissant sur la danse de l’électricité et danse des cheveux, je fais un triomphe très apprécié. Ça me rappelle l’Inde, qu’est-ce que ça fait plaisir !

C’est bon, ils sont tous arrivés, le défilé de mode peut commencer. J’ai bien chauffé la salle (euh … la cour !) Petit présentation, puis en avant la musique. Les enfants habillés de leur poncho personnalisé de leur insigne, marchent avec allure comme on leur a appris. Mais cette fois ci, devant un public qui les applaudit. Ils n’ont juste qu’à marcher mais on sent la valorisation et l’estime de soi, que l’enfant gagne juste en avançant. Certains seront quand même un peu timides, d’autres assureront le show. Ils sont vraiment supers. Et ce projet est vraiment une bonne idée. J’aide les enfants à bien savoir quand est-ce qu’ils peuvent descendre les marches quand ils sont à trois. Je m’occupe en même temps de la musique. Et pour une fois, j’ai les mains débarrassées de caméra, puisque j’ai demandé à des 3e année de me filmer le défilé. Vu qu’il y a en un autre cette après-midi, je filmerai une deuxième fois pour assurer le coup.

Le défilé se passe très bien, même si mes deux amies françaises avaient bien stressé avant. Les grands qui ont « restylisé » de vieux vêtements sont vraiment très biens. Et le passage de la grande et la petite sœur ensemble est vraiment sympa. A la fin, les bénévoles vont chercher tous les futurs mannequins pour refaire ensemble un dernier passage et remercier la foule.

S’en suit la classe des 5 ans, pour compléter le défilé, la maitresse a demandé que chaque parent créé un déguisement fait à partir de matières recyclées. Ainsi, c’est à leur tour de défiler. De la fille modèle en papier kraft, à la princesse en robe de vieux cd, en passant par la sirène en écailles de bouteilles ou la Tahitienne en sac à patate. Tous les déguisements sont d’une grande qualité, on sent l’investissement des mamans, et on voit qu’il y a une vraie créativité qui dépasse largement celle de la France. Je suis bluffé. Je note, il y a tellement de possibilités finalement quand tu sais que c’est faisable.

Les discours pour clôturer le défilé iront dans ce sens et on prendra le temps de remercier nos deux bénévoles qui ont vraiment fait un beau boulot.

A peine fini, qu’il faut qu’on se presse. En même temps que je récupère les vidéos de tous en vue d’une vidéo sympa si j’ai le temps, on s’organise pour aller manger avec Annie la Fondatrice qui nous invite au resto. Le temps de finir de ranger, et de prendre un apéro avec Suzana, qu’on restera coincé dans la circulation de la ville à six personnes dans le taxi. Mes amies françaises seront obligées de râler un peu, ça m’amuse de râler contre les français. Finalement, il nous déposera dans un endroit où on est sensé être à deux rues du restaurant désiré. On réalise que c’est plus 5-6 rues, mais on arrive avant Annie qui était partie chercher d’autres français.

On se retrouve autour d’une belle table pou partager  nos projets et se rencontrer chacun dans son domaine. On en profitera au passage pour commander plusieurs plats typiques qu’on partage. Poivron farci, gratin dauphinois à la péruvienne, chevitché (poisson mariné dans du citron) une spécialité d’ici, fromage en sauce, et bien évidement du … cochon d’inde. Coupé en huit dans l’assiette, chacun peut en prendre des petits bouts pour goûter. C’est marrant à la première bouchée, j’ai eu l’impression que ça ressemblait à du maquereau. En tout cas ce n’est pas mauvais, même si on n’est pas beaucoup à aimer autour de la table. En même temps que ces découvertes culinaires, on discute pas mal, je prends le temps avec Annie de savoir ce qu’elle pense de nous, bénévoles, qui passons sans cesse à l’école. J’aime beaucoup la réponse qui rejoint ma pensée du moment avec l’idée des bénévoles dans les écoles. Je prendrai le temps de la partager sur mon site. Sinon Annie me propose de revenir un an pour enseigner quand je serais titulaire. Idée ma foi forte intéressante, mais c’est comme l’Inde, ça demande réflexion !

On finit le restaurant avec une glace au fromage et un gâteau de maïs. Comme on doit refaire une présentation du défilé devant les parents cet après-midi, on ne doit pas trop tarder. Annie nous ramène, juste avant on passe voir sa belle-mère de 86 ans, qui est à l’origine de ce magnifique restaurant au cœur d’Arequipa. Elle nous explique qu’elle a commencé avec un petit commerce de nourriture qu’elle vendait aux portes des usines. Un beau témoignage que tout est possible.

On retourne à l’école. On discute et on rigole pas mal sur la route, les traditions funéraires sont vraiment spéciales ici, on fait la fête sur la tombe du mort. Arrivé à l’école, on réinstalle tout, les parents arrivent. En attendant tous le monde, je m’éclate avec quatre première année qui ne voudront jamais arrêter. J’avoue que je ne referai pas une deuxième fois le show, l’ambiance n’est pas la même. Mais le spectacle est aussi un carton, quelle valorisation sous les yeux des parents. Je le redis, ce projet est vraiment super. Je filme et je me fais plaisir.

Après les discours et les remerciements, les parents assistent à leur réunion prévue, le spectacle étant un cadeau. Une psychologue leur apprend comment gérer certains problèmes de la vie quotidienne. Je réalise que cette école est aussi une école qui apprend aux parents. Encore un point qui rejoint ma pensé du moment. Après ce dernier temps, on fait un ultime rangement avant de dire au revoir à nos deux bénévoles qui nous quittent mais qui reviendront passer nous voir dans deux semaines. A la sortie, les 6e année font une vente de plats de poulet et de maïs pour financer un voyage de fin d’année. Ça change des ventes de gâteaux et ça fournit le repas du soir, je contribue à leur financement en achetant ma part. On rentre en combi tous ensemble avec une fille de l’école, ça discute et ça plaisante en essayant de ne pas faire tomber les plats de poulet qu’on a dans les mains à chaque dos d’âne.

Je descends à mon arrêt. Sur le chemin, du retour, je vais voir mon marchand que je suis allé voir à deux reprises pour lui acheter une petite réserve de confiture. Et une fois dans le magasin, il me demande si je veux de la confiture comme d’habitude, il me fera rire mais aujourd’hui, ce sera des enveloppes, du PQ, et des crayons. Arrivé à la maison, je me fais la vaisselle et la lessive que j’ai remises toujours au lendemain. Je finis deux-trois trucs et enfin je vais me coucher après cette longue journée. A demain.

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