Ah quelle journée, je ne sais pas si je vais me rappeler de tous ce que j’ai vécu et entendu. Le hasard ne se rend pas compte que je note tout une fois dans ma chambre. Il me donne pas mal de boulot. Mais bon je ne vais pas me plaindre d’avoir tant de riches rencontres.
Alors comme d’habitude, je profite de ma dernière grasse mat’, demain levé 7 heures. Je fais ma toilette du dimanche (elle est un peu plus longue celle là) et je vais manger mon petit déjeuner. Dans la salle à manger où m’attend mon petit déjeuner tout les matins, (Merci Dolra !) je vois que le bol qu’elle m’a mis est celui avec écrit dessus « le plus beau ». Coïncidence, ça m’étonnerai ! Et tout cas, ça me fait sourire. Je rejoins l’adoration avant la messe. Je prie. L’adoration se termine. Cécilia arrive avec sa famille. Elle me fait signe de les rejoindre. Je m’installe à côté d’eux, content de la retrouver. Elle est impatiente de savoir ce que j’ai pu faire pendant ces trois jours. La messe commence, elle attendra la fin de la messe. « Tourner les yeux vers le seigneur » en roumain, j’essaye de chanter mais je n’arrive toujours pas à cerner leur accent et prononciation. C’est une messe pour les enfants et pour le début de leur année scolaire. A l’homélie, Cécilia me traduit cette fois-ci les blagues de père Daniel, c’est moins frustrant. Père Daniel donne une image (qu’on m’a traduit par la suite) que j’ai beaucoup aimé et que j’ai très envie de partager : « un homme se plaignait d’avoir une trop grosse croix à porter par rapport aux autres, il fait un rêve où chacun fait un pèlerinage vers la montagne avec sa croix à porter. Ayant assez de sa grosse et longue croix, il se met sur le côté et en coupe un grand bout, pour que ce soit plus facile à porter. Mais voilà que sur le chemin, il y a un ravin, qu’il n’est pas possible de traverser seul. Le seul moyen est d’utiliser sa croix, pour faire un pont et de pouvoir passer de l’autre côté. Et ainsi l’homme qui se trouvait bien embêter d’avoir coupé sa croix compris pourquoi il avait une croix aussi longue. » A méditer. On finit la messe par un temps de chorale pour préparer le pardon de l’église « St François d’Assise » qui aura lieu le 4 octobre. J’y serais.
Je peux enfin raconter à Cécilia mes trois jours, elle me raconte les siens et on rencontre Dino. On marche ensemble jusqu’à l’appartement de Cécilia. Dino me fait un cours de théologie (que j’apprécie beaucoup, la messe en roumain est très méditatif, les deux l’un après l’autre se complètent bien). Puis Cécilia me fait des cours de roumain. On arrive chez Cécilia, Dino se joint à nous cette fois ci. Sa mère est très heureuse de me revoir. Moi aussi. On passe à table. Cécilia me propose une petite eau de vie. J’en profite pour demander à Dino la situation de l’alcool en Roumanie. Noroc ! On trinque. Dino et Cécilia se taquinent et ils me rétorquent, on suit votre proverbe français « qui aime bien, châtie bien ! » On vit un vrai moment de complicité, on rigole et on discute. Dino parle beaucoup car je lui pose plein de questions. Et Cécilia le « gronde » parce qu’il parle trop, on rigole encore. Je mange en amuse-bouche un feuilleté fromage, œufs, poivron. Toujours une bonne soupe de légumes et de poulet. Et en plat, du Snitel (Poulet pané) avec du choux et de la mamaliga (Polenta). Et en dessert un gâteau de gaufrette, caramel, noix. Un discute des traditions et des danses comme je leur ai parlé de ce que j’avais vu la veille. Ils me montrent encore des vidéos d’autres danses. Puis on est amené à parler du communisme. Ils me racontent comment ils ont vécu cette période. C’est un vrai cours d’histoire avec des témoignages poignants. Elle sort l’album photo et me montre des images de l’époque. C’était vraiment une dure période.
Dino s’absente pour aller chercher d’autres chaussures pour notre ballade du dimanche juste après. Cécilia en profite pour voir avec moi les cours, et ce qu’elle a envie que je fasse pour les cours de science. Me voilà avec une leçon d’une heure à préparer sur l’eau. Me voilà dans l’engrenage de l’enseignement. Ça me fait plaisir. On en profite pour voir ses premières leçons et son premier jour. J’ai hâte de voir comment elle va mettre tout cela en place. On se retrouve lundi matin 8h30 pour vivre le premier jour de rentrée. Je la remercie elle et sa famille encore une fois. Je la quitte et part avec Dino pour une nouvelle découverte de Bucarest. Il m’emmène devinez où ? Et oui dans un parc. Encore un beau parc, le parc Titan à côté de l’école de Cécilia mais elle n’y va plus, je ne sais pourquoi. On marche et on découvre encore ce superbe parc. Mais on ne fait que parler (donc pas le temps pour les photos). Je découvre avec lui encore un aspect des traditions, les tsiganes, la sécurité sociale, les retraites, les médecins, le système politique mis en place après le communisme, le problème de formation professionnelle, les orphelinats et l’avortement, les personnes âgées et handicapées, le système familial, la sureté de la ville et des métros. Un vrai historien ambulant et j’en profite pleinement. Après on retourne au cœur de la ville, le centre piéton qu’on avait fait l’autre dimanche le jour pour voir quelle ambiance on trouve le soir quand les terrasses des bars sont remplies. Et c’est vrai que cet endroit devient très vivant et très agréable le soir. On a la chance de tomber sur un petit groupe de fanfare burlesque d’origine française, nous faisant chanter « j’aime les fleurs » « au milieu des champignons » entre 2 morceaux de claquettes. Puis continuant notre chemin, on rencontre une scène extérieure avec un cœur de cuivre et une voix d’opéra, la ville organise souvent des concerts gratuits de ce genre (ainsi entre les parcs et ce genre de manifestation, beaucoup de choses sont mis en place pour les divertissements des bucarestois). On se laisse prendre. Encore une belle rencontre et découverte. L’entracte, on décide de rentrer. Je remercie Dino encore chaleureusement et on a déjà rendez-vous dimanche prochain.
Pensant pouvoir rentrer tranquillement, écrire et me coucher rapidement, quand j’arrive au presbytère, je rencontre Dolra, Mahia son mari, sa nièce et son ami. Comme je n’ai pas mangé, ils me proposent une assiette. Obligé, je m’assois à leur table et s’engage une conversation très intéressante. Sa nièce et son ami parle anglais, tous se fera par l’anglais. Dolra est ravie de me connaitre. Ils m’apprennent encore des mots roumains, je leur apprends un peu de français, on rigole sur ma prononciation des mots roumains. Ils comprenne la blague de mon prénom. Encore un moment unique où je suis content de m’être bien débrouillé en anglais. Chacun doit rentrer parce qu’il a du travail demain (moi y compris). Ils me quittent. Je rentre dans ma chambre j’écris, je me couche. A demain.









