Encore un réveil matinal pour se rendre à notre point de rendez-vous avec notre guide. C’est facile, c’est juste en bas à l’accueil de l’hôtel, on refait nos sacs et on retrouve notre guide. On attend le combi privé qui doit passer nous prendre. En attendant, on voit passer devant dans la rue un point comique du Pérou, le camion poubelle qui pour manifester son arrivée, met une musique classique. Amusant. Le combi arrive, il est déjà plein de touristes. Notre guide rencontré hier ne vient pas, ce sera un autre qui se chargera de nous.
On arrive au port, on monte dans le bateau avec un autre groupe de touristes. Un homme entre, se met devant, et joue de la guitare et de la flûte de pan à la recherche de quelques pièces. Déjà, je sens que même si tu as déjà payé, on va de solliciter encore. Tout le monde est à bord, il y a deux autres français avec une guide privée francophone. On est parti. Un des guides présente le voyage, les différents accompagnateurs, puis il fait le tour des nationalités des personnes présentes : USA, Roumanie, Tahiti, Pologne, Ecosse, Suisse, Allemagne, Thaïlande, pays Basque et France, il y a vraiment de tout. On peut aller à l’extérieur pour faire des photos, on traverse le lac de roseaux pour arriver aux fameuses îles Uros.
Une succession de petites îles de 10 à 25 mètres et abritant des petites maisons de pailles. On accoste à l’île choisie, il y en a beaucoup mais une île est visitée qu’une fois par mois, pour assurer la venue des touristes sur chacune d’elles, ne vivant que de ça. La dizaine de villageoises de l’île vienne nous accueillir et nous faire descendre du bateau. Le guide nous fait assoir au centre sur des bancs de roseaux, et le chef de l’île nous présente le fonctionnement mais surtout comment sont construites, ces îles flottantes. Et oui, leur particularité c’est que ces petites îles, ne sont pas reliées à la terre. Ceux sont les mottes de racines des roseaux, qu’ils ont solidifiées avec des roseaux secs pour créer un sol sec et au dessus du niveau de l’eau. Ainsi le sol n’est que roseaux secs, et ils rajoutent une couche tous les mois. Les îles sont amarrées au sol grâce à des cordes pour éviter de se retrouver en Bolivie. Ne disposant que peu de choses, les maisons, les canots, et les bateaux sont aussi en roseaux (du moins à l’époque, aujourd’hui, ils ont essayé de garder cet aspect le plus possible même si on trouve des bateaux modernes, une école en dur sur flotteurs et ainsi qu’un centre de soins.) Ce village qui vivait principalement de la pêche, vit maintenant du tourisme. Après nous avoir expliqué tout ça, ils nous invitent à visiter leur maison. Par quatre, on découvre une petite maison sympathique mais vraiment petite avec juste un lit deux places et un coin pour entasser leurs affaires. Pas plus grande qu’une chambre étudiante et ils font la cuisine à l’extérieur sur un sol spécial pour ne pas incendier leur île. Mais à peine qu’on est assis dans une des maisons, que la femme se met devant la porte et déballe tout ce qu’elle a fait comme artisanat et qu’elle nous invite à regarder mais surtout à acheter. Elle nous précise bien le temps de travail, les prix, et commence à nous prendre sur les sentiments. Bien évidement, on est très gêné, parce que personne n’avait prévu d’acheter, et on ne peut sortir, et on ne veut pas être indélicat avec le travail réalisé. Au bout d’un moment, elle comprend qu’on n’achètera rien, elle nous laisse sortir. Quand je savais qu’on allait nous solliciter, je ne pensais pas comme ça.
Après, on peut monter sur la tour de guet qui permet de voir l’étendue du village d’îles, le paysage autour et la grandeur des marais. Ils proposent encore une petite balade en bateau de paille pour 10 soles, juste avant ils font une petite chanson en langage local. Quand nous on avait prévenus que Uros, c’est un peu Disneyland, c’est un peu ça ! Seulement à Disneyland, le gars qui fait Mickey, il est sûr d’avoir son salaire et c’est lui qui a choisi. Ici, je suis moins sûr. Je ne profite pas du bateau mais plutôt de faire des photos. On reprend le bateau (à moteur) pour rejoindre les autres qui sont partis sur une autre île, plus touristique avec magasins et cafés. Après une pause pour que tout le monde ait le temps de se faire tamponner le passeport pour un sol. On repart. Mais notre bateau a l’air de ne plus avoir de batterie, notre capitaine est quand même trop fort. Un coup de tournevis et on démarre.
On traverse une grande partie des roseaux. Le ciel est magnifique, le reflet des roseaux dans l’eau fait des photos vraiment intéressantes. On quitte les roseaux, il fait bon et chaud, on est dehors à l’arrière du bateau, c’est très agréable, on bronze, on se repose, on écrit, on fait des photos, on répare le bateau sur l’eau, on se rapproche de l’île Amantanie. On commence à avoir faim et enfin on arrive sur cette fameuse île. Un paysage sublime entre la Grèce, la Corse, le désert et bien d’autres tellement c’est beau et indescriptible. Les villageois nous attendent aussi au port. Mais on a quitté la dimension Disneyland. Beaucoup moins de gens viennent jusqu’à cette île, il y a une rotation dans les familles tous les deux mois. La famille qui nous reçoit est vraiment contente de nous recevoir. Avec mon amie, on est répartie avec des Basques. L’allée avec eux pour monter chez l’habitante qui nous a été donnée, nous fait penser qu’on n’a vraiment pas eu de chance. La fille un peu modèle avec sa valise rose, qui galère à chaque problème (ruisseau, piste, herbe …) et qui rigole, râle, rechigne … Et son copain qui nous dit qu’il ne la connaît pas, qui blague autant, qui fait un peu bourru. On arrive à l’habitation : fini les maisons de paille, ciment et brique sont là pour nous donner un toit cossu. Un point amusant, les portes de 1m50 de haut, ils ne sont pas grands ici. On s’installe dans les chambres prévues pour accueillir. Le temps qu’il fasse le repas, on a le droit un festival de comédie avec deux basques. Ils changent de tenu, se prennent la tête, visitent sans gêne toute la maison, beaucoup de réflexions de princesse. C’est drôle mais ça devient très vite insupportable. Des tahitiennes de notre groupe de visite qui dorment dans une autre maison viennent manger avec nous. On prend le temps de se découvrir un peu avant. On a un peu de temps avant que le repas soit prêt, même si on a très faim, on va visiter les environs et faire nos premières photos.
Il est 15h, le repas servi est végétarien, parce que sur l’île, ils n’ont pas trop le choix. Une assiette de soupe de quinoa, de trois sortes de pomme de terre, avec du fromage, et une tisane avec une plante d’ici très parfumée qui fait penser à l’anis. C’est très bon, une des sortes de patates est très sucrée mais ce n’est pas de la patate douce. Je finis même l’assiette d’Aurélie, même si au final ça nourrit beaucoup. On discute pas mal de chacun de nos projets avec les basques et les tahitiennes. Une conversation internationale forte intéressante.
Comme on est arrivés sur l’île un peu plus tard, on a mangé un peu plus tard, et donc on n’aura pas notre petite sieste digestive, il est déjà l’heure de monter à la place du village rejoindre les autres pour gravir le mont de l’île. Arrivés à la place, pour attendre tout le monde, ils ont commencé un foot, les péruviens contre le reste du monde. Malheureusement, cette fois, c’est le reste du monde qui gagne. (Oui, je suis pour le Pérou !!). L’ambiance est très sympa, c’est très agréable.
Une fois, tout le monde arrivé, par groupes, on monte la montagne qui n’est pas très compliquée (sauf pour ceux qui se sont vraiment donnés pour le foot). Un homme avec un cheval, se propose de faire le taxi. Notre guide nous explique qu’ici, le cheval c’est un peu une Ferrari car il n’y en a que 5 pour 2500 habitants que compte l’île et il n’y a aucun véhicule à moteur. Le soleil commence à descendre, les couleurs sont chaudes, les ombres intéressantes. Sur notre route, des petites dames nous attendent pour nous vendre des pulls ou des bonnets. On arrive pile à la bonne heure, le paysage est vraiment magnifique, je suis vraiment saisi par la beauté, je trouve ça aussi beau et unique que quand j’étais au Machu-Picchu. Il y a une ruine de temple en haut. Notre guide, nous dit que les traditions des villageois étaient d’en faire trois fois le tour avant d’y entrer et ils avaient raison, j’ai fait trois tour à chaque fois différent. La couleur, la chaleur, la beauté, trois paysages qui n’avait rien à voir. Le lac Titicaca est magnifique, d’un côté le coucher du soleil au loin, de l’autre les éclats sur les montagnes boliviennes. Le lac est immense, son calme et ses reflets étincelants me font penser à la mer. Ce quart d’heure magique se termine déjà. Un petit enfant qui veut vendre ses bracelets viendra à trois reprises me voir avec sa petite voix de supplice. J’ai envie de l’aider mais pas forcement d’acheter ses bracelets, je lui parle, lui demande comment il s’appelle, s’il va à école, s’il est déjà sortie de l’île. Même si les réponses sont très intéressantes, je sens bien qu’il ne veut qu’une seule chose. Et puis, je viens de discuter avec lui, ça fait bizarre de le laisser comme ça, je lui achète un bracelet. Mais juste après, je trouve que ça fait vraiment étrange d’acheter à un enfant. Ça sera la première et dernière fois.
On redescend, plus on se rapproche des maisons plus il fait sombre. Notre hôte vient nous chercher. On a un petit temps avant le repas. Il fait nuit, je veux profiter de ce ciel étoilé inconnu, je vais dehors, je m’allonge dans le champ d’à coté et je contemple. Magnifique, il y a juste au nord, un bout de la grande ours que je connais, autrement le reste ne me dit rien, mais c’est beau. Je reste là, perdu dans mes pensées, pendant 30 minutes. Trente minutes c’est le temps de voir trois étoiles filantes, mes vœux sont faits.
Je rentre pour le repas, nos amis basques n’ont pas voulu monter avec nous, on les retrouve à l’instant. Ils nous racontent leur aventure au port avec le pêcheur qu’ils ont réussi à convaincre de leur faire un petit tour, pour jeter leur filet aller sur la toute petite île de cailloux. Ils nous font partager leurs photos. Nous, on en fait de même, on leur montre nos photos, je projette grâce à ma caméra aussi à notre hôte et ses parents notre coucher du soleil. Le partage est très apprécié.
Un deuxième bon repas, puis on doit se préparer pour la petite fête. On nous prêtre un poncho pour nous les hommes et les filles ont droit au costume traditionnel complet. Qu’est-ce qu’on est beaux après avoir enfilé tout ça ! On monte à la salle des fêtes rejoindre tout le monde. Un petit groupe de musique traditionnel, les villageois qui nous invitent à danser en rond, il n’y a pas de vraie danse traditionnelle sur cette île, un peu de boisson et au final on passe une soirée assez sympa même si on aurait préféré que les musiciens jouent un peu plus, prennent le temps de boire leur coca un peu moins souvent ainsi que de compter leurs pièces. On rentre et on se couche rapidement. A demain.









