Mardi 14 mai : Quand le projet commence !

J’arrive à l’école plus tôt pour installer le matériel pour projeter. Mon ami péruvien Alah, le seul homme de l’école, est là pour m’aider. Très sympa, on s’entend bien. Tout est prêt ça marche bien, mais la prof de première année n’est pas arrivée. Ici, les professeurs sont plus libres, et les enfants savent bien s’autogérer sans trop de chahut dans les classes.

En patientant, je rencontre Annie, la fondatrice française de l’association qui habite maintenant à Arequipa. Très sympa, elle est très intéressée par mon projet, et elle a déjà prévu de nous inviter (nous bénévoles, pour se partager un moment convivial). Je vois aussi avec elle la possibilité de rencontrer les familles. Ça devrait aussi se faire, elle me quitte, déjà puisqu’elle est pressée, mais on devrait se revoir très vite.

Puis, au final, je prends l’initiative de surveiller les première année, je réalise avec eux le travail donné par l’autre prof qui est passée pour les occuper. Je suis tel un pro qui doit veiller à ce que tout le monde travaille et aider ceux qui en ont besoin. Ce sont quand même des petits rigolos qui aiment se bagarrer pour de faux en pleine classe. Obligé de sévir gentiment et d’en remettre certains au travail. Beaucoup veulent que je les aide, dur de se démultiplier. Une classe à tenir, c’est quand même quelque chose.

C’est l’heure du petit-déjeuner, c’est moi qui leur donne. Puis une fois qu’ils ont fini, avant que l’énergie leur fasse faire des bêtises, j’improvise ce que je sais faire de mieux et qui me manque un peu : un cours de chant. Même pas le temps de leur expliquer ce que ça veut dire, que leur maîtresse arrive enfin. Elle me laisse finir de leur apprendre les gestes de la chanson et de la refaire ensemble devant elle. Et quand je lui demande, quand est-ce que ça l’arrange, pour qu’on fasse la projection, elle me répond tout simplement que maintenant c’est très bien. J’aime beaucoup leur organisation très libre, et ainsi on part dans la salle à manger juste à côté.

Une fois tout le monde installé, je commence. Même si les vidéos sont très musicales, je suis obligé d’expliquer un peu, pour leur montrer les différences importantes. Mon espagnol a l’air compréhensible même si de temps en temps, l’enseignante leur réexplique ce qu’elle a compris en bon péruvien. La directrice s’est jointe à nous. Les enfants regardent avec des grands yeux ronds curieux, et veulent toujours en voir plus. A la fin, les enfants me font un gros merci, mais je vois que ça a aussi intéressé beaucoup les professeurs. En tout cas, ça fait vraiment plaisir de partager toutes ces découvertes, et les enfants péruviens ont de la chance : étant les 7es des pays rencontrés, ils ont la chance de voir les six pays précédents.

Ils retournent en classe. Ayant envie de lui faire profiter de l’installation du matériel, je vais voir mon ami Alah qui s’occupe de la classe des 5ans puisque leur enseignante n’est pas là non plus. Ravi, il me propose de le faire après leur récréation. Je reste jouer avec les petits. Et j’improvise un jeu avec ceux qui veulent que je les amuse. Je dis juste « 1,2, y … 3 » et à trois, je leur courre après. Ça leur suffit pour les éclater, et pour que toute la classe veuille y participer. Je rajoute du suspens en disant le « 3 » au moment où ils s’y attendent le moins. Mais ça les amuse tellement que tous regroupés autour de moi, à se retourner et courir quand ils entendent « trois », que ça pousse pas mal et crie du tonnerre. Obligé de calmer le jeu, si je ne veux pas d’accident. Je leur fais un petit rythme africain, mais trop dur pour eux à apprendre. Je teste de leur apprendre un jeu bien calme : le chef d’orchestre. Mais dans quelle galère je me suis mis, avec mon manque de vocabulaire et leur manque d’attention, ils ne comprennent rien du tout. Une bénévole vient à ma rescousse, mais ça ne suffit pas. On essayera le « 1,2,3, soleil ! », enfin un jeu qui marche, mais c’est déjà la fin de la récré. Pas le temps d’en profiter, ils doivent aller prendre leur goûter.

C’est au tour des grands d’avoir leur récré, c’est le retour des jeux de mains à gogo. Même moi, au final, je ne m’en lasse pas. Et enfin, c’est au tour des 5 ans de venir voir la projection. Bien sûr, une fois les enfants bien installés, il faut que mon ordinateur plante. Obligé de le redémarrer. Je leur chante un petit chant africain, en attendant, ça prend juste le temps de redémarrer le PC. Les enfants aiment beaucoup les vidéos, je surprends certains regarder avec beaucoup d’intérêt. Ça me fait vraiment plaisir. C’est vrai que c’est la première fois, que je prends le temps de voir quelles réactions ont les enfants quand ils regardent mes vidéos. Certains ont l’air hypnotisés. Et leur refrain, pour en demander d’autres est très appréciable. Eux aussi, ils me remercient avec beaucoup de sincérité et certains me feront même un gros câlin.

Après le rangement de mon matériel, je passe dans la classe des première année pour aider mes copains à écrire. A l’un je fais des lignes d’écriture, à l’autre je travaille avec lui l’apprentissage des lettres. Puis au final, je mange avec eux. S’en suit la récré, où je joue avec eux. Et jusqu’au bout, jusqu’au moment où je passe la porte, ils voudront faire des batailles de pouces.

J’attends devant l’école pour prendre le combi. Des filles de l’école de l’autre coté de rue veulent qu’on fasse un tape-main. On en fait un à distance, c’est excellent. La complicité créée sous les yeux des habitants péruviens, qui ne comprennent pas trop ce qu’on fait. Juste le temps d’un faire un que le combi arrive. Un moment unique comme j’aime, je rentre pour gérer mes mails, faire une lessive à la main (vive les scouts !) et finaliser mon CV en retard.

En plus mon contact vient clôturer la soirée en m’amenant une assiette (des restes du mariage), mais ça fait tellement plaisir comme il pense à moi et me bichonne. Voilà, sinon je finis deux-trois petits trucs et je vais me coucher. Ah si ! J’oubliais, j’ai vécu mon premier tremblement de terre. Des petites secousses étranges quand tu es tranquille en train d’écrire, et que tu dis que ça ne peut pas être un camion qui passe. Tu t’interroges et tu sors voir dehors, ton contact te demande si tu l’as senti. Là tu comprends que tu n’as pas rêvé, et que tu viens de vivre ton premier tremblement de terre à 5,2 sur l’échelle de Richter. Pas très puissant, la seule recommandation est de s’éloigner des fenêtres qui peuvent casser. Voilà, maintenant, je peux dire « A demain. »

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