Une nuit mieux qu’à l’hôtel qui permet de récupérer de la nuit dans le train, je me réveille à 7 heures et je rejoins les prêtres pour la messe. Une petite chapelle où ils font l’office autour d’un autel table basse, assis autour avec des tabourets. Je retrouve la messe en anglais, si on peut joindre l’utile à l’agréable.
Après on part ensemble manger le petit déjeuner, œufs au plat et thé. Ils s’inquiètent tous de savoir si j’ai bien dormi, si je n’ai besoin de rien. L’archevêque m’invite à venir avec lui à 4 heures pour rencontrer des prêtres. Très bien, sinon il me donne son boîtier internet pour la matinée. Super, je peux consulter ma boîte mail et donner des nouvelles. Je vais dans ma chambre, je me connecte et découvre mes 41 messages. Après 3 jours d’absences sur un tel projet, il faut au moins ça.
Je les lis tous, beaucoup d’amis et d’écoles qui me donnent des nouvelles spontanément. Vous ne pouvez pas savoir comment ça fait du bien après vécu ce long moment de solitude face à soi-même, d’appréhension, de doute et de fatigue à toujours se concentrer pour découvrir un nouveau monde, pour savoir si on peut faire confiance, pour être compris et pour comprendre, pour rechercher les informations, pour éviter de faire des erreurs et se retrouver dans des situations bizarres. Mon seul refuge d’expression a été mon cahier où j’écrivais tout, c’était la seule façon de m’exprimer français comme je le voulais. Donc avoir toutes ces nouvelles de la famille, des amis, des proches, ça rassure et console un homme. Et je leur réponds tous avec joie.
Je réponds aux écoles qui sont encore sur la Finlande, ça fait bizarre, mais on ne peut vraiment avancer au même rythme. J’actualise mon site, j’avance quelques devoirs. Et pour finir, j’arrive à avoir la famille en chat, sur la fin de ma matinée. Pour eux, ils viennent juste de se lever. Ça fait vraiment du bien.
Je vais manger avec les prêtres. Un autre prêtre que je ne connais pas attend les autres avec moi, on discute en anglais de l’Inde, de sa paroisse, du sport national. Ils arrivent, on mange, aujourd’hui, on a le droit à une soupe de poisson, avec le poisson le plus cher d’Inde me dit-on. Ils parlent parfois en anglais, parfois en Indi, c’est très dur à suivre. Je remonte dans ma chambre et redonne le boîtier internet à l’archevêque. Je fais mes devoirs, jusqu’à ce que j’aille rejoindre l’invitation de l’archevêque de rencontrer une paroisse. On part en voiture dans une paroisse à côté. Il a son chauffeur, je suis à côté de lui à l’arrière, il met sa ceinture violette, sa croix et sa mythe sur son aube blanche. Là, je me rends compte que je suis assis à côté d’un archevêque, et que je suis quand même assez privilégié d’avoir pu avoir ce contact.
On arrive à une église indienne, c’est un anniversaire spécial pour une association de femmes catholiques. On arrive sur la fin de ce que je pense être le chapelet. C’est amusant à entendre, elles ne s’attendent pas et c’est à celle qui ira le plus vite. L’archevêque est très content de me présenter, je suis un prêtre, on va boire un jus de coconut. Mais je ne sais pas si je dois parler de mon projet ou juste regarder. L’archevêque fait un enseignement dans l’église, je visite. L’église est en L, ils ont rajouté une extension pour accueillir plus de monde, (on n’a pas le même problème en France).
Puis on revient, sur le retour je découvre des petites routes, telle des routes de Bretagne, mais avec un tout petit peu plus de monde. Je les retrouve pour le dîner, l’archevêque ne mange pas avec nous, la télé est allumée, on finit le repas en regardant un genre de catch, boxe, free-fight, que j’avais déjà découvert avec le père Daniel en Roumanie. En tout cas, on essaye de comprendre les règles, des situations de combats qui amusent beaucoup les prêtres. On se quitte à la fin du combat. Je prends une douche indienne et je vais me coucher. A demain.









