Samedi 15 décembre : futur, costume, dessins, fair ?

Et oui, toujours de l’école le samedi matin, aujourd’hui je me presse pour filmer l’arrivée à l’école. Puis je prends le groupe de danse avant la récréation comme me l’a conseillé père Brendan. Je retrouve le grand groupe, ça joue, ça pousse et ça rapporte, toujours un peu compliqué mais on avance. Obligé de changer une danse, puisqu’ils n’arrivent pas à se concentrer sur une performance humaine, dommage, j’adapte, ce n’est pas mal aussi. Il nous reste plus que deux danses à finir d’apprendre.

Mais pendant le petit déjeuner avec père Brendan, il me dit que la semaine prochaine est consacrée à la répétition pour tout le monde, la semaine d’observation au collège prévue est reportée à après les vacances. (Le fait que je reste ici deux mois s’impose naturellement sans qu’on en ait vraiment parlé, ça m’arrange !) Ainsi, la semaine prochaine, je répéterai en petit groupe avant la récré et en grand groupe après. C’est très sérieux leur histoire. Ils ne travaillent quasiment plus, toute l’énergie est mise pour préparer ce spectacle. Donc mon projet ici prend une dimension de spectacle, je n’en demandais pas tant, il va falloir que je sois au top. Je laisse de côté les observations pendant une semaine, même si je ne vous oublie pas l’après midi j’ai le temps pour vous faire encore des vidéos.

A la récré, je retrouve les enseignantes, (je mange encore un peu de chacun de leurs plats, je ne me fais plus prier très longtemps), et elles me reparlent des costumes, pensant avoir fait simple avec ma proposition de couleurs, elles m’annoncent qu’elles ont récupéré les sous des enfants et qu’ils vont aller acheter les costumes. Si j’avais su j’aurai demandé un costume de chaque pays du monde … mais les indiens aiment bien, bien faire les choses quand il s’agit de fêtes, à ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Pendant la récré, je filme comme prévu un peu dans une classe : les uniformes, le sac, le marathi, ça les amuse beaucoup.

Après la récré, je reste dans une classe sans professeur (celle où j’ai photographié), je regarde les cahiers de maths, puis ils commencent à s’agiter, j’improvise un cours de dessin, ils me disent un animal, je le dessine, ils le reproduisent sur leur cahier, je conquiers les élèves mais aussi les professeurs à leur retour, qui apprécient la performance et l’initiative. Ça sonne. On se quitte.

Je retrouve des collégiens en train de finir une finale de criquet organisée par un prof. J’en profite pour filmer, un jeune m’expliquera les règles. Je commence à comprendre le gros du principe. Ils me proposent de jouer, euh … je n’en suis pas encore là. J’assiste à la victoire. On se quitte, je retrouve mon copain Unmuch, qui répète encore une autre danse avec des copains, là avec de vraies performances humaines, ils n’ont peur de rien, ils se montent les uns dessus les autres, et font des figures pas possibles. J’ai hâte de voir le vrai spectacle. Je filme à la demande de mon copain, il me passe sa clé USB pour que je lui donne le film des autres danses.

Je rentre, vidéo, repas, sieste, vidéo, thé, balade, photo du coucher de soleil, rencontre et discussion avec des paroissiens. Vidéo, balade et vidéo à la « fair », rencontres des jeunes, je comprends ce qui fait un concert peu agréable jusqu’à minuit tous les soirs depuis qu’il y a la « fair », c’est un genre de klaxon tchèque pour les petits débrouillards qui connaissent, pour les autres c’est un tube en carton avec un dispositif composée d’une membrane de ballon baudruche, qui le transforme en instrument de musique tel le vouvouzela d’Afrique du Sud pendant la dernière coupe du monde. Ainsi il y a des vendeurs tous les 100 mètres, et plein de personnes qui se font une joie d’en acheter et d’en jouer jusqu’à pas d’heure. Mais bon, ça fait partie de la fête. Je me réconforte en achetant des dattes du pays. Je rentre pour le repas, on ressort ensemble pour regarder la foire du haut du parvis de l’église. On reste là à regarder silencieusement cette agitation bruyante. Très tranquille (à se faire gentiment manger par les moustiques) puis on rentre. C’est l’esprit tranquille du pays, j’aime ça.  Je rentre dans ma chambre, je finis deux-trois trucs, je me couche. À demain.

 

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