On a beau être un samedi je me lève pour aller à l’école. Pendant le thé, père Alex m’invite à venir à l’assemblée de la deuxième école avant la sortie en bus. Ce que j’accepte avec plaisir. On va d’abord au portail accueillir les élèves, aujourd’hui jour du Sidaction, tous les enfants doivent porter un ruban rouge. Beaucoup l’achètent à la boutique juste à côté de l’école. On va rejoindre l’assemblée.
Je me retrouve avec lui sur l’estrade devant 1200 jeunes, rangés en uniforme. C’est vraiment impressionnant, ils font le rituel des chants, de l’hymne, de la promesse à la patrie. En plus, je distingue des élèves qui ont une écharpe qui représente les 4 maisons. Il faut que je me renseigne sur ça. Ce que ne m’avait pas dit, père Alex c’est que ma venue était attendue, et je me retrouve assis sur une chaise devant tout le monde. On écoute un discours, mais beaucoup s’intéresseront plus à moi qu’au discours, j’ai l’impression d’être observé. Père Alex me demande si je veux présenter mon projet. Je sens qu’il attend que je dise oui, et puis, ça m’évitera de me présenter 1200 fois dans cette école là, je lui dis : « d’accord, en anglais mais je pense que tu devrais traduire après moi. » Ainsi, je me retrouve au micro, j’explique vite fait mon projet en anglais. Le père Alex le fera plus longuement en Marathi et je crois comprendre qu’il en profite pour leur parler de projets. Je témoigne à travers son discours qui est plus écouté. Ils finissent par des indications et une prière.
A la fin, beaucoup d’enfants reviennent vers moi, pour connaître mon vrai prénom, mais ils ont du mal à le prononcer. Je les quitte. Et je vais prendre le petit déjeuner avec père Alex.
Puis, je retrouve père Joe, que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer pour la sortie en bus. Ce sont deux classes de 50 qui montent dans un véhicule de 60 places. Je me joins à eux. Beaucoup sont un de plus par banquette ou debout dans l’allée mais ça ne gène personne. Les enfants sont très surpris que je vienne avec eux. Mais ils m’accueillent avec plaisir et curiosité.
Je passe l’aller du voyage avec père Joe à discuter de mon projet, il est très intéressé, il finit par me demander si après je compte m’installer en Inde. Je le rassure, j’ai avant plein de projets à faire en France.
On arrive, on descend du bus, il ira se garer en arrachant un câble électrique un peu trop bas. On marche jusqu’à la maison des sœurs et à leur centre de soins pour les enfants malades. Je continue de discuter avec père Joe, et je fais un petit cours de français avec lui et ceux qui sont autour, ça les amuse beaucoup. On arrive à la maison, je suis surpris par, la grandeur, le neuf et la propreté des bâtiments. On s’installe à l’intérieur pieds-nus, une sœur présente la congrégation, les origines, les activités, et les conditions de malades. Quelques questions puis on visite. Deux dortoirs de 20 lits superposés chacun. Et une chambre spécialisée pouvant accueillir deux enfants gravement malades.
De plus sur les murs, beaucoup de tableaux avec une belle citation en espagnol, je suis fier de leur montrer que je peux leur traduire, mais ça demande pas mal de concentration de passer de l’espagnol au français et du français à l’anglais.
On finit la visite par la rencontre d’un groupe d’une vingtaine d’enfant de 2 à 14 ans. Ils nous chantent de très belles chansons avec des gestes. Les élèves font de même en envoyant une fille danser sur la musique du portable de père Joe, et un autre chanter en Hindi. On termine la rencontre en faisant une photo devant les bâtiments. Les jeunes veulent même que je vienne sur la photo. On dit au revoir et on se dirige vers le bus.
Sur le chemin, ça y va. Pleins de questions, des envies de me montrer des choses de l’Inde, de savoir si j’apprécie leur pays, leur nourriture, et toujours savoir comment est la France. Tout ça dans une bonne ambiance et bonne complicité. Ils s’intéressent aussi beaucoup à ma montre.
On monte dans le bus, les filles du fond veulent que je vienne avec elles. Une fois arrivé, après m’être frayé un chemin entre jeunes debout au milieu, c’est toujours beaucoup de questions, de rires, de complicités, de curiosité. Ils me proposent de découvrir leurs bonbons. Ce sont des boules de sucre gélifiées avec du colorant et des arômes (Naturels?). En tout cas, c’est sucré donc c’est bon, j’apprécie la découverte.
Ceux de devant veulent que je revienne, je retraverse la foule. Encore d’autres questions, cette fois ils me demandent de chanter, ce que je fais avec joie. Je provoque une hystérie générale, tous surpris par l’énergie que j’y mets. Le professeur est obligé d’intervenir pour calmer le groupe. Il plaisante en disant qu’on va faire basculer le bus, s’ils se lèvent tous du même côté. En tout cas, ils ont vraiment apprécié, je leur demande d’en faire de même mais, ils ne font qu’un petit refrain qui les fait rire, mais ce n’est pas très concluant. Après m’avoir trouvé une place, ils veulent que je m’assoie mais comme à chaque fois ils veulent tous être assis à côté de moi, je dis que je préfère debout, que chez nous on n’a pas le droit donc j’en profite, et j’aime bien quand ça bouge. Le « I like when it moves ! » les fait beaucoup rire, un reprend en disant « when there is goulougoulou » avec des gestes qui font encore rire tout le monde. On finit plus calmement, ils me posent des questions sur mon projet jusqu’à la fin du trajet.
On arrive c’est la fin des cours, je retrouve le petit groupe que j’ai rencontré dans le bus, mais la foule attire la foule, je me retrouve entouré de plus de cinquante jeunes les yeux fixés sur moi, drôle de sensation. Ils veulent connaître mon vrai prénom qu’ils n’arrivent toujours pas à prononcer. Ils me présentent leurs copains, leurs frères, et sœurs. Le jeune qui depuis le début de la journée s’intéresse et dialogue un peu plus avec moi, grâce à son bon anglais, veut me montrer son vélo. Je profite de cette proposition pour sortir de ce cercle. Je dis au revoir, une poigné de mains, puis deux, puis trente.
Je vais vers les vélos avec mon nouveau copain, il me décrit où il habite, un nouveau groupe se forme, ils veulent que je fasse du vélo devant eux. Je les en remercie mais je dis que je suis trop timide. Un a la bonne idée de me demander une signature, je lui dis que je ne suis pas une star mais j’accepte. Mauvaise idée, ici tu ne peux pas faire une fois une chose à une personne quand tu es un étranger. Je me retrouve à écrire encore trente signatures. Le groupe se disperse un peu, les derniers auront un autre jour.
Je me retrouve avec un petit groupe et toujours mon copain. Ils me demandent un cours de français, ce que je fais encore avec plaisir. Ils rigolent bien quand mon copain essaye de répéter les mots prononcés. On finit avec ce dernier qui me demande de venir chez lui, je lui dis pourquoi pas mais pas aujourd’hui, il faut qu’il demande à ses parents avant, ce n’est pas lui qui choisit. On se quitte. Que de rencontres !
Je prends mon repas avec les pères. Je retourne dans ma chambre pour travailler, entrecoupé de thé pour me restimuler et d’une messe pour remettre tout ça et pour commencer l’Avent. La messe est pour les enfants du collège. Je me joins à eux, mais ils ne peuvent s’empêcher de se retourner vers moi. A la fin beaucoup encore me saluent, et de même pour certaines paroissiennes qui me demandent elles-aussi de leur faire un petit cours de français. (Je crois que je prépare le terrain pour le prochain français qui viendra dans cette ville !)
Le repas du soir se passe comme d’habitude devant la télé, leur téléréalité show. Je finis deux trois trucs, je vais me coucher. A demain.









