Résumé à mi-Roumanie

Ah ! Mon cher voisin du banc de l’école du monde !

Et oui, ça fait déjà trois semaines que je suis arrivé en Roumanie. Et non, je ne t’ai pas oublié. Mon aventure se passe à merveille. La Roumanie a mis la barre très haute, je n’en demandais pas tant mais cela en vaut vraiment le coup. C’est tellement riche que, dès le deuxième jour, j’ai commencé un carnet de voyage, dans lequel je note tous les jours mes rencontres, mes aventures et mes partages. Ce carnet de voyage, je l’ai fait d’abord pour moi pour ne rien oublier des tous ces moments uniques, mais aussi pour en faire profiter tous ceux que cela intéresserait. Tu n’as peut-être pas le temps de le lire, donc je me permets de t’en faire un résumé dans cette newsletter.

Mon voyage a commencé dimanche 8 septembre sans mon gros sac qui n’a pas passé le changement d’avions à Londres, (je ne l’ai récupéré que le surlendemain). Je suis arrivé dans Bucarest et j’ai découvert cette ville par une marche de cinq kilomètres pour rejoindre la personne qui m’accueille pour ce projet. J’avoue que cette première marche était pleine d’appréhensions, j’ai rencontré les chiens errants qui traînent par dizaines dans la ville, les voitures abandonnées sur les trottoirs, les déchets en quantité sur la moindre parcelle de terrain vague. Le quartier par lequel je suis passé n’était pas accueillant du tout. Mais à peine arrivé au presbytère (la maison du prêtre qui a accepté de m’héberger), j’ai été vraiment accueilli. D’abord parce qu’il m’a présenté ma chambre, une super chambre digne d’un hôtel 4 étoiles. Le midi, j’ai déjà rencontré la maîtresse, Cécilia, qui a accepté de me suivre dans mon projet. Elle m’a invité à manger chez elle, avec son ami Dino ; tous deux parlant français, ils m’ont présenté la Roumanie avec une franchise un peu surprenante. (Ils sont devenus très francs après le communisme). Après avoir bien mangé et bien discuté avec eux, je suis parti avec Dino qui m’a fait une présentation de Bucarest digne d’un voyage touristique. En à peine 24h, j’en connaissais déjà beaucoup sur la Roumanie et j’étais très content d’avoir choisi ce pays.

La première semaine fut consacrée à la découverte de Bucarest puisque les enfants ne commençaient l’école que la semaine d’après. J’ai beaucoup visité, j’ai retrouvé aussi Cécilia qui m’a présenté son école dans laquelle j’allais vivre ma première rencontre avec des écoliers étrangers. Très bien accueilli et apprécié par ses collègues et la directrice, j’ai découvert que Cécilia s’était vraiment investie dans mon projet. On a préparé sa classe ensemble. On a beaucoup parlé du système éducatif, roumain et français. Elle m’a fait découvrir les restaurants et leur cuisine traditionnelle qui est très bonne. On a visité quelques musées ensemble. Seul, j’ai aussi découvert pas mal de musées et notamment le palais du parlement qui représente très bien la folie dans un homme : Ceausescu, pendant le communisme. Je finissais toujours mes journées dans un parc de Bucarest, qui sont vraiment très agréables et paisibles. Le week-end, j’ai eu la chance de tomber par hasard sur un festival de danses traditionnelles roumaines, elles sont encore très présentes et appréciées. En une semaine, de riches rencontres et découvertes qui me font vraiment apprécier Bucarest malgré les nombreuses difficultés que rencontrent les habitants d’ici. Les personnes rencontrées, Cécilia, sa famille, son ami Dino, ses collègues, le Père Daniel qui m’accueille, Dolra la cuisinière et sa famille sont vraiment d’une grande humanité et d’une grande générosité, très ouverts et tous investis dans mon projet. Je ne pourrai jamais assez les remercier.

Les deuxième et troisième semaines furent vraiment le début de mon projet. Le premier jour de rentrée chez eux est vraiment unique : une haie d’honneur de fleurs par laquelle passe les classes appelées. Après seulement deux heures de présentation et de remise en route avec leur professeur qu’ils gardent d’année en année pendant le primaire, ils remettent à leur professeur leur bouquet. C’est un acte très fort pour bien commencer l’année, la maîtresse est très affectueuse avec ses élèves. Chaque enseignante se retrouve avec vingt-quatre bouquets. C’est très amusant, elles sont obligées d’en distribuer à leurs amis. Le reste de la semaine, je suis resté au fond de la classe et je n’ai pas arrêté de noter et d’observer dans cette classe de CM2 (4ème ici, l’école est obligatoire à partir du CE1, qui est la 1ère et donc le primaire dure quatre années jusqu’en 4ème). J’ai eu la chance de pouvoir leur faire deux cours de sciences sur l’eau et le feu aux enfants, où ils étaient ravis de découvrir des expériences (merci les petits deb !) et deux cours de musique où ils étaient ravis du dynamisme. (Merci les colos et les scouts !). Ces cours ont créé un vrai lien entre eux et moi. Je suis très apprécié et la relation avec eux est assez étrange, on est très proche comme-ci on se connaissait depuis longtemps mais en même temps on communique peu avec les mots. Certains me parlent en roumain comme si je comprenais. Mais il y a beaucoup de communication par le mime et les gestes. On s’amuse avec des combats de pouce, des jeux de mains, des chants, des rythmes et trois mots en anglais. Ils viennent vers moi pour apprendre le français, je leur confie ma caméra pour qu’ils me fassent des vidéos de présentation de leur école. Je sens que ça va être dur de les quitter même si je suis censé y être habitué avec les colos.

La troisième semaine, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir les autres classes de primaire. Les autres professeurs sont très bons eux aussi. Ça permet sans trop généraliser, de donner le ton de l’école. Les enfants sont ravis de découvrir un étranger dans leur classe et à chaque fois, la rencontre se fait avec trois mots d’anglais : il faut vraiment peu de choses pour qu’on se comprenne.

J’ai eu aussi la possibilité de découvrir les cours du collège puisqu’en Roumanie, c’est le primaire le matin et le collège l’après midi. On retrouve le même fonctionnement qu’en France. C’est-à-dire un professeur par matière avec un emploi du temps défini par semaine. Ils ont cours entre 12h et 18h mais il n’existe pas de permanence ni de surveillant. Ils ont aussi un professeur principal qui gère la classe. J’ai assisté à des cours d’anglais qui m’ont montré combien leur niveau était vraiment très bon ; le professeur parle tout le temps en anglais (mais en Roumanie, ils ont la chance, d’avoir leurs films et séries en original sous-titrés roumain, et tous les ordinateurs, portables et logiciels sont en anglais donc ils baignent dans un monde d’anglophone qui les aide.) J’ai pu aussi assister à un premier cours de Français, (2ème langue dès la 5ème, en France 6ème, le collège va jusqu’à la 8ème). C’est là qu’on se rend vraiment compte de la complexité de notre langue, rien qu’au niveau des sons, des lettres muettes et de la prononciation. Ici, le son [u] n’existe pas, le « comment vas tou ?» est courant et ils aiment bien rajouter l’accent anglais pour je ne sais quelle raison. C’est très amusant de voir un roumain essayer de parler français en ajoutant l’accent anglais.

Si on fait un premier bilan : les cours restent semblables avec un professeur et un tableau devant des élèves. Mais le niveau général de CM2 (ici 4ème) en lecture, écriture, anglais, et mathématiques est très bon. Il y a plein de petites choses qui font de nombreuses différences. Pour n’en citer que quelques unes :

-          L’autonomie donnée aux enfants : le matin ils attendent dans la classe leur professeur, et pour l’instant il n’y a jamais eu de problème. Sinon, ce sont eux qui gèrent leurs devoirs comme ils veulent, beaucoup n’ont pas d’agenda et/ou ne notent pas, mais les leçons sont faites.

-          L’autorité : il y a toujours un peu de bruit pendant le cours mais les élèvent veillent à ce qu’il ne devienne pas gênant sans que le professeur intervienne ;

-          La pédagogie : ils font beaucoup d’exercices, en cours et à la maison, même s’ils ne sont pas corrigés, ils écrivent tout ce que leur dicte leur professeur sans que ce dernier ne vérifie ce qu’ils ont écrit ;

-          Le rythme : quatre heures de cours tous les matins, les récréations (qui) ont lieu toutes les heures pendant 15 minutes et se passent dans les couloirs (oui dans les couloirs, moi aussi je trouve ça un peu surprenant, mais c’est propre à cette école) ;

-          Des interventions : ils ont des professeurs qui font l’anglais, le sport et la culture orthodoxe même si c’est une école publique ;

-          Et encore beaucoup d’autres choses que je vous laisse découvrir plus en profondeur sur mon site.

Sinon, pendant ces deux semaines, il y a eu encore autant de rencontres et de découverte du pays, j’ai été invité à concert de rock roumain. J’ai pu aider à donner le repas des pauvres (donné une fois par mois par la communauté paroissiale). J’ai eu des rencontres uniques avec des personnes ne parlant que roumains. J’ai été invité à un concert de musique classique. Quand je dis qu’ils sont généreux, je n’exagère pas.

Prochaine article et vidéo à venir : présentation du bâtiment l’école, du cartable d’un élève, des différents mots roumains, du cours de sciences et de musique vécus avec eux, et encore bien d’autres choses …

Allez à très bientôt pour la suite des aventures.

Nos rêves ont de l’avenir, vive l’école et vive la vie,

Amitié vagabonde,

Votre fidèle serviteur de rencontres,

Lancelot

 

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5 réponses à Résumé à mi-Roumanie

  1. Xavier COUPRY dit :

    MERCI !

    Ta première lettre est passionnante.

    Fraternellement,
    Xavier