Résumé à mi-Inde

Ah ! Mon cher voisin du banc de l’école du monde !

Je voulais t’envoyer cette newsletter avant les vacances, bien que je reste encore un mois en Inde, pour te souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année, notamment un joyeux noël et un bon réveillon, on se retrouve très vite après les vacances (ici ils n’ont qu’une semaine alors profitez bien de la deuxième semaine pour moi.)

Mais comme petit cadeau malgré la distance, je voulais te raconter déjà tout mon premier mois en Inde. Et là encore, j’en ai vécu des choses. Laisse-moi te raconter :

Alors je suis arrivé le dimanche 18 novembre, et dès la sortie de l’aéroport, l’aventure  a commencé. Rien que de prendre le bus pour aller à la gare me fait découvrir beaucoup de choses : La conduite du chauffeur me fait peur, les autres ont l’air habitué. Une conduite rapide et brutale, avec forcing, klaxon, ralentissement au dernier moment pour les nids-de-poules, les dos-d’âne. Certains passagers descendent du bus ralenti mais toujours en marche, d’autres font de même pour monter. Il est à peine 7h du matin, et il y a un très important trafic de voitures, de bus, de vélos, de motos, de marcheurs, de toc-toc prononcé « touc-touc » : ces fameuses voiturettes scooters. Mon regard par la fenêtre me fait découvrir beaucoup de choses sur mon chemin. Très rapidement, j’ai le droit au retour des chiens errants qui ici aussi ont l’air très nombreux, mais pour changer j’ai le droit aussi aux singes sauvages qui se baladent le long de la route. Je suis surpris de voir des enfants jouer au criquet sur un petit terrain d’herbe sur un presque rond-point au milieu de la circulation. On est arrêté par quatre chameaux montés qui traversent le croisement parmi le trafic. Le gars qui prend le ticket me prévient quand je dois descendre, je me prépare à peut-être descendre en vol. Ça va le bus s’arrête deux secondes. Les indiens sont très accueillant et n’hésitent pas à aider quand ils peuvent, on me conseille un office de tourisme pour acheter mon billet de train, là bas on me dit qu’il n’y a plus de place, ils me feront faire la première partie du voyage en taxi. Ainsi, je suis en route avec mon chauffeur pour Jaipur j’ai encore droit à la découverte du trafic si différent : la circulation est toujours très périlleuse, on roule à gauche mais on double à droite comme à gauche. Certains véhicules se font doubler par les deux côté à la fois. La règle, c’est de klaxonner pour manifester sa présence et se faire un passage.  Mais mon chauffeur klaxonne vraiment tout le temps, et il râle quand on le klaxonne. Il ne reste pas plus de deux minutes sans klaxonner, montre en mains, sur un trajet de 5 heures, ça fait long, mais on s’y habitue à force. A la station service, il klaxonne pour que la personne devant se dépêche de bouger son véhicule.

Le chauffeur s’arrête sur la voix la plus rapide pour regarder ses sms, normal, ça lui vaut juste quelques klaxons bien prononcés et des doublements sur le côté. Après il téléphonera au volant. Il s’arrête au milieu de la route encore pour me montrer un monument et encore un peu plus loin avec même une marche arrière en pleine circulation, pour me montrer une statue de déesse. Très rassurant tout ça. Il slalome entre les poteaux pour avoir la meilleure place au péage.

On croise neuf personnes dans une voiture de cinq, puis en fait je me rends compte que beaucoup de voitures sont surchargées de personnes les taxis-pick-up entassent jusqu’à 20-30 personnes à l’arrière du véhicule. Il est fréquent de rencontrer des motos avec deux, trois quatre personnes, avec même des enfants : soit entre les parents, soit le plus jeune au guidon avec son père. Les camions quant à eux, sont souvent recouverts de guirlandes colorées, de décorations brillantes,  de peintures vives et d’autres fantaisies. Et pour accompagner le tout, ils ont souvent un klaxon de kermesse. Les tracteurs préfèrent avoirs de grosses enceintes accrochées et écouter de la musique bien fort.

Sur le bord de la route, il y a des enfants qui jouent avec des bâtons, pendant que d’autres s’amusent sur un gros tas de gravier. Dans l’autre sens, des enfants de 8et 10 ans, dirigeant une charrette avec un âne parmi la circulation. On croise des motos à contre sens, des camions longeant la route aussi à contre sens.

Sur le chemin, il s’arrête encore pour me montrer et pour que je puisse prendre des photos des diverses rencontres : les singes, les éléphants, les vaches, les antilopes. Il voulait même qu’on s’arrête à un parc sauvage pour aller voir les tigres.

Je passe une journée à Jaipur pour visiter avant de prendre mon train, je vous laisse voir les vidéos de cette magnifique ville.

Après je découvre bien évidemment le train pour me rendre jusqu’à Bombay. Dans le box de huit où est censée m’attendre ma place, il y a déjà deux familles avec tous leur bagages et ils ne sont pas 7 mais 14 avec 5-6 enfants. Je leur dit que ma place est dans ce box, ils m’invitent à prendre la seul place de libre, la banquette du haut (à 2 mètres de hauteur), celle que j’avais pris pour un range bagage, avec mes deux gros sacs. Je comprends que je vais dormir ici, sur les 2 m² de la banquette avec1m² occupé par mes bagages. Mais c’est l’aventure, je trouve ça vraiment unique même si je ne ferai pas ça tous les jours et que je réalise que peu de personnes pourraient faire ce que je fais.

Je pense avoir réussi à dormir pendant 4 bonnes heures. Puis j’assiste depuis mon perchoir au défilé incessant des vendeurs de train : vendeurs de fruits, de thés, de sandwichs, de petit repas locaux, de confiseries, de cacahuète, de boissons, de coloriages, de peignes … vendeurs  qui passent et repassent en criant : les vendeurs de glace Miko sur les plages, c’est de la gnognote à côté ! Un vendeur de thé a une voix de zombie et fait peur à chaque passage, les enfants eux s’amusent à embêter les vendeurs en répétant ce qu’ils disent ou en disant qu’ils en veulent pour rigoler. Il y a aussi des handicapés et des pauvres qui passent en faisant la quête. Au final qu’est ce que j’étais content de pouvoir échapper à toutes ces demandes d’argent étant inaccessible sur mon refuge des hauteurs. Après 18 heures de trajet, j‘arrive à Bombay. Je dois prendre un autre train local pour me rendre à Vasai, mon lieu d’accueil.

Je pose le pied sur le quai numéro 4, même pas le temps d’attendre que je me fais entraîner par une vague de gens dans le wagon arrivé. Pas mal de monde, ici on roule les portes ouvertes avec beaucoup de gens à la porte les cheveux au vent. A la station suivante, c’est encore plus de gens qui montent qui ne descendent. On commence à être serrés et mes sacs pèsent lourds sur les épaules. Avant la station suivante, je profite du léger espace pour poser mes sacs et m’asseoir dessus. Je fais bien car à la station suivante, c’est la folie. Une vague de gens qui veulent entrer alors qu’il n’y a plus de place. Mais ils forcent en s’aidant des poignées suspendues, en s’accrochant de poignées en poignées en poussant tout le monde, et ils doivent se dépêcher parce qu’il y en a derrière qui se sont mal accrochés au train qui avance et qui aimeraient bien pouvoir entrer. J’assiste à cette scène collé avec mes sacs au bon endroit. Elle doit se répéter tous les jours. Ici, c’est encore plus sport, que les métros parisiens. Plus tard on me dira que ce n’était même pas encore l’heure de pointe. Collé à un homme, il me dit quand je dois descendre, Vasai est la prochaine station. Je me prépare à la descente qui devrait être sport, je n’ai pas envie de continuer sur ce rail. Ma seule peur, c’est de laisser un sac dans le wagon, je le tiens d’une main bien ferme. Les gens devant moi descendent eux aussi à la prochaine. Le train ralenti, les gens commencent à descendre. Je les suis avec mon sac. Ça pousse un peu mais c’est bon je suis dehors à Vasai.

Je prends juste un toctoc pour rejoindre mon contact : l’archevêque Felix Machado. Il me reçoit dans son bureau, on prend le temps de parler (en français), je lui raconte mon périple, il est très content que je sois catholique, il aime beaucoup mon projet. Il aime beaucoup mon prénom, mais au final il me présente comme « Laneci » qui est beaucoup plus facile à prononcer pour eux. Il me dit que maintenant il va me trouver ce qu’il me faut, une école qui puisse m’accueillir et un hébergement. Ainsi je réalise que j’ai vraiment de la chance, mon contact est le plus haut au niveau, et il est très respecté dans cette société très hiérarchisée.

 

Ainsi après deux jours de repos, il m’envoie dans une paroisse avec deux grandes écoles primaire et secondaire. Je rencontre le père Brendan et le père Alex qui sont directeurs et professeurs dans chacun de leur collège. Mon projet se fait avec le père Brendan, puisque son école est à dominante anglais, plus facile pour moi de comprendre, l’autre étant en Marathi, langue de la région. Encore, ces deux personnes sont eux les plus haut placées dans leur école, et donc elles sont très respectées, je dispose de la meilleur aide pour réaliser mon projet, père Brendan que je vais découvrir au fur et mesure me présente comme son ami, une complicité va naître entre nous, encore une super personne rencontrée.

Je commence mon projet par une semaine de vacances puisque les enfants ont fini leur première période. J’en profiterai pour finir mes bilans sur la Finlande. Mais je découvre les indiens ; leur accueil, leur générosité, leur sourire, leur invitation à venir manger chez eux, leur simplicité de vie. On ne les voit jamais courir, sieste après le repas, ils savent se poser et discuter simplement. Même si ici, par le nombre, les écoles, la circulation, les klaxons, la ventilation, on est toujours dans un bruit permanent jusqu’à tard dans la nuit. J’en profite pour découvrir leur plage, magnifique, (cf diapo) et aussi pour améliorer mon anglais, grâce aux journaux, à leur télé et à mon petit dictionnaire. Et enfin l’école reprend. Deux écoles de 1200 élèves, ça fait du monde à rencontrer. Les directeurs me présentent à tout le monde lors de l’assemblée du matin. Ils connaissent tous mon prénom, l’inverse est loin d’être évident.

J’ai très vite le droit de rester une semaine dans une classe, puis dans une autre. Je peux filmer. Très vite, les enfants s’intéressent à moi, autant dire qu’ils ne voient que très peu des étrangers. J’ai encore l’occasion de leur apprendre des chansons, ils veulent tout le  temps des autographes et que je les prenne en photo. Une belle complicité avec les classes suivies, je sympathise dans le silence avec des clins d’œil, des jeux de mains, des mimiques dans les longues attentes des fins de copies. Je découvre aussi les jeunes collégiens, ils sont très intéressés, ils me posent quasiment à chaque fois les mêmes questions :

-          Est-ce que j’aime leur nourriture ? est-ce que ce n’est pas trop épicé ?

-          Quelle est la spécialité française ?

-          Comment s’appelle mes parents ?

-          Si je joue au criquet ? quel est le sport national en France ?

-          Et enfin, est-ce que j’ai déjà vu la neige et quel temps il fait en France ?

De plus, au cours de ces semaines, j’ai eu la chance de pouvoir assister à de nombreux événements :

-          Une sortie en bus avec les jeunes pour aller voir un hôpital pour enfants malades tenu par des sœurs.

-          Une compétition de danse « Lézime » C’est sublime. Des couleurs en rythme dans un mouvement dynamique et fluide. Leur danse est vraiment très agréable à regarder, il y a de vraies performances de mise en scène au fur et mesure des groupes qui passent. En plus, avec ce genre de spectacle, je découvre la danse traditionnelle, mais aussi le rythme, la musique, les costumes … Je suis bien content d’avoir ma caméra à la main, pour pouvoir en faire profiter aux autres. (cf la vidéo) Un moment, je m’arrête et me dit que c’est vraiment unique ce que je fais. Je profite vraiment de l’instant présent qui m’est offert.

-          Et leur « funfair » leur kermesse que pour les enfants. Les stands sont toujours tenus par des jeunes qui restent très sérieux dans la gestion tout en plaisantant et donnant une bonne ambiance. On peut trouver comme stands : serpents électriques, basket, concours d’allumage de bougies, de ligne de billes, de pêchage de pièce ou de billes dans du riz ou dans de l’eau coloré, et encore quelques autres stands et toujours les stands de nourritures. Je les épaterai au serpent électrique.

-          Puis toujours pendant la « Funfair » c’est au tour de la danse, je me laisse plus rapidement prendre, d’abord l’index : ça amuse les filles qui en veulent plus, je danse avec elles. La folie commence, tout le monde me remarque, et il se créé un cercle de plus de 100 élèves autour de moi. On improvise des danses (moi, toujours). Beaucoup viennent rapidement au centre pour me montrer deux trois pas. C’est vraiment amusant. Père Alex danse aussi avec les jeunes. Je me pose pour récupérer et filmer l’ambiance. Mais à peine assis, ils reviennent sans cesse me chercher. J’arrive à les impressionner avec un pas à la Matrix, la danse de l’électricité, la danse du petit doigt, mon rock’n roll, mais surtout par l’énergie (et ma non peur du ridicule). Ce n’est pas fini, ils me tirent vers la scène, le père au micro veut que je fasse une dernière danse. Je ferais une totalement improvisée, reprenant un peu ce que j’ai fait jusqu’à présent, en y rajoutant un peu de pas de danses déjà inventées à d’autre occasion, de tecktonick, de danse de la poule (pourquoi pas ?) et je finis en une danse des cheveux. Je fais un triomphe. Des moments comme ça, on n’en vit pas beaucoup dans sa vie. En tout cas, j’ai profité.

-          Enfin, un événement où je vais encore être acteur, the « parent’s annuel Day ». Et ainsi pour l’occasion, père Brendan ma demandé de faire un spectacle de danse avec 30 CM1. Ainsi tous les jours depuis 15 jours on répète. Je leur fais faire un petit tour du monde de danse. C’est vraiment une bonne expérience. J’espère que le final sera à la hauteur de leur attente, je vous en reparlerai avec peut-être une vidéo.

 

Aussi, en dehors de l’école, je continue à découvrir :

-          J’assiste à un mariage catholique qui pour eux a lieu le dimanche, il est comme en Europe avec la belle robe blanche. On retrouve tous les rites sauf que le prêtre ne dit pas vous pouvez embrasser la mariée. Le bisou est considéré comme en acte sexuel et ne doit pas se faire en public. A la fin, il n’y a pas le lancer de pétales (ou de riz), mais une collation offerte à tout le monde avec un « bang » un groupe de fanfare qui joue pour l’occasion en attendant que les marié finissent les photos. La cérémonie du sari est pour le lendemain.

-          J’ai eu l’occasion de faire une visite express à Bombay pour voir une très bonne pièce de théâtre en anglais. J’ai pu sentir rapidement l’ambiance de cette ville, j’ai hâte d’y revenir pendant les vacances.

-          J’ai eu la chance d’assister aussi à leur « Fair », leur fête foraine du village. Ils ont aussi les grands manèges, et les stands de jouets, de nourriture et confiserie, mais aussi de porcelaine, bijoux, ustensiles de cuisine. Ça reste tout de même très différent, ce n’est que par l’ambiance. Je vais essayer d’en faire une vidéo.

-          Enfin, j’ai découvert leur quotidien : levé à 6 heures en même temps que le soleil, école le matin, repas le midi, sieste, thé à quatre heures (d’ailleurs il est très bon avec du lait de buffle, de la cardamone et d’autres épices), snack à six heures, repas du soir à 9 heures, couché à 11h. ça fait de bonnes journées, il ne faut pas oublier la sieste si on veut tenir le rythme.

-          Je découvre aussi leur télé, c’est tellement amusant de voir la différence, de retrouver des pubs typiquement occidentales adaptées en Inde, de regarder leur série « feux de l’amour à l’Indienne », une veille série à la Zorro à l’indienne, le jeu surfait des acteurs est excellent, les combats aussi. J’aime découvrir leurs films, c’est vraiment différent : les musiques, les dialogues, les costumes, les montages, les bruitages, les comédies musicales intégrées, l’univers… Bref, je regarde ça avec plaisir. Et malheureusement, je découvre aussi « Bigboss » leur téléréalité indienne avec des jeunes enfermés dans un loft. Personne n’y échappe

-          Sinon, je découvre bien évidemment, leur nourriture mais ça, ça demande un article complet. Je vais essayer de le faire rapidement pour mon site. Mais oui, c’est bien épicé, mais j’aime bien, il faut juste bien boire en même temps.

 

Enfin, en gardant un peu pour la prochaine lettre, je peux déjà te dire que dans cette école ils travaillent autant qu’en France mais avec un rythme de 7h10 à 12h20 (oui ils se lèvent tôt), avec une seule récré de 20 minutes (comme nous) à 10h, du lundi au samedi (et oui, un petit week-end et pas le repos du mercredi). Mais ils ont des après-midis tranquilles pour se reposer de cette chaleur accablante même en hiver. Ici, ils ont beaucoup de copains, puisqu’ils sont une cinquantaine par classe (ça change !).

Ils portent un uniforme différent pour chaque école. Tous les matins, ils ont un rituel de début de journée, des fois en assemblée dans la cours en rang, des fois chacun dans sa classe suivis ensemble par les haut-parleurs dans chaque pièce : ils chantent l’hymne national (où personne n’a le droit de bouger, tu restes là où tu es pendant le chant : au milieu de la cours, dans le couloir ou à ta place.) Puis ils disent des prières, une chanson patriotique, une chanson sur les études, le serment à la nation, avec la main posée horizontalement sur le cœur, que tout le monde connait par cœur et qui est prononcé par les professeurs également. Ça donne une dimension impressionnante. Ils ont des inspections de l’uniforme par le directeur, qui doit être complet et impeccable. Sinon, le règlement dit que l’élève doit retourner chez lui. Un jour par semaine, ils ont un autre uniforme avec quatre couleurs d’uniforme en fonction de la maison à la quelle appartient l’élève : quatre maisons, un peu comme Harry Potter.

Pour l’appel, les papiers, les évaluations, les enfants ont tous un numéro de liste et ils sont appelés grâce à celui-ci. C’est plus rapide pour l’appel, et ça pose moins de souci de mémorisation des 50 prénoms pour le professeur.

Les cours se font à partir de leur manuel, simple petit et efficace, beaucoup de lecture et de répétitions orales. Le cours d’anglais est aussi un cours d’éducation civique, c’est clairement explicité au début du manuel, les éditeurs gérés par l’état expliquent les valeurs enseignées à travers les textes de toutes sortes (histoire, conte, poème, théâtre, mais aussi énigme, explication de jeux, activité manuelle et expérience scientifique) Ainsi, ils verront le bon sens, l’empathie, résoudre un problème, prendre une décision, la pensée créative et critique. Je trouve la démarche très intéressante.

Aussi, les enfants ont pas mal de responsabilités ; gérer l’ordre à la sortie des élèves du primaire, chanter l’hymne national au micro, surveiller les récréations des plus jeunes, surveiller pendant l’absence de professeur. J’ai assisté un petit groupe de 10 enfants d’une classe qui travaillaient assis dans le couloir. Ils révisaient pour le contrôle du lendemain. C’était une élève qui gérait les révisions, elle les faisait répéter, réécrire, elle gérait ça pendant plus d’une heure. Dans chaque classe, certains élèves ont le rôle notamment de faire respecter le silence dans les rangs. Ils le font à cœur joie, et ils passent dans les rangs, interpellent, dénoncent au professeur et se permettent de lever le ton sur leurs camarades.

Ainsi, ce n’est pas du tout la même ambiance. Mais c’est un système qui reste très intéressant à essayer de comprendre comment les professeurs tiennent ce challenge d’enseigner à une classe de 50 élèves qui peut monter jusqu’à 80 au collège. Il y a une vraie discipline essentielle, et c’est très captivant de savoir qu’elle n’entrave pas la liberté, l’apprentissage et le plaisir de travailler des enfants. Un point un peu plus délicat concerne les élèves en difficulté, mais ici, il n’y a pas de redoublement non plus.

Donc encore beaucoup de choses à découvrir. Deux mois ce n’est pas de trop. Mais le sourire est sur tous les visages, je vous partage les photos sur mon site si ce n’est déjà fait.

 

Articles et vidéos présents sur le site : visite de l’école, de l’Inde, présentation de la danse de « Lézime », des visages, de leur « funfair »…

Articles et vidéos à venir : journée d’un élève, « annuel parent’ day », le repas de 10 heures, le criquet, et encore bien d’autres choses …

Allez à très bientôt pour la suite des aventures.

Nos rêves ont de l’avenir, vive l’école et vive la vie,

Amitié globetrotteuse sucrée de fruits exotiques, papayes, coconuts, ananas …

L’aventurier dans la jungle des cahiers, des cartables, des doigts levés du bout du monde.

Lancelot, appelé ici Laneci

 

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8 réponses à Résumé à mi-Inde

  1. lancelot dit :

    Bonjour Claude,

    Je retrouve, ici, le philosophe que tu es à travers le forum. Et que de questions qui méritent réflexion, j’avoue ne pas mettre penché sur la question, je reste sur les écoles même plutôt sur ma petite école de 1200 élèves. Mais, je vie indien depuis plus d’un mois, et ce que je constate c’est la diversité très important qu’ils ont en tout. L’Inde est « ingénéralisable » si tu me permets ce néologisme. Tu fais 50 km, et ça n’a rien à voir. Je suis dans un village de 200 000 habitants, et ici, c’est le marché et les petites boutiques pour trouver ton bonheur, 20 minutes de toctoc, à Vasai, tu as les centres commerciaux, où c’est la folie à la caisse. Tu vas à Bombay tu retrouves les « mall » les galeries commerciales dignes des champs Elysées. Quand tu prends leur RER de Banlieues de Bombay, tu vois des bidonvilles qui entourent les luxueux immeubles neufs, tu vois des bidonvilles le long des quais de train avec les familles qui mangent, étendent leur linge, les enfants qui jouent au cerf-volant mais tu vois aussi qu’ils ont la parabole, le courant et la télé.

    Tu me dis qu’ils se battent contre la maltraitance des femmes, ce que je peux de dire c’est que dans l’ensemble (et surtout dans mon village), la femme est très respectée, elles ont leur compartiment dans les trains, jamais tu verras une femme prostituée, (que des travesties ici), beaucoup de galanteries, à ce que j’ai pu voir jusqu’à maintenant. Certes, à la lecture du journal, les chiffres parlent autrement mais surtout dans les grandes villes, et le fait que je sois dans une communauté qui reste très catholique et qui a beaucoup aidé le petit village où je suis.
    Le travail des jeunes enfants dans la région de Bombay, il est très rare ou caché, dans le sud on m’a dit qu’il était beaucoup plus présent.

    La modernisation : tu regardes les pubs à la télé et tu es en Europe, il ont la téléréalité aussi, mais l’Inde restera l’Inde quoi qu’il advienne, la notion du patriotisme est enseigné dans les écoles avec l’assemblé touts les matins, l’hymne nationale, la promesse à la patrie, et autres rituels, un grand respect de la hiérarchie et des traditions, macdo ne trouve pas sa place ici, ils sont tous attaché à leur chai et walapao (le thé et le burger indien). Ils aiment la vie simple et faire la fête. Ils n’ont jamais l’air surbooké ou pressé. C’est une belle découverte que j’aime beaucoup, c’est très reposant la vie indienne, même si je me fais quand même des grosses journées en gardant mes habitudes françaises. Mais je vais essayer d’approfondir cette enquête. Ça m’intéresse d’avoir leur vision. Merci pour ta contribution, pour l’instant pas d’école parfaite, mais toujours le sourire sur tous les visages des enfants, pour moi c’est ça l’essentiel.

    Et quand tu dis : Merci pour ton regard sur l’enfance, il y a tant à découvrir de l’homme!
    Oui j’aime bien commencer par le début.

    Aller je te laisse, mes vœux arriveront sans tarder,
    Fraternellement,

    Lancelot