Résumé 2 de l’Inde

Ah ! Mon cher voisin du banc de l’école du monde !

Comme on se retrouve, alors depuis ma dernière lettre d’Inde, je suis resté encore un mois dans ce beau pays, et j’ai bien fait car il s’est encore passé de beaux événements. Je me pose en Chine pour t’écrire cette lettre où j’ai retrouvé le froid mais aussi un chaud foyer de couchsurfeur français à Qingdao. Mais ça, c’est pour la prochaine lettre. Maintenant, laisse-moi te raconter la fin de mon aventure en Inde.

Alors, dans ma dernière lettre, je t’ai quitté(e) en disant que j’étais en train de préparer un spectacle de danses avec un groupe d’élèves indiens pour leur « Annual Parents’s Day » qui est un peu notre arbre de Noël à nous. Après quinze jours de répétition avec 2 heures par jours la dernière semaine, j’ai présenté avec ma « Bougadou Team » de 30 danseurs habillés de vestes de couleurs à paillettes, notre « world tour of dances ». Et c’était parti pour un tour du monde de la danse, le tout entrecoupé et lié par un chant français que les jeunes répétaient avec joie. D’abord la France, avec de l’aérobic et les performances humaines, enfin les positions étaient bonnes, ils ont été très applaudis, j’étais juste un peu déçu que pour la première fois, ils ratèrent la grosse pyramide. On continua avec la Roumanie. Le « Give one » a été très apprécié. Le Madison des USA est très bien passé. La Macérana du Brésil a bien fait voyager. Un petit tour avec le rythme africain. Et on a fini en beauté avec la danse de Rabbi Jacob, très bien réussie. On est sortis de scène en faisant la vague. On a été très applaudis.

Ainsi, c’était vraiment un bon moment que j’ai eu plaisir à partager avec ma troupe, avec les parents qui ont beaucoup apprécié et toute l’école qui s’en rappellera pendant un moment, je pense. Le spectacle continua, c’était vraiment très impressionnant de voir de l’aérobic chorégraphié à plus de 100 élèves, (Je n’en suis pas là encore !), de voir encore un peu de « lézime dance », une démonstration de karaté, la représentation finale des pyramides et performances humaines des gars et de mon copain Unmuch. Ils ont fait un malheur, j’avoue être jaloux, je le leur dirai à la fin. Pour terminer le spectacle, … une démo de montée à la corde, les figures étaient vraiment époustouflantes. Encore un peu d’aérobic à 70 avec les grands. Et ils finirent par un conte de noël.

Alors pour ceux qui s’inquiétaient de mon Noël en Inde, j’étais déjà dans une belle dynamique de fête avec ce spectacle et en plus dans ce conte, j’ai eu droit aux personnages de la crèche qui dansent à l’indienne, j’ai trouvé ça tout simplement magique. Ainsi que de voir le père Noël qui enchaîna aussi quelques pas indiens pour clôturer le spectacle.

Le lendemain, les enfants étaient en vacance de Noël, moi aussi, le temps de faire plusieurs vidéos, beaucoup de rencontres, et quelques voyages mais surtout de vivre Noël avec ma nouvelle famille indienne. Alors là, je vous entends depuis l’autre bout du monde, vous demander comment ça se passe un Noël en Inde. C’est avec joie que je vous partage cet instant unique que j’ai vécu dans ce village même si c’est différent dans chaque région : le jour de Noël est férié pour tout le monde, mais la fête est portée sur la joie de se retrouver entre amis et les gens qu’on côtoie tous les jours moins avec la famille et les cadeaux (pas de folie de cadeaux, d’achats dans les magasins, juste des bonbons offert aux enfants). Ils installent les décorations et les lumières le 24. On profite du soleil, de sa chaleur, et de son coucher pour cette paisible journée. La messe est en plein-air (à cause du monde), tout le monde est très bien habillé, après la belle simple messe à 22h, on a partagé une part de gâteau, mais surtout, tout le monde est resté pour danser au rythme du « band », le groupe de fanfare indienne. Je me suis laissé prendre, j’ai dansé avec eux avec beaucoup de joie. J’étais près des percussions, le rythme qui se rapprochait de la Batala brésilienne, me plaisait beaucoup. Je n’ai pu m’empêcher de les épater avec quelques mouvements. Une fois que les musiciens arrêtèrent, j’étais en nage. Tout le monde voulait me remercier de ma performance, et ils m’en ont parlé jusqu’à la fin de mon séjour. Je n’ai pourtant pas forcément bien dansé, j’ai juste partagé ma joie et mon énergie. Mais aussi j’ai compris que la danse est un très bon moyen de communiquer pour exprimer ses émotions (et surtout la joie d’être là avec eux) quand on ne connaît pas la langue. Le lendemain, un repas un peu plus copieux mais pas de plat particulier pour l’occasion. Pour finir cette journée du 25, ils feront un concours sportif avec la participation de tous les membres de la famille, après avoir bien rigolé à la course en sac des enfants, le relai des papas étaient très sérieux, la course avec un livre en équilibre sur la tête des mamans très originale, et pour finir la course-relai avec le père avec le fil et la mère avec l’aiguille pour arriver avec le fil dans l’aiguille était drôle et surprenante. Un Noël avec beaucoup de simplicité que j’ai beaucoup aimé.

Après, pendant ces vacances, j’ai pu aussi avoir la chance de partager une « Christmas party » avec des enfants et découvrir le théâtre indien, les courtes scènes relatant l’histoire vraie sont coupées de danses indiennes très significatives. Le jeu des acteurs était très bon et m’a permis de comprendre l’idée de la pièce. C’était vraiment beau. Je devais aussi m’occuper de la mission « Visa Chinois », ne pouvant le demander plus de 2 mois avant mon arrivée, j’étais obligé de quitter mon petit village pour aller à Bombay à trois reprises pour demander cette fameuse autorisation qui ouvre les portes de la Chine. Heureusement que j’avais mon ami indien Sandeep qui connaissait la ville par cœur et surtout les habitudes à avoir. J’ai pu découvrir la différence de niveau de vie qui existe entre un habitant de Bombay et un habitant d’un petit village à, à peine, 50 kilomètres de distance. La demande de visa, depuis un autre pays est vraiment une grosse aventure, petite prise de tête quand même, mais c’est une bonne expérience.

Enfin mon dernier voyage de ces vacances était pour retrouver et passer le nouvel an avec mon amie française qui était dans le sud de l’Inde pour une mission humanitaire. On s’est retrouvé à Goa, je l’ai rejointe en bus de nuit (un vrai car couchette pour 15 heures de trajet). Que ça faisait du bien de retrouver quelqu’un avec qui parler français, raconter, d’échanger nos aventures et de rire, s’amuser avec une amie. Après avoir pu se poser sur des transats devant la mer, le coucher du soleil sur l’horizon, la foule de gens qui est venue se baigner, et avoir vu des vaches traverser la plage, le tout avec un cocktail à la coco à la main, on a appris qu’on passera le nouvel an avec des contacts qui étaient aussi ici à Goa. On passera une soirée super avec des indiens très sympas et ouverts, dont certains francophones, sur un petit coin de plage reculé privé. Discussions, découverte des uns des autres, snacks, danse … C’était fortuitement excellent. Le plus marrant était la courte coupure générale dans toute la ville à 19h et toute la population présente aux alentours qui manifeste son mécontentement d’une seule voix. Unique !

Bon, j’avoue ne pas avoir pris le temps de visiter Goa, qui est pourtant une magnifique région, mais en deux jours de temps, c’était trop compliqué. C’était un peu mes vraies premières vacances où j’ai pu me reposer et ne plus penser au projet. Oui, j’avais oublié de me prévoir des vacances pendant mon périple. Besoin vital.

Mais bon très vite, j’ai retrouvé les bancs de l’école puisqu’ici, ils ont repris le 2 janvier. J’ai pu continuer mes observations dans les classes mais cette fois ci, dans les classes de collège. Les cours de maths, d’anglais, de Marathi (la langue locale), l’Hindi, de sciences, d’histoire, de géographie, d’éducation civique, de religion, de sport, de musique et de dessin. Mais aussi les cours d’ordinateur et l’heure de bibliothèque pour aller emprunter des livres. Ces dernières semaines d’observation m’ont permis de finir mes vidéos sur l’Inde, de pouvoir créer beaucoup de liens avec les élèves et les professeurs toujours très contents de m’accueillir. Mais j’ai surtout pu comprendre encore quelques points importants en plus de ce que je vous ai dit la dernière fois.

D’abords j’ai découvert leur semaine de « open book test ». En plus d’une grosse semaine d’évaluation à la fin de chaque semestre, ils ont une semaine de devoirs à partir de leur livre qu’ils ont avec eux pendant le devoir et dont ils doivent connaître très bien le contenu et les explications pour répondre au devoir.

J’ai beaucoup aimé leur système d’évaluation qui ne s’arrête pas qu’aux sujets des matières. Ils ont bien sûr des matières principales notées appelées « academic performance » telles que : l’Anglais, l’hindi, la langue locale, les maths, les sciences, les sciences sociales (histoire, géographie et éducation civique), les arts (dessin et chant), l’ordinateur, et « physical and health » (en plus du sport, ils regardent aussi le soin apporté au corps, cheveux, ongles, dents …) Mais ils sont aussi notés, par simple observation des professeurs, sur les connaissances de vie telles que : la réflexion, la relation sociale, la gestion des émotions. Ainsi que sur l’attitude et les valeurs envers : les professeurs, les camardes de classes, le programme scolaire, l’environnement, les valeurs de l’école et la propreté de l’école. Je trouve ça très intéressant.

De plus, j’ai beaucoup aimé leur récréation qui est consacrée au goûter, ainsi chaque enfant ramène de quoi manger dans sa « lunchbox ». Un goûter plutôt salé, chappattis et légumes, même s’ils mangeront au retour de l’école. Les professeurs font de même dans leur salle. Cette école a la particularité d’imposer aux enfants qu’ils ramènent un goûter fait à la maison, il n’ont pas le droit au goûter tout prêt tout emballé sous risque d’aller à la poubelle.

Pour finir la dernière semaine, j’ai pu faire un petit tour chez les maternelles, lieux où par classe de 50 aussi, ils apprennent déjà beaucoup : les couleurs, les nombres jusqu’à 100, la reconnaissance des symboles, les fruits les animaux …mais surtout, ce qui m’a le plus surpris, l’écriture et la lecture, les additions jusqu’à 10 et la table de multiplication de 1 en GS.

Mais cette dernière semaine était surtout consacrée à l’échange avec la France. D’abord par un échange de recette, en effet, la classe de CE2 du Sacré-Cœur de Vannes voulait partager leur recette française de « bredeles Alsaciens » que les enfants indiens ont copiée sur leur cahier et qu’ils vont pouvoir faire à la maison. En échange, les enfants indiens ont envoyé la recette indienne « Nankata Biscuit », de très bonnes gourmandises avec des dattes et des noix de cajou, (les recettes sont retrouvables sur mon site.) Chacun à ses fourneaux.

Enfin, j’ai eu encore la joie de mettre en place, d’assister et d’animer une rencontre Skype entre deux mondes, une école de France et une école d’Inde. Cette rencontre a encore été un moment très riche des deux côtés. En France, les enfants ont été surpris par le nombre d’élèves dans les classes, dans l’école, du nombre personnes dans le petit village de Nirmal, du nombre de jours de cours par semaines, de vacances, de langues apprises… En Inde, les jeunes ont été surpris de la taille de la petite école de Bubry, du multi-niveaux, du nombre d’heures dans une journée, de la quantité de vacances et le fait qu’il n’y ait pas d’uniforme ni d’assemblée.

Après bien évidemment, pendant ce dernier mois, encore beaucoup de rencontres :

-         la rencontre avec Rostan, une personne du village qui m’a fait faire une visite des crèches des petits villages derrière sa moto et qui voulait m’inviter à son mariage (malheureusement je partais avant), de professeurs.

-         la rencontre avec Rocky, un parent d’élève qui est venu me chercher pour que je vienne visiter sa maison et faire une surprise à sa fille qui m’a pris de nombreuses fois en photo.

-         La rencontre de Maxwell, un élève de l’école qui m’a invité avec sa famille à prendre le petit-déjeuner et pour visiter sa future maison en construction.

-         La rencontre de toute la famille de père Brendan et père Alex, les deux prêtres qui m’ont super bien accueilli pendant 2 mois.

-         La rencontre avec Prasad qui m’a invité à découvrir sa famille et manger des noodles, c’est nouilles chinoises qu’ils aiment beaucoup.

-         Les rencontres de 17h le soir avec les élèves après les classes, pour se retrouver et faire du foot, du cricket, des jeux et s’amuser tout simplement. Des vrais moments de complicité qui m’a valu le surnom de « Loossooloo ».

-         Le repas avec Puis, un professeur super sympa avec qui j’ai passé un super moment à parler de la culture indienne pendant toute la soirée.

-         Le repas avec Thelma, l’enseignante de primaire, avec qui j’ai aussi découvert la culture indienne mais vu par ses enfants au collège.

-         Et encore beaucoup de rencontres en deux mois.

Mais le fait de rester deux mois au lieu d’un comme dans les autres pays est à double tranchants puisque ça créé du lien fort et c’est plus dur quand il s’agit de partir. Ainsi pour le dernier jour, ils ont commencé, comme d’habitude, par l’assemblée : l’hymne national, puis le chant catholique, la prière, et la promesse. Puis, une enseignante a pris le micro pour annoncer l’événement, elle m’appela à prendre une chaise devant tout monde avec le Père Brendan et Sister Sabeena, l’adjointe. D’abord, un petit speech d’une élève pour parler de son ressenti de mon arrivée dans l’école jusqu’à maintenant. En parlant de mon humour, de mon spectacle de danse et de mon passage dans les classes. Un autre témoignera de la rencontre Skype faite avec la classe française. Très touchant. Puis ils m’invitèrent à prendre le micro. Je leur ai fait un petit speech pour les remercier et les inciter à rêver. Après je leur ai offert un petit cadre qui dit la même chose mais en dessin. C’était au tour de père Brendan de parler. Il retraça comment il a vécu ma présence de son côté, très touchant, il profita de mon intervention, de ma présence, de mon témoignage pour continuer à leur parler de leurs rêves. Il leur donna en plus quelques informations qu’il connaît de moi. J’étais très heureux sur le moment.

Puis, les primaires m’ont offert une belle carte, les collégiens à leur tour, puis après c’était autour des gros cadeaux. J’ai reçu un magnifique cadre (1mx1m). C’est la prof avec qui j’avais parlé dessin qui l’a fait. Un magnifique tableau indien représentant une scène de la vie indienne, les couleurs sont magnifiques, le style impeccable. Il rejoint directement mon cœur mais je me posais la question du transport. Père Brendan me rassura de suite en disant qu’ils vont me l’envoyer directement chez moi.

Mais ce n’était pas fini, ils continuèrent en me fêtant mon anniversaire en avance. J’ai eu le plus bel anniversaire que je n’ai jamais eu (en avance) avec 500 jeunes en joie profonde et sincère devant moi. Ça fait vraiment chaud au cœur.

Et quand je crus que c’était fini, un groupe vint au micro, commença à chanter une chanson en anglais sur le fait que je vais leur manquer. Là, j’ai craqué, que d’émotions, c’est la première fois que j’ai versé une larme pendant mon voyage. C’est une belle grande famille que je n’avais pas envie de quitter

Ils sont partis par rangées, ce qui me donna l’occasion de faire 400 poignées de mains.

 

Ainsi l’Inde a vraiment été un beau pays, où j‘ai vraiment qu’une hâte c’est de retourner retrouver tout ce beau monde dans ce petit village. Mais l’aventure continue pour encore beaucoup de belles rencontres en Chine, un pays avec beaucoup de surprises, mais ça c’est pour la prochaine fois. Patience …

 

Articles et vidéos présents sur le site : la journée d’un élève en 7 parties, le cricket, les jeux indiens (kabbaddi et Langadi), la nourriture, la musique indienne, et le conte indien, des vidéos de spectacle …

 

Allez à très bientôt pour la suite des aventures.

Nos rêves ont de l’avenir, vive l’école et vive la vie,

Amitié globetrotteuse accompagnée de la chaleur de mon dernier coucher de soleil sur les palmiers…

 

L’ancien petit garçon qui avait beaucoup rêvé,

Lancelot, appelé ici Laneci

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2 réponses à Résumé 2 de l’Inde

  1. lancelot dit :

    Salut l’école de st Paul en Forêt,

    je suis content que ma lettre vous soit enfin arrivée après plus de 3 semaines,
    super que mon aventure puisse vous faire découvrir le monde toutes les semaines,
    je vais m’activer un peu plus pour la Chine,
    c’est un pays qui a été plus dur à mettre en place,
    mais vous allez quand même découvrir des choses

    à très vite
    Lancelot