Mardi 26 mars : ma première journée d’observation !

Comme convenu, le frère m’emmène au lieu de rendez-vous. J’économise une heure de transport en commun et donc une heure de sommeil. Une fois arrivé, je retrouve mon contact, la formatrice qui apprend aux classes les différents mouvements pour mettre en place la « routine » du massage entre les enfants. Aujourd’hui, ce sera dans une école dans les campagnes de Montréal. Ainsi, sur la route, on a le temps de parler de ce programme, de sa formation, des possibilités de formations … Quand on arrive à l’école, je me rends bien compte qu’elle est rurale : un champ devant, un champ derrière. Mon contact me prévient qu’ils sont nettement plus ouverts et accueillants que dans les grandes villes. En effet, tout est ouvert, on rentre très facilement, on nous accueille à coup de grands sourires. La directrice est très contente de mon passage, le plaisir est mutuel. Les cours commencent, mon contact va dans chaque classe donner sa deuxième intervention, je la suis et l’observe. Je découvre par la même occasion les maternelles, les 1e, 2e et 3e année, leur classe, leur professeur, leur autorité, (plus familiale et moins formelle) certains manuels et un peu leur mode de fonctionnement même si mon observation reste très succincte à raison d’une demi-heure par classe mais, ma première impression est que ça se rapproche beaucoup d’un système français sur certains points. Mes prochaines semaines d’observation me le diront.

J’observe et découvre aussi ce programme de massage. Comme il faut l’accord des parents et de l’enfant et que ce n’est pas obligatoire, certains n’avaient pas fait la première séance, mais étant resté dans la classe pour observer, maintenant, ils veulent y participer. Les enfants sont enthousiastes à l’arrivée de la formatrice dans la classe. Ils sont déjà installés par binôme, un à cheval sur la chaise, l’autre derrière les manches relevées. Elle réexplique la base : dans le respect et le silence, on commence par lui demander, une main sur l’épaule, le regard dans les yeux : « est-ce que tu me permets de te faire un massage ? ». S’il répond oui, dans un respect de confiance, le masseur ne doit plus cesser de toucher le massé, afin de ne pas sentir un sentiment de frustration, d’appréhension, à ne pas savoir où est le masseur, ce qu’il fait … la formatrice dira même pour ne pas sentir un sentiment d’abandon. Et il arrêtera de le toucher quand il lui aura dit « je te remercie de m’avoir permis de te faire un massage ». Et oui, le programme est réfléchi pour instaurer aussi le respect et la confiance. (D’ailleurs le programme est prévu pour qu’aucun adulte ne masse les enfants pour éviter toutes dérives.)

La formatrice leur apprend quelques mouvements, avec des noms amusants qui  permettent de retenir les mouvements, comme par exemple : les lunettes, le boulanger, le coiffeur … Le but étant qu’ils connaissent à la fin, l’enchaînement entier des quinze mouvements différents à exécuter sur leur camarade, pour qu’au final ça ne dure que 20 minutes, 10 minutes sur l’un, 10 minutes sur l’autre après avoir changé de rôle. Après la formation, le professeur a juste à reprendre le nom et le nombre de mouvements et les enfants exécutent leur « routine », soit pour commencer la journée, soit après la récré, ou encore pour avoir besoin d’un retour au calme. Ainsi, rien que de les observer à la deuxième séance, on voit certains enfants qui se laissent vraiment entre les mains de leur camarade, qui profitent et se relaxent vraiment. Les masseurs essayent vraiment de faire ça avec beaucoup d’attention et au final, ils ont l’air d’apprécier de donner un massage. L’atmosphère dans la classe est déjà très calme (à la première séance, on m’a dit qu’il y avait pas mal d’excitation, d’appréhension et de fou rire) mais très vite, l’esprit arrive. Des garçons massent des filles et vice-versa, ainsi il y a en même temps une éducation du respect du corps de l’autre tout en apprenant à prendre le temps de respecter le sien. Enfin, les professeurs disent que ça change sincèrement l’ambiance de la classe, plus ouvert les uns avec les autres, plus calmes et plus concentrés, il y a beaucoup d’effets bénéfiques.

Je suis très content de découvrir ce programme, peut-être plus utile que les séances de sport en rythme en assemblée quotidienne vues en Chine. En tout cas, je note, je me renseigne pour plus tard. On prendra le temps aussi de discuter avec certains professeurs, j’en apprendrai beaucoup sur ce qui est mis en place pour les élèves avec des grosses difficultés (autisme, dyslexie, dysphasie …) Il y a des structures d’aide mais les démarches pour les parents sont toujours très importantes, le diagnostic très long par la médecine publique, très cher par la médecine privée. C’est aussi intéressant de connaître ça avec des personnes vivant le système avec leur enfant.

On rentre en voiture avec la formatrice, on discutera encore pas mal sur la route. Elle me dépose à ma station de bus. Je mettrai une heure et demie à rentrer. Mais j’en profiterai pour visiter encore un peu les banlieues de Montréal.

Je finis l’après-midi avec un temps de prière avec les frères, un bon repas, et travaillant et finissant deux trois trucs dans ma chambre, je vais me coucher. A demain.

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