Lundi 4 février : le ying et le yang de l’éducation Chinoise.

Ainsi aujourd’hui, je pars à l’école avec Kévin, un mini-bus vient le chercher devant chez lui avec d’autres profs. Alex, son fils, est déjà parti en bus avec les autres enfants.

Arrivé à l’école, je vois comment commence leur journée, pour les profs, ils signent le registre, ils prennent leur programme de la journée, l’infirmière ausculte rapidement les enfants de maternelle et primaire quand ils arrivent (température, gorge, yeux …)

Je prends un thé avec le secrétaire du directeur, on parle éducation, il me présente sa famille, sa vie à Qingdao, ses choix d’éducation pour son enfant.

Puis les cours commencent, je me dirige ce matin vers la classe de Montessori. Je suis le bienvenu, je m’installe sur une des chaises d’observation. Après avoir vu le Yang de l’école chinoise, je découvre un petit Ying caché dans une école internationale. Qu’est-ce que c’est surprenant. En plus comme c’est une petite école pas très nombreuse, ils sont juste 10 dans cette classe qui regroupe les 3-5 ans. Mais 10 pour un professeur Montessori et deux assistantes. Ils sont vraiment bien encadrés même s’ils sont avant tout très libres et poussés à l’autonomie dès ce jeune âge.

En effet, un petit gars expérimente, par terre sur un petit tapis qu’il s’est installé, quatre boîtes de cylindres en bois de couleurs qu’il doit disposer sur un modèle et découvrir en même temps implicitement la notion de grand-petit, fin-gros, même taille, même épaisseur. Une fois fini, il montrera à l’enseignante qui le félicitera. Il range les boîtes, le tapis et passe à une autre activité. Ainsi chacun fait une activité différente, un fera de la couture (adaptée à son âge), de l’empilement de cube avec découverte de l’équilibre, un ira se prendre un bol de céréales dans l’espace cuisine de la grande classe, une autre fera juste du coloriage, un autre, lui, ne voudra rien faire de la matinée, et quand ils ne savent pas quoi, ils vont voir la maîtresse qui a toujours plein d’idées, elle en prend un pour lire ensemble un petit livre, avec un autre enfant, ils découvrent la boîte des lettres et il écoute la maîtresse pour trouver les bonnes lettres et écrire ses premiers mots de trois lettres. Un copain viendra l’aider à lire.

Le petit gars du début était vraiment dans cette dynamique Montessori, puisqu’après il prendra la boîte des nombres, les mettra dans l’ordre sur le tapis blanc. La maîtresse passera pour l’aider, d’abord il dispose les chiffres en bois, la maîtresse le laisse faire des erreurs, il n’est pas sûr, il enlève la fin, le 6 et le 9 le perturbent. La maîtresse incite pour qu’il propose une réponse, il inverse le 6 et le 9, la maîtresse prend un modèle et ils vérifient ensemble, il se rendra compte tout seul de son erreur qu’il corrige tout content. Par contre, il n’aura pas compris que le « deux » est dans le mauvais sens, l’enseignante le notera sur ses fiches d’observation mais aujourd’hui n’insistera pas.

Ainsi, toute la matinée, je suis enchanté de voir cette classe calme s’animer au son de la musique classique. A mi-matinée, des grands viendront leur lire une histoire, et s’ensuivra un conseil de classe avec un enfant qui dira qu’il est triste qu’on ait abîmé les perles qu’il a ramenées et que maintenant, les autres enfants peuvent en faire que si, lui, il est avec eux. Et après une récréation, c’est le moment le plus important d’une journée Montessori ; le repas. On mange dans la cuisine de la classe, ça aussi c’est de l’éducation, comment se servir, manger à sa place, se déplacer dans la salle, respecter la nourriture, et laver son assiette et sa place.

L’après midi, pendant que les autres font toujours du coloriage, j’observe toujours ce même petit gars faire de la peinture. Il veut représenter le planisphère à partir d’un modèle avec ses emporte-pièces des continents. Une autre façon d’apprendre la géographie. L’assistante l’aide un peu, mais il se débrouille très bien et c’est très amusant de voir comment il expérimente et découvre des nouvelles choses tout seul. D’abord, j’observe ses yeux curieux de voir le mélange de la peinture dans l’eau transparente. Puis il découvre les mélanges de peintures. Après, il a plus de peinture sur son pinceau, il peint sur sa main pour être sûr, mais la deuxième fois, il restera de la peinture sur le pinceau, il sera bien embêté. Il met de la peinture sur la table, voulant enlever la goutte avec son pinceau, il étalera encore plus, là encore, il sera bien embêté. Puis comment résoudre ce problème de manque de peinture bleue pour peindre toute la mer. En tout cas, son visage exprime un vrai plaisir de découverte. C’est sûr que c’est une pédagogie qui est vraiment digne d’intérêt. Je suis vraiment content de l’avoir découverte en Chine, qui compense vraiment le fait que l’éducation chinoise, est très intéressante pour comprendre beaucoup de choses sur ce peuple si différent, mais reste un système dur où on en oublie la liberté et l’enfance des élèves.

La fin d’après midi, ils iront répéter le spectacle pour le dernier jour. J’y trouverai la chanson chinoise sympa à apprendre que je vais essayer de récupérer pour les écoles françaises. Sinon, les grands du collège qui n’aiment pas ne rien faire, ont tous soit leur mobile soit leur PC-portable avec eux, et ils regardent des films, envoient des sms, et jouent à Minecraft (le jeu préféré des enfants d’ici). Les professeurs chinois aussi font de même.

Quand l’école est finie, je fais un petit tour de l’école pour la filmer. Surtout dû au nombre d’élèves, les classes n’ont rien à voir avec ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, trois tables au milieu pour y travailler ensemble. Mais il faudra attendre le Japon pour voir la vidéo sur mon site, j’y mettrai quand même des photos en apéros en attendant.

On rentre en minis-bus avec Kévin, ce soir je travaille et je bosse pas mal, j’actualise mon site et j’y mets les calligraphies. Après un bon petit repas de raviolis, avec Kevin, on prend le temps de discuter de tout et n’importe quoi, (mais surtout de voyages). C’est encore et toujours quelqu’un de très intéressant. C’est un vrai plaisir de parler avec lui.

Puis, je finis deux-trois trucs dans ma chambre, encore deux-trois feux d’artifices, et je me couche, à demain.

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