La semaine d’école reprend. Aujourd’hui je comprends enfin le cauchemar du tram et du métro. Je retrouve les enfants avec toujours autant de plaisir. Cours d’éducation civique sur la relation entre amis. Elle leur parle de ces valeurs : confiance, entraide, justice, tolérance … qu’il ne faut pas les appliquer uniquement cette année mais toute sa vie. J’aime beaucoup leur cours d’éducation civique ici. Puis sport, ceux qui n’auront pas de certificat médical ne feront pas de sport, les autres feront un relai sportif comme la dernière fois, et les perdants feront cinq abdos. Je vais voir les non certifiés, et je leur demande s’ils connaissent des jeux autres que foot ou cache-cache. Les filles me présentent vite fait un jeu qui n’est pas un jeu, mais qui est sympa. Et les gars ne me proposent que le cache-cache qu’ils font à la récré. Donc ça confirme bien les pensées de la veille. On finit par un Lucky-Luke, ici ils appellent ça « plèche » (peut-être mélange de pan et flèche ?)
Je suis le cours de roumain, un enfant me fait sourire parce que interrogé par la maîtresse, il fait semblant de lire un dialogue qu’il était sensé avoir fait pour aujourd’hui, mais son improvisation est bluffante, la maîtresse n’y verra que du feu. Je filme. Ça sonne. Cecilia veut que j’aille faire le cours de musique de Yolanda, parce qu’elle n’est pas en super forme après une mauvaise nouvelle. J’y vais avec pour mission de lui redonner un peu de joie. Un « Oh Malélé ! », un Bougadou, une famille tortue et un petit rythme et la classe et la maîtresse sont remplies de joie.
Je vais en cours de latin avec des 8e (3e en France). Ici le latin est obligatoire à partir de la 8e et ils en sont au tout début. La prof est très intéressante et son cours est très vivant pour une langue morte. Je feuillette leur manuel, ils voient quand même pas mal de vocabulaire de règles et de déclinaisons. Mais à la fin de l’année les textes ne dépassent pas 10 lignes. J’échange avec la professeur sur la situation de la France et son point de vue. Très intéressant je lui donne un contact d’une prof de latin en France, elle est ravie.
Puis, l’après midi restera calme, je dois attendre Cécilia, elle a eu des places pour un concert de classique. Moi qui veux parfaire ma culture musical, je ne demande pas mieux. Je veux manger. Je sors. J’ai un problème. Je rentre. Je résous le mystère de l’ouverture de la boîte de pâté sans ouvre-boîte. Je ressors et enfin je mange. Je réponds à des mails, je fais mon emploi du temps de la semaine, je vais acheter un cadeau à père Daniel (on m’a mis au courant que c’est son anniversaire aujourd’hui.)
Je retrouve Cécilia. On va boire une bière en attendant l’heure du concert. Très amusant, elle me donne ses copies de maths à corriger (un langage universel je le rappelle). On en profite pour parler de chacun de ses élèves. C’est très réjouissant de corriger des copies et d’être du bon côté du crayon rouge. Là, je continue vraiment à mettre la main à la pâte. Je pense que ça vaut toute les formations (mais ça reste subjectif !) Une fois fini, j’en profite pour découvrir leur système d’évaluation, et poser des questions sur sa profession, comment elle fonctionne, comment elle voit les choses. Et oui, jamais fini de bien comprendre un système, une école une classe.
Mais pas le temps de finir mon interrogatoire. On part à la salle de spectacle. Une autre somptueuse petite salle. On là on est à cinq rangs de l’orchestre. Un orchestre de médecins. Mais le niveau est au rendez-vous. Du Verdi, du Puccini, du Rossini et Leoncavallo, avec aujourd’hui le privilège de découvrir les voix solistes. En live, ils rendent vraiment jaloux avec leur puissance, leur émotion et leur maîtrise. Et j’ai eu la chance d’entendre ce fameux « la donna e mobile ». On rentrera en bus. Je la remercie encore infiniment pour cette soirée.
De retour au presbytère, je le retrouve vide. Père Daniel doit faire son anniversaire chez lui, je mange et j’en profite pour me faire un repas à l’eau minérale. Je vais commencer à faire mes devoirs quand j’entends père Daniel arriver, je sors lui souhaiter « bon anniversaire », il me dit : « viens on va boire un coup ». Moi qui voulais essayer pourtant. Il me remercie chaleureusement pour ce modeste présent. On discutera encore sympathiquement, et on se quittera et se retirera chacun dans sa chambre. J’écris, et je me couche. A demain.










Merci Lancelot pour tous ces détails sur ton périple. Je lis ton carnet de voyage régulièrement !
(la prof de latin française, ça ne serait pas Anne-Laure par hasard ? ^^)
Profites bien de toutes ces belles expériences !
Aline (RJT)