Aujourd’hui, la journée commençait bien, je prends une dernière fois mon petit déjeuner dans cette maison comme j’avais pris l’habitude de le prendre avec les frères, un me proposera de m’emmener, ça simplifie bien des choses. Je boucle mon sac, je donne ma lettre de remerciement et je pars avec le même frère qui était venu me chercher à l’aéroport. Il me dépose à la gare de bus. Là, c’est simple, je dois prendre un bus pour Sainte Foi, à côté de Québec, je passe au guichet, je tombe sur un agent qui parle plus en anglais que français en plus avec un accent, je lui demande mon ticket, c’est plus cher que prévu mais j’oublie toujours de rajouter les taxes. Un peu juste au niveau temps, je vois à la porte d’embarquement indiquée par l’agent que les gens attendant se dirigent déjà vers le bus. (Oui c’est une super gare de bus à la Finlandaise !) Je me précipite et je donne mon ticket au contrôleur, je mets mon bagage en soute, je m’assois et m’installe. Enfin, tranquille, on part et je fais un petit somme. Je n’aurai pas dû …
A partir de là, l’aventure commence. Je me réveille et en regardant le paysage et les panneaux, je me rends compte qu’on va bientôt sortir du Québec, petit stress, je regarde mon billet que je n’avais pas pris le temps de regarder jusqu’à présent, c’est pourtant bien écrit « Sainte Foi », je me tourne vers un autre passager pour m’assurer, il me dit : « oui, on part pour Sainte Foi, de GreenBelt à côté d’Ottawa ! ». Là, je me dis que ce n’est pas possible que l’agent n’ait pas pu comprendre mon accent au point de confondre Greenbelt et Québec. Je vais voir le chausseur, qui me dit d’abord sèchement qu’on doit rester assis dans le bus. Je m’assois au premier rang et lui explique ma situation. Il feint l’indifférence et m’énerve de plus en plus. On passe dans ce qu’il a l’air d’être une grande ville, je lui demande si je peux descendre à une gare d’autobus pour repartir dans l’autre sens. Il acquiesce d’un air désagréable. Il s’arrête à un arrêt de bus, je descends avec mon sac et au moment où j’allais ouvrir la soute pour prendre mon deuxième sac, il redémarre et s’en va. Je commence à gueuler mais il ne s’arrête pas pour autant, j’essaye de relever la plaque d’immatriculation, mais directement une voiture se colle derrière lui. Je mets un temps pour vraiment réaliser ce qui vient de se passer.
Je reprends mes esprits et j’essaye d’analyser la situation, je ne sais pas où je suis, je n’ai qu’un sac sur deux, et je n’ai même pas un numéro d’un frère pour m’aider. J’ai le choix soit de retourner à Québec pour continuer d’abord le projet, soit d’essayer de rechercher mon sac. Je me dis que mon sac, on pourra normalement me le ramener. Je décide de retourner à Québec. Alors, je demande à des personnes où est la gare centrale, ici, il n’y en a pas et le bus passe tout le vendredi à cet arrêt. Me voilà bien avancé, je traverse la route et essaye de faire du stop. Après plusieurs voitures, un genre de hippie s’arrêtera, très sympa, il sera super partant pour m’aider, il me rapproche d’une grande ville où je pourrai trouver une gare centrale. Après avoir quand même bien discuté, même si ça sentait bien l’herbe dans sa voiture, il me déposera à une gare. Là, me voilà un peu plus rassuré, je rentre dans la gare, un chien d’un agent commence à aboyer et à vouloir venir moi. Drôle d’impression, surtout quand le policier le suit, et lui demande qu’est-ce qu’il a senti. Le policier me demande de vider mes poches, pensant juste que ça devait être l’odeur de la voiture, j’exécute, je sors machinalement tout ce que j’ai dans mes poches, mon portable, un crayon et … un long couteau. Je ne comprends pas ce qu’il fait dans ma poche, sans doute le hippie qui voulait me faire un cadeau à mon insu. Le policier me demande mes papiers parce que pour un couteau de cette longueur là, il faut un permis dans ce pays, je cherche mes papiers que j’avais rangés pour une fois dans ma poche de mon manteau plutôt que dans ma pochette autour du coup. Mais là, je prends vraiment peur car je ne les trouve pas, je me dis que je ne peux m’être fait en plus volé par le Hippie, je commence vraiment à paniquer et cette phrase du policier qui achève tout : « je vais vous demander de me suivre ».
Là je réalise que la lame aurait pu servir à n’importe quoi, que je vais peut-être passer des heures au commissariat dans un pays où je n’ai plus de papiers et en plus mon sac qui est à Ottawa.
Et puis finalement je réalise que je devrai peut-être arrêter là mon poisson d’avril et dire tout simplement que dans le vrai bus qui emmène à Québec, il y avait des prises de courant, de quoi installer son PC, deux heures à attendre dans le bus, et une folle envie de m’amuser un 1er avril. Aller sans rancune.
Après, plus sérieusement, une fois arrivé à Québec, le frère est arrivé comme prévu, il m’a proposé directement une visite de la ville, le centre historique notamment. Demain, je devrai y retourner mais pour en profiter à pied, c’est sympa de repérer ce qu’il est important de voir avant en voiture. Il me présente rapidement les différents monuments et visites intéressantes. On revient par la route qui longe le fleuve, il me présente les ponts de Québec, et on arrive à leur maison.
Il me la présentera en disant « bienvenue chez toi ». Il me fait visiter, me propose de manger, on reste discuter un bon bout de temps, très réceptif à mon projet, il comprend toute la raison de ma présence. Je découvre l’autre frère, il m’arrange l’accès internet et me propose d’aller visiter l’école dans l’après-midi. Je prends un peu possession de ma chambre et rassure les gens que j’aime de mon arrivée. Encore une belle chambre très confortable, avec un tableau d’un voyageur sur la route. Je repars visiter l’école avec le frère, c’est une belle grande école bien équipée que j’ai très hâte de la voir en action. Au passage, il m’explique deux-trois points importants de leur système. Je termine la visite en solo par un tour de l’île puisque le collège est vraiment sur une île collée à la rive sud à St Romuald de l’autre côté de la ville de Québec. Il y a encore beaucoup de neige et le plus amusant de gros bouts de banquise (de rivière gelée) échoués sur les bords du fleuve. Encore quelques écureuils qui se baladent. C’est un milieu très agréable.
Je reviens à la maison, je travaille un peu jusqu’à l’heure du repas. Je mange avec les frères, un petit temps pour se découvrir jusqu’à l’arrivée du troisième membre de la maison, il n’est pas frère mais laïc mais vit une vie semblable aux frères. Très sympa et accueillant lui aussi, je sens que je vais bien me plaire avec eux. On nettoie ensemble puis je monte travailler et finir deux-trois trucs avant d’aller me coucher. A demain.










moi qui pensais que le voyage t’avait changé: c’est vrai, mais en pire!! J’ai bien failli me laisser prendre à ton aventure du 1er avril!
Je te fais une bise à l’oeil et je tâche de t’appeler dans la semaine pour caler un skype.
Jean-Michel