La journée commence par un cours de biologie à la place du cours normalement prévu de finnois pour rattraper le retard dans cette matière. Ici aussi, ils ont des programmes assez conséquents. Puis ils enchaînent avec le cours de mathématiques que j’aime toujours autant.
Cours d’arts plastiques, un groupe d’élève doit filmer pour le présenter. Je leur confie la caméra. Le cours est sur l’art égyptien, les enfants font tous un bout de fresque bien inspiré de cette civilisation. Les cameramen en profitent pour filmer le « bibliobus ». En effet pendant le cours, les 5e doivent aller chercher les petits de 1e pour aller avec eux au bibliobus garé devant l’école pour les aider à choisir et emprunter des livres. Quelle responsabilité très appréciée par les grands et les petits. Ça incite tout le monde à lire. Ils ont la chance d’avoir ce « bibliobus » avec plus de 5000 ouvrages qui passe une fois par semaine. Un roulement des élèves les fait aller une fois par mois emprunter des livres. L’heure d’arts plastiques suit sont cours.
Pendant la récréation on fait une vidéo des interviews préparées par un groupe. La réponse la plus surprenante à deux reprises avec des garçons différents. « Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans ton école ? – Les récréations ! » Il faut que je mène l’enquête, c’est vraiment surprenant. Un garçon me demande de faire une vidéo du cours d’anglais. Il demande à l’enseignante qui fait l’anglais et le voilà caméra à la main.
Le jeudi, ils finissent la journée avec deux heures « optionnelles ». Les 3e, 4e, 5e et 6e s’inscrivent obligatoirement au début de l’année au cours optionnel dont ils ont envie. Pour un cours avec les quatre niveaux mélangés, les professeurs proposent ainsi : musique, chorale, informatique, travaux manuels : couture et menuiserie, et arts plastiques. C’est le cours d’arts plastiques que mon groupe de cameramen a choisi et ainsi ils filment pour présenter aussi ce cours. Là, comme c’est en option ils font des activités un peu plus poussées. Aujourd’hui ils continuent leur plaque sculptée qu’ils avaient commencée pour pouvoir, par tampon, et succession de reproductions, tirer leur œuvre. Le rendu est super et ils ont vraiment la chance de pouvoir faire cela à leur âge.
Aujourd’hui je ne rentre pas directement à l’appartement car j’ai rendez-vous. J’ai un rendez-vous avec un couple de couchsurfeur que j’ai contacté parce qu’ils sont sur Turku et qu’ils parlent Français. Un peu un coup de poker parce que j’ai lu vite fait la présentation de ce couple sur le site mais je ne sais pas vraiment sur qui je vais tomber. On s’attend à un café des livres. C’est un café des étudiants un peu militants alternatifs qui s’y retrouvent pour discuter des sujets d’actualité, m’expliquera-t-on après.
Le couple arrive. Des gens très ouverts. On s’installe. Je me présente, je présente mon projet, ils se présentent, le hasard fait que l’homme est un breton de Brest et la femme une Japonaise de Tokyo. Ils ont enseigné tout les deux en Chine pendant deux ans. Je veux en savoir sur la Chine et le Japon, on parle de l’école, de l’éducation, de ce qu’ils ont vécu, de la société, des contacts qu’ils ont là-bas. Je parle des mes différences observées, de nos points de vu sur le système Pisa, la science, le monde du travail, la compétitivité à l’école et sur le marché du travail. On rentre ensemble au village étudiant et on continue à discuter. Ils me parlent d’une française qui travaille sur le projet Kiva à Turku, un programme de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. On se sépare en disant qu’on prendra un autre café avec cette amie française. On a discuté trois heures. Un genre de rencontre qui ne me lassera jamais.
Je finis l’après-midi avec mes devoirs, je mange, je me couche. A demain.
















