Jeudi 19 septembre

Réveil 6h30. Le petit déjeuner commence avec la vue sur un très beau lever de soleil sur Bucarest. Je me rends à l’école. En sortant du métro je vois le bus s’engager sur la route pour le prochain arrêt, je cours, je le loupe, c’est frustrant de courir pour rien.

J’arrive à l’école, les enfants sont contents de me retrouver. Ils sont très curieux de savoir ce que j’ai ramené dans mon sac (sac d’expériences pour le cours de sciences). Certains tentent de savoir, ils n’auront qu’un « surprise ». J’installe le pc et le matériel. En attendant Cécilia, un enfant me dessine au tableau (pas trop mal), je me permets d’en faire autant, l’enfant était trop content d’avoir de supers muscles (en dessin). Cécilia arrive avec la prof d’anglais. Cette dernière commence son cours. Je suis au fond de la classe avec Cécilia, on discute un peu jusqu’à ce que Miranda arrive, la prof de français à la retraite qui vient me traduire pour que j’aie une meilleure compréhension. Cécilia part dans la salle des professeurs. Elle est remplacée par Miranda qui vient à côté de moi. Le cours d’anglais continue de se dérouler. Miranda est très fière de me montrer son album photos fait en France. Je vois tous ce qu’elle a visité et au final, elle a visité la France plus que moi. Je suis en peu gêné car on parle au fond de la classe pendant le cours d’anglais. Et je ne peux pas trop noter comment se passe le cours d’anglais. Mais ça passe très vite, c’est déjà la fin. Récré.

On enchaîne sur le cours de roumain. Miranda est là pour me traduire c’est agréable de comprendre tout ce qui est prononcé. A la récré, une fille avait apporté une revue sur la Bretagne, ma Bretagne. Je présente ma région à Cécilia et Miranda grâce aux photos et aux cartes. J’invite Cécilia à venir quand elle veut. (Après mon voyage !).

Enfin arrive l’heure du premier cours de sciences pour les enfants et de ma première intervention devant la classe. Cécilia commence par leur donner un test bilan des autres années. Miranda me fait la traduction. Ainsi je comprends ce qu’y est attendu. Je passe faire un tour des rangs. Le test est réussi dans l’ensemble. Récré. Je m’installe pour mon cours de science. Les enfants sont impatients. Miranda est là pour traduire tout ce que je dis et me traduire les réponses des enfants. La séance d’aujourd’hui est : l’utilité de l’eau. Je demande à Cécilia de faire un premier petit tour de ce que pensent les enfants ; après de très bonnes réponses (traduites) je leur annonce que l’eau est utile aussi car elle est « magique ». Je sors l’expérience du ludion. Succès immédiat. Je suis un magicien et les enfants aussi. Je ne tiens plus la bouteille : plus personne n’a le pouvoir. Ils commencent leur réflexion. Ils comprennent le truc, tout le monde retrouve le pouvoir. La bouteille restera dans la classe.

On découvre des diapos sur l’eau utilisée à l’intérieur et extérieur du corps humain. Puis on s’intéresse à la nature. Est-ce que vous avez déjà vu de l’eau dans une plante ? Non, un élève propose de déchirer la plante, de la casser mais on voit toujours pas d’eau. Ils pensent enfin à la transpiration, on met une plante dans un sachet au soleil et on voie l’eau de la plante sortir en quelques minutes. Nouvelle question : est-ce que vous avez déjà vu une plante boire de l’eau ? Pareil, ils me trouvent, après plusieurs propositions, qu’on pourrait colorer l’eau pour la voir à l’intérieur de la plante. On exécute. La tige devient orange (après 2 heures donc je l’avais préparée à la « maison »). La plante boit. On découvre quelques diapos sur l’eau et le transport, l’eau et l’industrie (il faut 11 000 litres pour faire un jeans), l’eau et l’agriculture (il faut 13 000 litres d’eau pour faire 1kg de viande de bœuf : ça fait réfléchir ?) Et enfin on finit sur la pollution de l’eau avec une marée noire dans un verre pour expliquer que le pétrole à la surface de l’eau n’est que la partie visible de la pollution mais que malheureusement beaucoup de pétrole tombe aussi au fond de l’eau et détruit le fond marin. (Minute éco-culturelle !). Je finis mon cours. Je suis applaudi par les enfants. Leurs regards de curiosité ne m’ont pas quitté un seul instant. Ils avaient l’esprit assez vif et critique pour proposer des expériences et des réponses. Et j’ai réussi à garder ma démarche pédagogique malgré la barrière de la langue. Merci Miranda. Cécilia  m’embrasse et me remercie. Je range mon matériel.

Les enfants ont sport, je les suis. (Oui ! Ça fait 5 heures dans la journée, il y a une journée de 5 heures par semaine pour tenir le programme sans doute.) Ce premier cours de sport en autonomie presque sans prof (un prof devait tenir les deux classes en l’absence de leur vrai professeur. Mais ce prof était très particulier puisqu’il  n’a fait travailler que les filles de sa classe avec un parcours sportif chronométré)

Je retrouve Angela pour aller avec elle voir comment avance la création de sketchs-jeux de rôles sur le week-end de cauchemar. Les élèves sont vraiment dedans au début. Puis on sent un certain essoufflement de ne pas réussir à retranscrire leurs blagues en anglais et surtout de réussir à se mettre d’accord avec leur groupe. Les groupes filles sont quand même plus rapides. Ils font leur représentation dans 3 cours. J’espère y être. Ça sonne. Je les abandonne.

Je retrouve Valentina pour son cours de Français avec des 7e. Elle reprend avec eux le présent simple avec les verbes du 1er groupe. Je me rends encore compte que notre langue n’est pas des plus faciles à prononcer. Valentina leur apprend la règles de verbe en –cer et en –ger, elle me demande si c’est trop difficile pour eux d’apprendre cette règle. Grosses questions, je ne sais pas comment est perçu cette difficulté de cas particulier moi qui ai appris ça en CE2. Mais ça fait réfléchir, c’est intéressant.

Je retrouve les 5e pour leur deuxième cours de français de leur vie ; ils sont capables de ressortir les dix  expressions, la numération et les jours de la semaine, vus il y a deux jours sans les avoir écrits et retravaillés. Elle commence a écrire avec eux les mots français (la théorie voudrait qu’ils n’écrivent pas pendant le 1er semestre mais le programme est tel qu’ils sont finalement obligés). Un enfant nous fera sourire quand Valentina lui demandera s’il est fâché et qu’il lui répondra « non ! C’est mon visage ! ». Un élève roumain prenant l’accent anglais pour prononcer du français est toujours amusant à entendre. On finit le cours de français par le joyeux anniversaire français que je leur apprends pour fêter le jeune Andreï qui a ramené des chocolats « Merci ».

Je rentre. Cécilia me rattrape dans le métro. On s’entend vraiment bien. Elle m’amuse beaucoup. Et on se dit vraiment tout. C’est très agréable. Je la quitte.

J’arrive au presbytère. Je fais mes devoirs. Je retrouve père Daniel devant un match de foot. On mange une pizza avec une bière devant la télé. On discute, on rit beaucoup. Encore un bon moment. Ça y est Dolra nous a donné le droit de faire la vaisselle. On se sent libérés. Mais ce soir, on a sali une assiette pour deux et deux verres. On en profitera un autre jour. Je le quitte. Je rentre dans ma chambre, j’écris et je me couche. A demain.

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