Vendredi 9 août : Mais c’est qu’on travaille ici !

Aujourd’hui, il y a de l’école. Je demande à changer de classe. Et j’arrive en P7, (dernier niveau de primaire qui correspond à notre 5e française) et là encore, ils sont très contents que je vienne dans leur classe. Le prof de mathématique ne perd pas de temps, ils corrigent un test qu’ils ont déjà reçus. Ainsi, je peux voir le contenu de ce qu’ils apprennent en mathématique et le niveau. Et surprise, pour leur niveau, ils ont déjà vu les puissances, les racines, Pythagore (vu en quatrième en France) et même la division en facteur premier (vu en Seconde en France). Certes ce n’est peut-être pas aussi approfondi mais ils ont l’air d’avoir compris, vu les notes du test qui tournent autour du 85% (ici le résultat est sur 100). On retrouve des pages d’exercices à faire en 2h15, qui reprennent toutes les notions vues jusqu’au test. Sinon, ils ne sont que 60 dans la classe, ils ont tous un bureau avec un casier. Les petits cahiers A5 de première année sont remplacés par des grands gros cahiers A4 de 200 pages. Et, ici, comme n’il y a pas de photocopie (si ce n’est pour les tests), ils copient tout dedans : cours, exemples, schémas, exercices, révisions, …  Et ainsi, comme ils doivent en remplir au moins deux par matières, tous les pupitres débordent de cahiers et de manuels. Ils stockent sur les tables, sur des chaises, dans des cartons sous les bureaux. Oui ! Ici, on copie.

Le cours suivant, est un  cours d’anglais. Le professeur écrit tout l’exercice au tableau, et les enfants copient et complètent en même temps. Encore deux pages de copiées en 40 minutes, ils ont l’air d’avoir bien l’habitude. Le cours suivant est normalement le cours de sport mais, le prof de sport ne viendra pas, je me retrouve assailli de questions par les enfants très curieux. On passe un bon moment ensemble, et puis on tombe à court de questions, je sors ma caméra et je leur projette mes photos des autres pays sur la seule surface blanche visible de tous ; le plafond. C’est très sympa de partager ça avec eux, et je les quitte pour la récré. Mais très vite, ils s’intéressent à savoir si je vais revenir dans leur classe. Je les rassure, j’ai même prévu de rester plusieurs jours avec eux.

Un thé avec les professeurs, puis je retourne en classe. La semaine prochaine, c’est la session des examens, du coup les professeurs les laissent réviser en autonomie plutôt que de venir faire un cours. Je reste quand même en classe avec eux. Je regarde leurs manuels et leurs cahiers, et j’apprends beaucoup. En sciences, par exemple, ils voient déjà l’atome, les électrons, l’électricité, le magnétisme. Ils apprennent l’anatomie et dessinent et reproduisent toutes les schémas. Ça inclut aussi les sciences sociales avec les causes de la violence, des inégalités, … Pareil pour le cahier de Géographie. Ils ont reproduit chaque carte. Et quand je m’intéresse au planning de semaine. Pour les P7, ils ont deux cours avant le petit-déjeuner au lieu d’un. Et après le goûter ils ont quatre cours d’étude qui les font finir à 10H du soir. Ce qui donne :

6h00 – 7h00 : 1er cours
7h00 – 8h00 : 2e cours
8h00 – 8h20 : Petit-déjeuner puis la journée normale

15h40 – 17h30 : pause – récréation – sport – goûter
17h30 – 18h30 : cours d’étude
18h30 – 19h30 : cours d’étude
19h30 – 20h00 : Souper
20h00 – 21h00 : cours d’étude
21h00 – 22h00 : cours d’étude.

Je trouve ça complètement fou, je vais essayer de trouver le courage d’y rester jusqu’au bout pour voir ce que ça peut donner. D’un coup, je trouve ça pire que le système Chinois. Mais quand je demande aux enfants, si ce n’est pas trop dur, ils me répondent que non, et qu’ils ont l’habitude.

Ainsi, ils n’ont pas eu de prof sur cette deuxième période. J’aurai bien aimé voir leur cours de religion. Dommage !

Je mange rapidement le pocho-haricot (la farine de maïs en bouillie compacte) et je discute un peu avec certains professeurs. Mais je vais surtout prendre vingt minutes pour me faire une sieste, je ne sais pas pourquoi, mais je suis fatigué. De retour, je comprends que mes P7 ne vont pas avoir de professeur encore cet après-midi. Je suis plutôt un groupe de P5 qui va en salle informatique. Ils sont une soixante-dizaine, il n’y a que 30 PC sur 60 qui sont fonctionnels. Ils sont à deux voir trois (même un groupe de 7) sur un ordinateur. Un peu de pratique puisque leur cours à surtout l’air théorique. Ils doivent juste découvrir Word, changer la police, la taille, la forme, le paragraphe, … A la fin, étant juste sorti deux minutes, il y aura plusieurs enfants qui viendront me voir pour continuer à traduire de l’anglais vers le français une liste de mots. On bifurque sur un petit cours de français. Ils sont tellement attentifs, c’est tellement agréable. Ça sonne. C’est l’heure de la récré sur grand terrain.

Je les rejoins mais je n’ai pas le courage de jouer au foot. Je tente le basket, mais là, ceux qui y jouent ont vraiment un bon niveau, je ne veux pas perturber leur jeu. Finalement, mes amis qui aiment la traduction reviennent avec mon dictionnaire que je leur avais prêté. On continue encore quelques mots. Puis, on a ballon, je leur apprends la balle américaine. Ça prend bien et ça les éclate, moi de faire l’arbitre et de les voir s’amuser, me suffit. C’est la fin. Je me dirige vers la sortie puisqu’eux vont se doucher. Mais je suis toujours suivi par un cortège. On prendra le temps de faire quelques combats de pouce avant de se quitter. Un aura la niaque et ne voudra pas laisser tomber sans me battre au moins une fois, un autre en fera de même mais celui là, ça ne sera pas aujourd’hui.

Je rentre, je travaille puis, je retrouve les frères pour le repas. Alors, normalement ils parlent en anglais, et du coup j’écoute d’une oreille pour me replonger dans tout ce vocabulaire qui me manque. Ils parlent surtout de politique. C’est dur de suivre quand on ne connaît pas les gens en place. Mais aujourd’hui, plus que les autres jours, ils parleront surtout en Uganda, la langue local du pays. Alors là, je n’essaye même pas de comprendre. Je retrouve toujours le frère Gérald juste après le repas, juste histoire de lui faire un bilan de la journée. C’est toujours sympa. A demain.

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