Alors à peine arrivé que je prends déjà le rythme, la messe est à 7 heures. Je les rejoins en route. A la sortie, je retrouve beaucoup de frères qui sont très contents de faire ma connaissance. J’ai la grande joie de retrouver le frère Déo, que j’avais rencontré au Japon. Il passe ses vacances ici, c’est tellement amusant de le revoir ici. Par contre le frère Joseph que j’avais rencontré aussi au Japon a déjà fini ses vacances, je n’aurai pas la chance de le recroiser pendant mon séjour. Je croise aussi un autre frère qui sait très bien parler français. C’est un frère ougandais qui était un ancien professeur de français, ça fait du bien de savoir que je pourrai parler avec lui en français.
Je suis mon petit groupe de frères de la veille pour prendre le petit-déjeuner avec eux. Je découvre leurs habitudes : leur fameuse purée de bananes avec ce qui me semble ressembler à une sauce-cervelas, une omelette et des toasts. Je ne suis plus à ça près, ça me va très bien. En sortant, un frère âgé voudra en connaître un peu plus sur moi, très accueillant, on discute tranquillement. J’ai rendez-vous à 9 heures avec le frère Gérald, il me présente à un autre frère qui m’emmène voir le directeur de l’école juste à côté.
Là commence la découverte. Je prends un temps pour me présenter (je garderai le surnom de « Barry », pensant que c’est plus facile à prononcer pour eux) et pour présenter mon projet au directeur. Il est partant pour tout et très compréhensif. On commence par faire un tour de son école. J’apprends déjà qu’il y a plus de 1000 élèves, et qu’ils sont 80 par classe, record de l’Inde battu. Mais ce n’est pas tout, ce ne sont que de garçons. Ici aussi, ils ont l’uniforme et ils sont obligés d’avoir les cheveux courts. C’est très surprenant quand on arrive dans une classe. Pour moi, c’est très dur de les différencier. Mais le directeur m’annonce aussi que les enfants sont tous en internat et qu’ils restent le week-end. Ils sont trois mois sans retourner à la maison chez leurs parents. Heureusement qu’il y a les vacances pour sortir un peu de l’école. Leur monde ne doit qu’être l’école. Et là encore, je suis très surpris, jamais fini de découvrir de nouveaux aspects. On fait le tour, une salle d’ordinateur, deux classes par niveau qui vont de « P1 » à « P7 » soit du CP au CM4.
Après avoir visité la salle des professeurs et rencontré plusieurs professeurs, il me demande ce que je veux faire, je lui demande si je peux commencer à observer. Pas de souci, on se dirige vers une classe de « P1 » (de CP) et il me présente à l’enseignante. Directement, les enfants sont très intrigués et excités. J’essaye de me présenter en anglais, mais mon accent les fait trop rire. Je n’incite pas et rejoins la place du bureau de prof puisque déjà dans la petite classe, il y a tout juste suffisamment de place pour caser les 80 élèves. Ça me fait 160 yeux qui me fixent. Je n’ai jamais été habitué à autant. Je sors mon cahier et je commence à noter. Les enfants se calment et la prof continue son cours. Mais déjà, j’admire l’autorité de l’enseignante qui arrive à maintenir l’ordre, à avoir une bonne participation et rigoler et rester zen avec eux.
La classe est grande mais petite pour accueillir 80 enfants. Ils ont chacun une place mais ils sont bien serrés sur les tables-bancs de 5-6 enfants. Un grand tableau noir à la craie et beaucoup d’affiches colorées et faites à la main d’explication de notions de leur âge.
Mais ici, même en primaire, ce n’est pas le même maître qui leur enseigne toute la journée. Ils ont un prof par matière comme au collège chez nous. La cloche sonne et une autre enseignante arrive. Je lui explique en deux mots ma venue. Elle enseigne l’anglais, langue principale du pays. Au début, j’avais l’impression qu’ils n’avaient pas de cahiers. Mais ce sont les adultes qui les emmènent en classe, tout comme les crayons. Et une fois, la leçon copiée au tableau et répétée plusieurs fois, on distribue les affaires à chacun et on copie. Je suis surpris par leur niveau d’écriture déjà en première année, ils forment tous très bien leurs lettres. L’enseignante récupère les cahiers pour les vérifier par la suite. 80 cahiers à corriger, c’est aussi une autre réalité.
A la récré, ils seront déjà quelques uns à vouloir me serrer la main, mais ça s’arrêtera là pour aujourd’hui, je rejoins les professeurs dans leur salle pour prendre un thé, et très vite, un professeur prend le temps de me présenter à tous ceux qui sont présents, et il me dit de faire comme chez moi. Ça fait toujours plaisir !
Au cours suivant, ce sera cours de langue locale, je ne comprends plus rien, mais le professeur les fait passer devant un par un pour raconter (je pense) l’histoire qu’ils ont envie dans la langue. Je suis surpris par leur aisance face à un public et leur habileté de langage.
Les cours s’enchaînent ici, on travaille beaucoup. Comme ils sont en internat les cours occupent bien les enfants le rythme est soutenu, à savoir :
6h30 – 7h30 : 1er cour
7h30 – 8h20 : Petit-déjeuner
8h20 – 10h30 : 3 cours de 40 minutes
10h30 – 10h50 : Récréation et goûter
10h50 – 13h00 : 3 cours de 40 minutes
13h – 14h15 : repas du midi et à 14h dans les classes pour faire le chapelet en autonomie
14h15 – 15h40 : 2 cours de 40 minutes
15h40 – 18h00 : pause – récréation – sport – goûter
18h00 – 19h00 : derniers cours de la journée
Soit 6 heures par jour du lundi au vendredi et encore un autre programme pour le samedi. Et en tout cas ici, il y a de quoi observer. Je passe dans les rangs, ils sont très appliqués même si ce qu’on leur demande à l’air facile pour leur âge. Le niveau est très homogène. Mais après le cours de 15h40, je rentre. J’enchaîne un peu rapidement avec mon arrivée la veille, et mes trois jours de voyage. Mais déjà, j’ai beaucoup appris. Et puis, comme j’apporte beaucoup de curiosité, je ne peux pas déjà sortir ma caméra sous peine de créer une hystérie générale, je vais rester dans cette classe quelques jours et après je commencerai.
Ainsi, je rentre, je me douche (à l’eau froide), et je me fais une sieste jusqu’au repas et je retrouve mes frères âgé, un petit vieux m’amusera beaucoup en me posant trois fois la même question, mais la réaction est toujours aussi enthousiaste. « Oh, it’s the first time you come in Uganda! You are welcome ! » Et oui, certains ont l’air d’avoir Alzheimer mais ils sont toujours autant accueillants. Ce soir il y a de la pizza ougandaise et on n’hésite pas à me reproposer une bière. C’est sympa mais je ne pourrais pas tous les soirs. Je finis en voyant deux trois points avec le frère Gérald, notamment le point internet, puisque j’ai quand même un site à actualiser. Dimanche, il devrait me proposer ça. A demain.









