J’arrive aujourd’hui, à 8h. Ils commencent les cours à 8h25 mais ils ont toujours un peu de course à pied le matin avec leur professeur avant de commencer les cours. Je les suis quand ils montent en classe. Je commence avec une classe de 2e grade (CE1). Ils s’installent dans la classe, bonne ambiance, ils préparent leurs affaires, l’enseignant gère quelques papiers, puis ils font le salut. Elle m’invite à me présenter, et leur traduira. Toujours les mêmes yeux écarquillés des enfants. Commence sur l’écran plat, le rituel de l’école : le mot du jour, quelques consignes, une présentation en images d’une activité faite par une classe de l’école, puis la prière dite ensemble. Et encore un dernier salut. Une dimension intéressante surtout par la valorisation d’un travail de classe.
Et le premier cours peut commencer, c’est un cours d’anglais. Cette école a fait le choix de leur donner une heure d’anglais par semaine en primaire. Au publique, ils ne commencent l’anglais qu’au collège. Arrive le professeur particulier qui l’enseigne, aidé de son assistante. L’enseignant titulaire de la classe reste pour préparer ses prochaines leçons. Ici, ils sont trois profs dans la classe. L’assistante se met au piano et ils commencent les différentes chansons en anglais pour apprendre les premières bases tout en s’amusant : formules de politesse, les mois, les jours de la semaine, les saisons… Les enfants s’en donnent à cœur joie, le prof les entraîne. Puis ce professeur d’origine américaine, (même s’il parle très bien le japonais) ne parlera qu’en anglais, et il leur passera des diapos et leur posera pas mal de questions pour revoir toutes les bases, les chiffres et l’alphabet également. À force de répéter toujours les mêmes diapos et questions, leur compréhension a l’air bonne. Sur leur manuel, ils apprennent du vocabulaire en image et à l’écrit (l’apprentissage de l’anglais s’accompagne aussi du nouvel alphabet). Le professeur sait garder l’intérêt des enfants pendant tout son cours, en proposant des jeux, des petites activités de questions, en changeant de voix, et les faisant répéter. Il me sollicitera même pour apprendre quelques mots en français du vocabulaire qu’ils sont en train de voir, mais ils sont très vite découragés par la prononciation. Ainsi les élèves sont toujours sollicités différemment, j’aime comment il enseigne sa langue. Ils finissent par de la copie de mots anglais et du coloriage pour les premiers.
S’en suit normalement une petit pause de récréation mais je ne sais pourquoi, à la fin du cours, étant juste sagement assis au fond, une enfant vient me demander … et oui un autographe pour son cahier d’anglais. Ainsi je me retrouve à signer une douzaine de cahiers, en leur rappelant que je ne suis pas une star. Qu’est-ce que c’est amusant et universel, ce phénomène !
Je change de classe mais je reste avec le même niveau des « 2e grade ». Un cours de japonais, ils lisent un texte (très bonne lecture d’ailleurs) puis ils font des petits groupes de quatre et déplacent les tables. Ils doivent réfléchir à partir du texte lu comment ils feraient pour accueillir un nouveau dans la classe. Déjà des vraies petites équipes de travail, un qui est le secrétaire, un qui est plutôt médiateur, un qui n’arrête pas de donner des idées, et le dernier plutôt passif. Je ne sais pas si c’est la prof qui les a déjà initiés mais ils sont déjà très autonomes et productifs. Puis ils viennent par groupe présenter leur travail, là encore, ils ne sont timides. Moi, je regarde leur manuel d’écriture, cette année ils ont 150 caractères à apprendre. Beaucoup de leçons à la maison me dit l’enseignante pour bien les apprendre.
Une récré de 10 minutes, l’enseignante va avec eux et reste en groupe de classe pour faire de la corde à sauter, où plutôt de la longe : deux personnes font tourner la corde et toute la classe défile en devant sauter au bon moment. D’autres professeurs proposent avec leur classe, un loup, un dodgeball, une course, de la vraie corde à sauter. Mais les enfants ne sont pas vraiment libres de faire ce qu’ils veulent.
On remonte et je change encore de classe et rencontre la 3e classe de 2e grade. Avec eux, je découvre, le cours d’art. Une autre enseignante pour cette matière. Aujourd’hui, c’est du kraft, chaque enfant a ramené diverses matières et papiers différents. Ils doivent faire un gros gâteau aux fruits par rapport à l’histoire qu’ils ont étudiée. Les enfants se débrouillent bien et sont très créatifs, les profs passent, aident, conseillent et le cours se passe dans une bonne ambiance.
Aujourd’hui pour le repas, chacun a ramené sa boîte préparée par sa maman, moi ce n’est pas mon cas. Le directeur un peu embêté préfère en effet que j’aille manger à l’extérieur. Je traverse la rue, et je trouve un petit restaurant. La caisse est un genre de distributeur qui te donne un ticket et qui laisse les cuisiniers tranquilles du souci d’argent. Je mets du temps à comprendre (tout est écrit en japonais, même s’il y a des images, il faut faire la correspondance et puis il y avait quelques subtilités qu’a essayé de m’expliquer la cuisinière, je n’ai rien compris mais j’ai eu mon ticket puis mon plat de beignets de crevette et de spaghettis froide japonaise qui comme diraient les québécois, « il y en avait en masse ! »
Une fois rassasié, je retourne à l’école. Je vois qu’ils sont en train de finir le rituel du ménage. Puis je retrouve une classe de 1e grade pour un autre cours de musique mais cette fois, par le professeur de musique dans la salle de musique. On retrouve le même cours que le cours d’hier si ce n’est que le professeur les accompagne au piano à queue, et, les enfants, en plus de mélodica, font aussi quelques autres instruments : tambourins, castagnettes, une caisse claire et une grosse caisse. Ainsi après plusieurs répétitions, ces enfants de 1e grade, font une représentation presque parfaite de la chanson apprise, le tout toujours dans la joie et la bonne humeur. Point final du cours, les enfants doivent s’auto évaluer et ajouter une appréciation sur une feuille qu’ils remplissent avec des petits dessins.
La journée termine tôt aussi aujourd’hui, je vais voir le directeur pour le remercier de m’avoir accueilli, lui dire qu’il a vraiment une belle école, on s’échangera nos adresses pour peut-être un contact futur et il m’offrira un crayon de son école, ça me touche car c’est le cadeau le plus utile et pratique pendant ce périple qu’on m’ait offert jusqu’à présent. On se quitte, même si je serais bien resté plus longtemps, mais mine de rien en deux jours, j’ai beaucoup appris et beaucoup filmé, et beaucoup sympathisé avec les enfants qui étaient très curieux et accessibles.
Aujourd’hui je rentre à pied, je connais le chemin, ça me laisse le temps de découvrir la ville, les petits temples à chaque coin de rue, de traverser les champs de thé, de faire beaucoup de photos. Encore un temps très agréable, puis je rentre, je travaille dans ma chambre, je retrouve les frères pour le repas. Ce soir, je ne sais pourquoi c’est le grand jeu : fromage et vin, ça fait du bien de retrouver quelques plaisirs français même si le bleu est danois, le camembert et le pain japonais et le vin italien. On prend le temps de discuter et de parler, ce sont vraiment de très agréables hôtes avec qui j’ai plaisir à partager. Puis, je monte dans ma chambre, je finis deux-trois trucs, à demain.









