Jeudi 29 novembre : La vraie aventure prend vie.

Enfin le projet commence, je me lève à 6heure, je vais à la messe, pour être sûr de pouvoir suivre père Brendan après. Petit aspect dont je n’ai pas parlé avant, ici, les prêtres font la messe pieds nus, le chœur étant considéré comme sacré comme certains sanctuaires Hindous. On prend un petit déjeuner ensemble, thé et leur spécialité de pains de riz frits.

Puis je suis père Brendan pour découvrir son collège en action. L’aventure commence. Sur le chemin de 200 mètre pour aller à son bureau, je rencontre des élèves en uniforme. On attend le début des cours, il me présente encore quelques aspects.

Il est l’heure, ils commencent par l’assemblée : tous les élèves du collège sont rassemblés dans la cours. En uniforme bien, droit en ligne, et ils chantent l’hymne national, puis ils disent des prières, puis une chanson patriotique, une chanson sur les études, le serment à la nation, avec la main posé horizontalement sur le cœur, même le père Brendan, le dit avec le geste. Ça donne une dimension impressionnante ! Hâte d’en savoir plus. Puis père Brendan fait un discours à ses élèves, le ton est là, demain inspection de l’uniforme. Il me présente à toute l’assemblée, il m’invite à expliquer mon projet. Je vois les yeux écarquillés des enfants et des jeunes, et leur esprit de curiosité qui s’agite. Je suis vraiment content que le père Brendan ait eu cette attention.

On les quitte, ils ont sport, il y avait quatre couleurs d’uniforme de sport, comme les quatre maisons, c’est un peu comme Harry Potter. Beaucoup de différences à l’horizon. Il me fait rencontrer les classes de primaire, mon lieu d’observation. On passe dans chaque classe, il me présente comme son ami, ça me fait plaisir, les enfants sont toujours intrigués. Il leur demande de répéter mon nom, mon pays, et mon projet. Dans une classe, ils me montrent leur projet : faire une œuvre à partir d’un déchet, ainsi on a de très belle maquette en carton d’emballage, un pot à crayons en bouteille plastique, un poisson en noix de coco …  ce n’est pas à eux que je vais leur parler de revalorisation des déchets.

Cette présentation est super, il me demande maintenant quelle classe j’ai envie de suivre dans mon programme, je vais réfléchir. On part prendre un petit-déjeuner, il faut croire que l’autre c’était un apéritif, un bon thé avec un pain et un mijoté de légumes. Je m’étonne juste que tous les matins le cuisinier arrive à nous présenter quelques choses de nouveau.

Je repars avec le père Alex qui me fera visiter son école, plus vielle mais plus importante, mais malheureusement la langue anglaise est la 3e langue enseignée après l’hindi. Donc ici, l’anglais est moins bien maîtrisé par les élèves et les professeurs, je resterai dans l’école « holy cross English ». Après avoir fait le tour des classes avec plus de 30 à 60 élèves par classe et 3-4 classes par niveau, il m’explique que les primaires arrivent à 13h pour le deuxième cycle (un peu comme en Roumanie.) Ils manquent de bâtiments ou plutôt vu le nombre d’élèves c’est dur d’accueillir tout le monde en une fois. Je me disais qui devait  en manquer justement.

Je le quitte pour aller dans les couloirs ouverts de l’école primaire, un passant dans les couloirs on a vue sur les élèves en train de travailler et sur la voie publique. L’école est tellement ouverte que les corbeaux et les pigeons sont aux fenêtres et dans les « couloirs ». J’observe les professeurs. Les élèves ne peuvent s’empêcher de se tourner vers moi. Les cours sont en anglais, je vais pouvoir comprendre. Je fais le tour des classes et observe le professeur pour voir avec lequel je me sentirai le plus à l’aise. J’entends beaucoup de répétitions. Ça change niveau pédagogie, ça va être intéressant à découvrir. Ici des manuels, des cahiers mais aucune photocopie à première vue.

Quand j’arrive devant une classe, l’enseignante vient spontanément me voir, on parle et au final elle me demande si je peux donner des cours de français pour sa sœur. En échange j’aurais des cours d’anglais. Comment demander mieux. J’ai deux mois pour voir ça, ça devrait pas mal aider.

Ça sonne c’est la récré, les professeurs m’invitent dans la salle des professeurs pour manger la pause de 10h, elles (que des femmes) ont toutes apporté de quoi manger et m’invitent à le partager avec eux, je leur dis que je vais manger mais elles insistent en me disant «just test ». C’est très bon, on discute, je dis que j’ai fait des cours de musique en Roumanie. L’enseignante avait qui j’avais discuté, me dit de venir faire de même maintenant à sa classe. Je ne demande pas mieux mais un peu surpris de la spontanéité et de la possibilité de changer son programme comme ça. D’abord la chanson africaine pour mettre tout le monde au même niveau (parole qu’on ne comprend pas) et aussi pour chauffer la voix. Puis je leur apprends la famille tortue (j’avoue rester sur mes classiques). Les 30 enfants sont ravis, l’enseignante aussi. Père Brendan qui est passé est amusé. Je les redonne à leur enseignante.

Je retourne avec père Brandon. Il me fait visiter la pré-primaire, les enfants de 5 ans arrivent vers 9h. Il me présente aux enfants, une classe de 40-50 élèves assis sur des petits pupitres. Il me demande de leur apprendre quelque chose à chanter, j’essaye la chanson africaine mais je crois que ça fais beaucoup de surprises du coup pour ces élèves qui n’ont pas l’habitude de rencontrer des étrangers. Avec la deuxième classe, il y a même un petit qui se met à pleurer, un peu perturbant, je dois faire peur, le père Brendan le rassure. On plaisante dans le couloir quand on repart.

Puis je prends mon PC pour aller dans son bureau pour accéder internet. Je travaille sous le passage très curieux des collégiens, rencontrés le matin.

Puis père Brandon m’invite dans son bureau pour parler, on peut mettre les choses aux clair et établir un programme, il a très bien compris mon projet. Peut-être des possibilités encore de d’enseigner (musique et sciences) mais il veut donner son autorisation avant, les professeurs ont un programme à respecter. Mais il me propose de prendre un charge la réalisation d’un petit spectacle de 5-10 minutes pour le 21 décembre, j’ai le temps, c’est le genre de projet qui m’éclate. Je ferais ça normalement avec 15 jeunes de primaire après les classes.

On va manger, du très bon poisson bien grillé, dommage qui y ait tant d’arrêtes.

L’après midi je la passe à travailler. J’irai m’acheter deux cahiers, un pour mes notes d’observation de ce nouveau pays et un pour l’anglais. Je lis un rapport sur l’enseignement en Inde en anglais pour mes cours. Je réfléchis déjà à mon petit spectacle. C’est bon j’ai de la matière à proposer, pour quoi pas proposer une chorégraphie sur le tour du monde. Je me demande où est-ce que j’ai bien pu trouver ça.

Je me douche, ça frappe à la porte. Me voila bien embêté, je réponds comme je peux en anglais. Une fois fini, je sors pour voir ce qu’il en est, le cuisinier me donne un en-cas chaud qu’il vient d’acheter. Elle n’est pas belle la vie ?

Je finis mon travail. On mange devant la télé. Je finis deux trois trucs, je me couche à demain.

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