Aujourd’hui je veux dormir pour récupérer de ma semaine. Et bien non ! Dès 7-8 heures, au dessus du lac à côté du presbytère, il y a un concours d’aviation acrobatique avec des bruits de moteur à répétion. J’essaye quand même de dormir. Puis mon réveille sonne, j’ai dis que j’irai aider à la préparation des repas donnés aux pauvres. Je me douche, je mange et je descends.
Ils ont déjà finit. Mais je vais pouvoir les aider à les apporter au gens dans la rue. J’attends, je rencontre beaucoup de personnes qui aident au projet. Je sors derrière le presbytère. Et je rencontre Mihai qui, avec le nouvel alambic récupéré est en train de faire du whisky. J’examine le dispositif de distillerie. Puis il me dit de venir, il me tend un verre. Je goûte du whisky tout frais sorti (non pas du pi de la vache) mais du dispositif. Une gorgée, whouaou ! Il est bien chargé, à 11h du mat, ça réveille.
Je retourne avec les bénévoles. On charge les voitures. Un bénévole roumain parlant français m’invite à venir avec lui. Il est de la communauté de l’Emmanuel et il donne les repas aux pauvres depuis trois ans. Sur l’allée, on discutera éducation et sa vision sur la chose. Sur le retour, on parlera de ce qu’on vient de vivre. En effet, on gare les voitures devant la gare du nord et on attend. Très vite de nombreux Roms arrivent et on leur donne les sachets repas. Un par personne, c’est la règle. (On m’expliquera plus tard, que les Roms ne se partagent pas les sacs, ils préfèrent revendre et qu’ils font très attention à ce que personne ne récupère deux sacs autrement ils peuvent le battre devant tout le monde.) Ça va très vite, on devait avoir 70-80 sacs, et des familles sont passées avec leurs enfants et leurs bébés. Beaucoup essayaient d’avoir en plus, de l’argent, des vêtements, des couches … mais nous n’avions que de la nourriture. La police arrive, et on me dira qu’ils n’aiment pas voir la communauté donner à manger aux Roms puisque ça les incite à rester autour de la gare et ne pas essayer de partir trouver du travail. Mais la communauté répond à chaque fois la même chose, « ce n’est pas avec un repas par moi qu’ils décident de rester ici, et c’est à l’Etat de faire quelque chose pour eux. La communauté ne fait que le strict minimum. Et l’objectif final est de lancer une dynamique de bénévolat et d’aide humanitaire dans la ville, chose qui est encore inexistante ici. » La police n’en dira pas plus.
On donne déjà le dernier sac, d’autres Roms arrivent. On ne peut rien leur donner, c’est ça le plus dur. On part, une grand-mère veut quand même quelque chose, elle crie et elle se colle à notre portière alors qu’on est en train de partir. Le bénévole avec moi lui donnera un billet de 10 lei par la fenêtre pour qu’elle lâche la poignée. On part en vitesse. Ainsi sur le retour, il m’explique que les Roms de la gare du Nord vivent dans les égouts et les tunnels, qu’il est déjà allé et c’est très dur. La plupart d’entre eux sont drogués aux solvants ou à la peinture. Même les enfants sont incités par leurs parents. C’est leur seule porte de sortie. Mais il me dit aussi que ces personnes ne veulent pas être mis dans des centres avec des lits et nourritures à volonté, ils ont besoin de leur liberté et de faire ce qu’ils veulent. On arrive au presbytère, il me laisse. J’ai découvert encore une réalité de la Roumanie. Ça fait réfléchir.
Je remonte dans ma chambre. Je fais mes devoirs et je vais manger avec père Daniel. On discute de tout, il y a Iona, la nièce de Dolra qui est là avec nous et pour que tout monde se comprenne, l’anglais est obligatoire. Mais tout le monde triche, père Daniel avec Iona en roumain, père Daniel et moi en français. On rit beaucoup, on écoute la radio, ils me font découvrir des musiques roumaines. On fera la vaisselle ensemble. Bon moment de convivialité.
Je retourne dans ma chambre faire mes devoirs. Une sieste avant. Quelques mails et une vidéo à faire. Finalement je resterai une heure sur skype avec un très bon ami. Mon besoin d’être moins sérieux peut se faire à travers la webcam. Merci copain. Bon je me mets sérieusement sur cette vidéo. Ça donne enfin quelque chose. Je vais manger, père Daniel qui lui a déjà mangé me rejoint, on discute puis il va voir s’il y a un match à la télé, je le rejoins. On découvre un nouveau sport (un art martial, entre la lutte et la boxe thaï à moitié violent) on essaye de comprendre. Après s’être blessé le visage, ils se prennent dans les bras, c’est beau le sport. On éclate de rire. On zappe et on tombe sur le film « Le rituel », un film sur un jeune prêtre qui arrive en Italie pour apprendre avec un vieux prêtre : l’exorcisme. Je ne sais pourquoi je reste c’est en anglais sous titré roumain. Mais bon père Daniel me traduit les moments les plus importants. Moi qui voulais me coucher tôt ! Allez à demain.










